Comité d’examen des décès dus à la violence familiale Rapport annuel 2015

Office of the Chief Coroner crestBureau du coroner en chef
Comité d’examen des décès dus à la violence familiale Rapport annuel 2015

Novembre 2016


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Message du président

Avec la publication du rapport annuel 2015 du Comité d’examen des décès dus à la violence familiale (CEDVF), le Bureau du coroner en chef rend compte pour la treizième année du travail du CEDVF et des répercussions des homicides et homicides-suicides dus à la violence familiale en Ontario.

En 2015, le CEDVF a consacré un surcroît d’effort à la réduction de l’accumulation des cas en attente d’examen. En effet, nombre de dossiers n’avaient pu être examinés car la procédure criminelle n’avait pas encore abouti. Progressivement, et après plusieurs années de retard, les cas avaient été traités par les tribunaux et transmis au CEDVF. La sergente-détective Monica Denreyer de la Police provinciale de l’Ontario a joué un rôle majeur dans ce processus, en assurant le suivi des cas en attente et en prenant part à la coordination et à la compilation des dossiers admissibles à un examen. Dans bien des cas, les faits remontaient alors à plusieurs années.

Il est apparu que bon nombre des systèmes et organismes concernés par ces cas avaient connu d’importants changements au fil des ans. Par conséquent, tous les cas en attente (49 au total) ont été examinés par une équipe centrale de direction composée de représentants du CEDVF dont le travail a consisté à analyser minutieusement les circonstances entourant les décès et à compiler les facteurs de risque relevés dans chaque cas. Aucune recommandation n’a été formulée à la suite de ces examens.

En 2015, le CEDVF a également effectué 21 examens complets. Cette même année, avec les 49 examens de l’équipe de direction, il a donc examiné 70 cas au total, dont 58 cas d’homicides et 12 cas d’homicides-suicides, ayant entraîné 87 décès (75 victimes d’homicide et 12 agresseurs suicidés).

Depuis sa création en 2003, le CEDVF a examiné 267 cas ayant entraîné 376 décès. Dans 74 % d’entre eux, le couple avait des antécédents de violence familiale. Parmi les principaux facteurs de risque conduisant à l’homicide d’un partenaire intime ayant été régulièrement relevés, citons : une séparation effective ou imminente, un état dépressif, un comportement obsessionnel de l’agresseur et une crainte intuitive de la part de la victime. Quatre-vingt-un pour cent des victimes d’homicide étaient des femmes adultes.

Entre 2002 et 2014, 28 cas d’homicide familial ont été recensés par année en moyenne. Bien que ce chiffre semble diminuer depuis 2011, il reste encore beaucoup à faire pour lutter contre le phénomène.

Nous espérons que le travail soutenu du CEDVF, la création d’une base de données solide et la formulation de recommandations concrètes aideront les décideurs, les professionnels de la santé, les professionnels des systèmes juridiques et judiciaires, les victimes, la police, le milieu de la recherche et le grand public à répondre aux nombreux enjeux que soulève la réduction de la violence conjugale dans notre province.

Les lecteurs qui souhaitent obtenir les versions intégrales – caviardées – des rapports d’examen du CEDVF peuvent s’adresser au Bureau du coroner en chef à l’adresse occ.inquiries@ontario.ca.

Enfin, j’aimerais profiter de cette tribune pour remercier la sergente-détective Monica Denreyer, la directrice intérimaire de la gestion des comités Tara McCord et la directrice de la gestion des comités Kathy Kerr pour leur participation au travail d’évaluation et de compilation des examens de l’équipe de direction menés en 2015 ainsi que pour la gestion permanente des activités et des données du CEDVF.

William Lucas, M.D., CCMF
Coroner régional principal du Centre-Ouest
Président, Comité d’examen des décès dus à la violence familiale

 

Composition du Comité

William Lucas, M.D., CCMF
Président du Comité

Coroner régional principal du Centre-Ouest

Jessica Diamond
Directrice générale, bien-être de l’enfance, Bureau du coroner en chef

Marcie Campbell, M. Éd.
Centre de recherche et d’éducation sur la violence faite aux femmes et aux enfants, Université Western Ontario

Gail Churchill, M.D.
Coroner investigatrice

Jade Harper
Réseau ontarien des prestateurs de services d’aide aux victimes

Myrna Dawson, Ph. D.
Professeure, département de sociologie et d’anthropologie, Université de Guelph

Monica Denreyer
Sergente-détective, Police provinciale de l’Ontario, Unité de l’évaluation des menaces

Donna Northeast
Coordonnatrice de la sécurité,
Service de police régional de Halton

Barb Forbes
Sous-directrice régionale par intérim, Bureau régional de l’Ouest du ministère de la Sécurité communautaire et des Services correctionnels

Jim Glena
Sergent, Service de police de Thunder Bay

Craig Harper
Procureur de la Couronne

Peter Jaffe, Ph. D., psychologue agréé
Professeur, Centre de recherche sur la violence faite aux femmes et aux enfants, Université Western Ontario

Leslie Raymond
Sergente-détective, coordonnatrice régionale de la lutte contre les mauvais traitements, Police provinciale de l’Ontario (région du Centre)

Deborah Sinclair, M.S.S.
Travailleuse sociale

Lynn Stewart, Ph. D., psychologue agréée
Gestionnaire nationale, Programmes de prévention de la violence familiale, Service correctionnel du Canada

Mark Gauthier
Sergent-détective, Police provinciale de l’Ontario

Kathy Kerr, M.A.
Directrice de la gestion des comités, Bureau du coroner en chef


 

Résumé

Cas examinés entre 2003 et 2015

  • Entre 2003 et 2015, le CEDVF a examiné 267 cas aant entraîné 376 décès.
  • Sur l’ensemble des cas, 67 % comprenaient des homicides seulement et 33 % des homicides-suicides.
  • Environ 74 % des cas mettaient en cause un couple ayant des antécédents de violence familiale; dans 68 % d’entre eux, le couple était séparé ou en instance de séparation.
  • Voici les autres principaux facteurs de risque relevés :
    • comportement obsessionnel de l’agresseur (48 %);
    • état dépressif de l’agresseur (50 %);
    • escalade de la violence (34 %);
    • antécédents de menaces ou de tentatives de suicide (44 %);
    • antécédents de menaces de mort à l’égard de la victime (39 %);
    • abus d’alcool ou de drogue (39 %);
    • crainte intuitive de la victime à l’égard de l’agresseur (43 %);
    • agresseur sans emploi (39 %).
  • Dans 72 % des cas, au moins sept facteurs de risque ont été relevés.

Cas examinés en 2015

  • En 2015, le CEDVF a effectué 21 examens complets et son équipe de direction 49, soit au total 70 examens portant sur 58 cas d’homicides et 12 cas d’homicides-suicides ayant entraîné 87 décès au total (75 victimes d’homicide et 12 agresseurs suicidés).
  • À la suite de ces examens, 28 recommandations ont été formulées.
  • Sur les 75 victimes, 64 (85 %) étaient des femmes et 11 (15 %), des hommes.
  • Dans 63 (90 %) des 70 cas examinés, l’agresseur était un homme et dans les 7 autres (10 %), une femme.
  • L’âge des victimes allait de 6 mois à 88 ans.
  • L’âge moyen des victimes était de 35,5 ans.
  • L’âge des agresseurs allait de 18 à 88 ans.
  • L’âge moyen des agresseurs était de 40,3 ans.
  • Le nombre moyen de facteurs de risque relevés dans les cas examinés était de 8,2.
  • Le nombre de facteurs de risque relevés allait de 0 à 24.
  • Dans 61 % des cas examinés, au moins sept facteurs de risque ont été relevés.
 

Raison d’être et objectifs du Comité d’examen des décès dus à la violence familiale

Raison d’être

Le Comité d’examen des décès dus à la violence familiale (CEDVF) assiste le Bureau du coroner en chef dans ses investigations et ses examens des décès dus à la violence familiale, et formule des recommandations visant à prévenir d’autres décès semblables.

Objectifs

  1. Effectuer et coordonner un examen confidentiel et multidisciplinaire des décès dus à la violence familiale en vertu du paragraphe 15 (4) de la Loi sur les coroners, L.R.O. 1990, chap. C.37, dans sa version modifiée.
  2. Apporter son expertise au coroner en chef sur les circonstances des événements ayant mené au décès dans chaque cas examiné.
  3. Créer et tenir à jour une base de données détaillée sur les victimes et les auteurs d’homicide dû à la violence familiale ainsi que sur les circonstances entourant les décès.
  4. Relever la présence ou l’absence de problèmes, de lacunes ou d’insuffisances systémiques dans chaque cas examiné afin de faciliter la formulation de recommandations de prévention appropriées.
  5. Repérer les tendances, les facteurs de risque et les points communs qui se dégagent des cas examinés afin de recommander des stratégies efficaces d’intervention et de prévention.
  6. Mener ou favoriser des activités de recherche selon les besoins.
  7. Favoriser les activités d’information en recensant les problèmes systémiques constatés et :
  • en les communiquant aux organismes compétents pour qu’ils prennent les mesures qui s’imposent;
  • en participant à l’élaboration de protocoles de prévention, au besoin;
  • en publiant de l’information pédagogique, au besoin.
  1. Remettre au coroner en chef un rapport annuel sur les tendances, les facteurs de risque et les points communs relevés lors des examens, et formuler, à partir des données globales recueillies, des recommandations visant à prévenir d’autres décès semblables.

Note : Les objectifs et les activités du CEDVF sont toujours assujettis aux restrictions imposées par le paragraphe 18 (2) de la Loi sur les coroners de l’Ontario et par la Loi sur l’accès à l’information et la protection de la vie privée.


 

Chapitre 1 : Introduction et description générale

Historique

Comité consultatif multidisciplinaire, le Comité d’examen des décès dus à la violence familiale (CEDVF) a été créé en 2003 dans la foulée des recommandations formulées au terme de deux grandes enquêtes portant sur les décès d’Arlene May et Randy Iles et de Gillian et Ralph Hardley.

Le mandat du CEDVF est décrit à l’annexe A.

Composition

Le CEDVF se compose de spécialistes de la violence familiale provenant des services policiers, du système de justice pénale, du secteur des soins de santé, des services sociaux et d’autres organismes de sécurité publique.

Plusieurs membres ont fait partie du CEDVF depuis sa création, en 2003. La composition du Comité a évolué au fil des ans afin de s’adapter à l’évolution des cas et à l’émergence de nouveaux enjeux. Dans certains cas, le CEDVF peut faire appel à des spécialistes externes.

Définition de « décès dû à la violence familiale »

Pour le CEDVF, un décès dû à la violence familiale s’entend du « décès d’une personne ou de l’un ou de plusieurs de ses enfants à la suite d’un homicide perpétré par le partenaire ou l’ancien partenaire intime de ladite personne ».

À des fins de comparaisons statistiques, il faut noter que la définition et les critères des décès dus à la violence familiale d’autres organismes, dont Statistique Canada, peuvent différer de ceux retenus par le CEDVF.

Méthode d’examen

Le CEDVF ne procède à un examen que lorsque toutes les autres investigations et procédures, notamment les procès et les appels en matière criminelle, sont terminées. Par conséquent, les examens ont souvent lieu plusieurs années après les faits.

Lorsqu’un homicide ou un homicide-suicide dû à la violence familiale se produit en Ontario, le coroner régional principal compétent avertit la directrice de la gestion des comités. Les renseignements de base sont alors consignés dans une base de données. La directrice de la gestion des comités, de concert avec un agent de liaison avec la police rattaché au CEDVF, vérifie périodiquement l’avancement des procédures judiciaires, entre autres, pour déterminer si l’examen peut commencer. Les homicides-suicides n’entraînant généralement pas de poursuites criminelles, ils sont examinés dans de meilleurs délais.

Lorsqu’il a été déterminé que l’examen peut commencer (autrement dit, que toutes les autres procédures et investigations sont terminées), le dossier est assigné à un ou plusieurs examinateurs. Il peut comprendre des documents provenant de la police, d’une société d’aide à l’enfance, de professionnels des soins de santé, de thérapeutes, de tribunaux, de services de probation et de libération conditionnelle, etc.

Chaque examinateur procède à un examen et à une analyse minutieuse, puis présente ses conclusions au Comité. L’examen porte sur les circonstances entourant les faits ainsi que sur les antécédents et le comportement des agresseurs, des victimes et de leurs familles respectives. L’action communautaire et systémique est examinée afin de cerner les principaux facteurs de risque, de déterminer les stades d’intervention possibles et de formuler des recommandations. En général, le CEDVF cherche à comprendre les causes des homicides intrafamiliaux pour trouver des moyens de les prévenir.

Recommandations

L’un des principaux objectifs du CEDVF est de formuler des recommandations destinées à prévenir d’autres décès semblables et à réduire la violence familiale en général. Celles-ci sont transmises aux organismes compétents par l’intermédiaire du président du CEDVF. La mention « pas de nouvelle recommandation » signifie qu’aucun point justifiant des recommandations n’a été relevé durant l’examen ou que le point ou le thème relevé a déjà donné lieu à une ou plusieurs recommandations dans un cas antérieur. Lorsqu’une recommandation formulée antérieurement peut être pertinente en l’occurrence, le CEDVF l’ajoute à titre d’information.

Au même titre que les recommandations qui découlent des enquêtes du coroner, les recommandations du CEDVF n’ont pas force exécutoire, et les organismes ne sont pas tenus de les mettre en œuvre ou d’y donner suite. Néanmoins, ces derniers sont invités à informer la directrice de la gestion des comités de l’avancement de la mise en œuvre des recommandations dans l’année qui suit leur transmission.

Restrictions concernant l’examen et le rapport

Les renseignements recueillis et examinés par le CEDVF ainsi que son rapport final ne sont destinés qu’aux fins de l’investigation du coroner prévue par l’article 15 de la Loi sur les coroners, L.R.O. 1990, chap. C.37, dans sa version modifiée. Certaines restrictions d’accès aux dossiers peuvent donc s’appliquer, notamment lorsque ceux-ci portent sur des personnes qui sont encore en vie (p. ex., les agresseurs) et qu’ils sont donc protégés en vertu d’autres dispositions législatives relatives à la protection de la vie privée.

Tous les renseignements obtenus dans le cadre des investigations du coroner et transmis au CEDVF sont assujettis aux restrictions relatives à la confidentialité et à la protection des renseignements personnels de la Loi sur les coroners de l’Ontario et de la Loi sur l’accès à l’information et la protection de la vie privée. À moins de la tenue d’une enquête sur un ou des décès particuliers, et jusqu’à la tenue de cette enquête, la protection de la confidentialité et des renseignements personnels des personnes décédées et de celles concernées par les circonstances du décès prévaut. Par conséquent, les rapports individuels, les comptes rendus de réunion d’examen et tout autre document ou rapport produit par le CEDVF sont confidentiels et ne sont pas rendus publics. Les réunions d’examen ne sont pas publiques.

Chaque membre du Comité est lié par une entente de confidentialité énonçant ces intérêts et restrictions.

Les examens portent uniquement sur les renseignements et les dossiers obtenus en vue de l’approfondissement de l’investigation du coroner. Le CEDVF n’a ni pour but ni pour mandat de rouvrir des enquêtes ou d’en mener des nouvelles, ni de remettre en question les techniques d’investigation utilisées ou d’émettre des commentaires sur des décisions des instances judiciaires.

Rapport annuel

Conformément à son mandat, le CEDVF, en la personne de son président, remet au coroner en chef un rapport annuel sur les tendances, les facteurs de risque et les points communs relevés lors des examens, et formule des recommandations visant à prévenir d’autres décès semblables.

Avis de non-responsabilité

L’avis suivant vaut pour chacun des cas examinés ainsi que pour l’ensemble du présent rapport.

Le présent document n’est produit par le CEDVF qu’aux fins de l’investigation du coroner prévue par l’article 15 de la Loi sur les coroners, L.R.O. 1990, chap. C.37, dans sa version modifiée. Les opinions exprimées ne tiennent pas nécessairement compte de tous les faits et circonstances entourant le décès. La conclusion finale de l’investigation peut différer considérablement des opinions exprimées dans le présent rapport.


Chapitre 2 : Survol statistique

Collecte des données

Depuis sa création en 2003, le CEDVF a recueilli un large éventail de données sur les cas d’homicides dus à la violence familiale ayant fait l’objet d’une investigation par le Bureau du coroner en chef. À l’instar du Comité, les processus d’examen, de collecte et d’analyse des données ont évolué au fil des ans. Le CEDVF s’efforce de fournir des renseignements et des analyses justes, valables et utiles aux intervenants concernés.

Types de données

Il importe de souligner qu’il existe deux ensembles de données distincts concernant les homicides dus à la violence familiale en Ontario :

1.   Les données portant sur le nombre réel de cas d’homicides où la violence familiale constituait un facteur contributif

En Ontario, un coroner rédige un rapport d’investigation (formulaire 3) chaque fois qu’il mène une investigation. Ce rapport comprend des renseignements personnels de base sur la personne décédée (date de décès, âge, adresse, etc.) et une description des circonstances du décès. Il est recommandé aux coroners investigateurs d’indiquer les causes du décès (p. ex., trauma – arme blanche; blessure par balle – fusil; asphyxie – pendaison) et les facteurs contributifs (p. ex., mauvais traitements – violence familiale, consommation d’alcool, intervention de la société d’aide à l’enfance). Le formulaire 3 comporte aussi le « mode de décès ». En Ontario, le mode de décès doit être classé dans l’une des catégories suivantes : naturel, accidentel, suicide, homicide ou indéterminé. Le contenu du formulaire 3 est consigné dans le Système d’information des coroners, qui est tenu à jour par le Bureau du coroner en chef.

Les statistiques produites aux fins du présent rapport portent sur les cas survenus entre 2002 et 2014 qui répondaient aux trois critères suivants : le mode de décès d’au moins une victime était un « homicide », la mention « mauvais traitements – violence familiale » figurait parmi les facteurs contributifs et le décès répondait à la définition de « décès dû à la violence familiale » du CEDVF. Les statistiques comprennent également des cas où le mode de décès était « indéterminé », mais où des actes de violence familiale ont été constatés.

Précisons que certains cas d’homicides dus à de « mauvais traitements – violence familiale » survenus entre 2002 et 2014 peuvent ne pas avoir encore été examinés par le CEDVF. Souvent, l’examen n’a pas commencé parce qu’une procédure judiciaire, par exemple, est prévue ou en cours. Le nombre de cas en attente a considérablement diminué grâce à l’examen de plusieurs d’entre eux par l’équipe de direction du CEDVF en 2015.

2.   Les données figurant dans les conclusions du CEDVF

Le deuxième ensemble de données porte sur les cas examinés par le CEDVF. Recueillies lors de l’examen complet du Comité, ces données comprennent les facteurs de risque, le type et la durée de la relation ainsi que le nombre de victimes et d’agresseurs et leur sexe.

Les statistiques ci-dessous sont issues de l’analyse de ces deux sources de données.

Survol statistique : Homicides dus à la violence familiale (2002-2014)

Les statistiques ci-dessous portent sur les homicides dus à de « mauvais traitements – violence familiale » survenus en Ontario entre 2002 et 2014 lorsque les décès répondaient à la définition de « décès dus à la violence familiale » du CEDVF. Il se peut que certains de ces cas aient déjà été examinés par le CEDVF, tandis que les autres le seront lorsque les procédures (p. ex., les procès criminels) seront terminées.

Tableau 1 : Homicides dus à la violence familiale en Ontario (2002-2014)

Tableau A : Nombre total d’homicides et d’homicides-suicides

2002

2003

2004

2005

2006

2007

2008

2009

2010

2011

2012

2013

2014

Totaux

2002-2014

Nombre de cas

30

22

22

29

33

27

20

20

26

32

24

21

17

323

Homicides

19

18

13

21

26

17

15

15

20

25

15

17

11

232 (72 %)

Homicides-suicides

11

4

9

8

7

10

5

5

6

7

9

4

6

91 (28 %)

Nombre total de décès

46

26

32

37

52

44

29

29

33

39

31

28

27

453

Tableau B : Âge et sexe des victimes d’homicide

Tableau B

2002

2003

2004

2005

2006

2007

2008

2009

2010

2011

2012

2013

2014

Totaux

2002-2014

Nombre total de victimes d’homicide

35

22

23

29

45

34

24

25

27

30

24

24

21

363

Femme (adulte)

26

19

21

29

28

27

20

20

22

28

19

21

13

293 (81 %)

Fille (enfant)

4

1

1

0

8

1

0

3

1

0

0

0

2

21 (6 %)

Homme (adulte)

4

1

1

0

3

4

4

2

4

2

4

3

2

34 (9 %)

Garçon (enfant)

1

1

0

0

6

2

0

0

0

0

1

0

4

15 (4 %)

Âge moyen des victimes d’homicide

37,8

34,9

40

38,2

28

34,7

43,3

37,2

36,1

45,6

44,8

38,8

36,3

38,1

Tableau C : Décès des agresseurs

Tableau C

2002

2003

2004

2005

2006

2007

2008

2009

2010

2011

2012

2013

2014

Totaux

2002-2014

Nombre total d’agresseurs décédés (suicide ou autre)

11

4

9

8

7

10

5

4

6

9

7

4

6

90 (20 %)

Femme (adulte)

0

0

1

0

0

1

0

0

0

0

0

0

0

2 (2 %)

Homme (adulte)

11

4

8

8

7

9

5

4

6

9

7

4

6

88 (98 %)

Âge moyen des agresseurs décédés

42,5

45,5

42,2

45

51,1

45,2

43,8

60

44,7

45,1

76,6

41

48,7

48,6

Résumé du tableau 1

  • On dénombre 323 cas d’homicides et d’homicides-suicides dus à la violence familiale en Ontario entre 2002 et 2014 (d’après les investigations menées par le Bureau du coroner en chef de l’Ontario sur les cas où la violence familiale constituait un facteur contributif).
  • Sur ces 323 cas, 232 (72 %) comprenaient des homicides seulement et 91 (28 %), des homicides-suicides.
  • Ces 323 cas ont entraîné 453 décès au total.
  • Sur les 453 personnes décédées, 363 (80 %) étaient des victimes d’homicide et 90 (20 %), des agresseurs s’étant suicidés ou ayant été tués (p. ex., par la police).
  • En moyenne, on dénombre 25 cas d’homicides ou d’homicides-suicides dus à la violence familiale par an de 2002 à 2014.
  • En moyenne, on dénombre 28 décès dus à la violence familiale par an de 2002 à 2014.
  • Sur les 363 victimes d’homicide, 293 (81 %) étaient des femmes adultes, 36 (10 %), des enfants et 34 (9 %), des hommes adultes.
  • Sur les 90 agresseurs décédés, 88 (98 %) étaient des hommes adultes.
  • L’âge moyen des victimes d’homicide était de 38,1 ans.
  • L’âge moyen des agresseurs décédés était de 48,6 ans.

Graphique 1 : Nombre de cas d’homicides dus à la violence familiale en Ontario (2002-2014) – Cas contenant le facteur contributif « violence familiale » dans le Système d’information des coroners

Graphique 1

Le graphique 1 montre le nombre de cas d’homicides dus à la violence familiale qui se sont produits chaque année de 2002 à 2014. Ce nombre varie de 17 (2014) à 33 (2006).

Graphique 2 : Nombre de victimes d’homicide dû à la violence familiale (2002-2014)

Graphique 2

Le graphique 2 montre le nombre annuel de victimes d’homicide dû à la violence familiale de 2002 à 2014. Ce nombre varie de 21 (2014) à 45 (2006).

Causes de décès

Les causes de décès sont utilisées dans l’extraction et l’analyse des données figurant dans le Système d’information des coroners. Ces causes décrivent le mécanisme ou la force à l’origine des décès non naturels (p. ex., trauma – collision de véhicule motorisé) ou le système ou la région anatomique en cause dans les décès naturels (p. ex., système cardio-vasculaire, système nerveux central). Les coroners sont incités à indiquer la cause de décès qui semble la plus probable selon les circonstances.

Le tableau 2 illustre les principales causes de décès dus à la violence familiale (homicides et décès de l’agresseur) entre 2002 et 2014 figurant dans le Système d’information des coroners.

Tableau 2 : Principales causes de décès dus à la violence familiale (2002-2014)

Tableau 2

Cause du décès

2002

2003

2004

2005

2006

2007

2008

2009

2010

2011

2012

2013

2014

Nombre total et pourcentage de décès dus à la violence familiale (2002-2014)

Trauma – arme blanche

15

8

11

9

21

14

8

11

16

15

7

12

13

160 (35 %)

Trauma – coups, agression

5

4

4

5

6

2

0

0

3

3

2

4

0

38 (8 %)

Blessure par balle – arme de poing

8

5

2

4

1

9

1

3

3

1

6

4

2

49 (11 %)

Blessure par balle – carabine

2

0

3

5

5

3

3

2

1

2

0

0

0

26 (6 %)

Blessure par balle – fusil

7

1

2

2

2

2

1

2

6

0

5

5

2

37 (8 %)

Blessure par balle – arme non précisée

0

0

1

0

0

0

1

0

0

0

0

0

0

2 (0 %)

Asphyxie – obstruction des voies respiratoires

0

1

1

0

0

1

0

1

1

2

1

0

0

8 (2 %)

Asphyxie – étranglement

0

3

4

5

6

4

4

0

0

3

3

1

1

34 (8 %)

Asphyxie – compression cervicale

0

0

0

1

2

0

2

3

0

0

0

1

1

10 (2 %)

Autre

9

4

4

6

9

9

9

7

3

13

7

1

8

89 (20 %)

Total

46

26

32

37

52

44

29

29

33

39

31

28

27

453

* Les pourcentages sont arrondis.
** Inclut tous les décès, y compris les suicides des agresseurs.

Résumé du tableau 2 : Principales causes de décès dus à la violence familiale (2002-2014)

  • Un trauma (provoqué par une arme blanche, des coups ou une agression) est à l’origine de 44 % des décès.
  • Une blessure par balle (fusil, carabine ou arme non précisée) est à l’origine de 25 % des décès.
  • L’asphyxie (obstruction des voies respiratoires, étranglement ou compression cervicale) est à l’origine de 12 % des décès.
  • Les causes de décès suivantes ont été constatées dans 19 % des cas : trauma dû à une collision avec un véhicule motorisé ou un train, trauma dû à un instrument contondant, asphyxie résultant d’une pendaison ou d’un environnement pauvre en oxygène ou riche en monoxyde de carbone, surdose, saut ou chute, inhalation de fumée ou lésions thermiques, ou brûlures – noyade dans de l’eau chaude.

Survol statistique : Cas examinés par le CEDVF (2003-2015)

De 2003 à 2015, le CEDVF a examiné 267 cas, dont 178 cas d’homicides et 89 cas d’homicides-suicides, ayant entraîné 376 décès au total. Certains cas comportaient plus d’une victime.

Le CEDVF ne procède à un examen que lorsque toutes les autres investigations et procédures, notamment les procès et les appels en matière criminelle, sont terminées. Par conséquent, les examens ont souvent lieu plusieurs années après les faits.

En 2015, le CEDVF a consacré un surcroît d’effort à la réduction de l’accumulation des cas en attente d’examen par le CEDVF. Souvent, plusieurs années avaient été nécessaires pour que ces derniers soient traités par les tribunaux et transmis au CEDVF. Il est apparu que bon nombre des organisations et systèmes concernés par ces cas avaient connu d’importants changements au fil des ans. Par conséquent, tous les cas en attente (49 au total) ont été examinés par une équipe centrale de direction composée de représentants du CEDVF. Son travail consistait à analyser minutieusement les circonstances entourant les décès et à compiler les facteurs de risque relevés. Les examens de l’équipe de direction suivaient un processus similaire à celui utilisé lors des examens complets (voir la méthode décrite à la page 3), mais étaient effectués plus rapidement pour éviter l’accumulation de cas en attente.

Les statistiques suivantes portent sur tous les cas examinés par le CEDVF de 2003 à 2015 inclusivement.

Tableau 3 : Nombre de cas examinés par le CEDVF (2003-2015)

Tableau 3

Année

Nombre de cas examinés

Nombre de décès

Type de cas : homicide

Type de cas : homicide-suicide

2003

11

24

3

8

2004

9

11

5

4

2005

14

19

5

9

2006

13

21

4

9

2007

15

25

7

8

2008

15

17

13

2

2009

16

25

6

10

2010

18

36

6

12

2011

33

41

27

6

2012

20

32

14

6

2013

19

22

17

2

2014

14

15

13

1

2015 

Examens complets : 21

Examens de la direction : 49

Examens complets : 29

Examens de la direction : 57

Examens
complets : 12

Examens de la direction : 46

Examens
complets : 9*

Examens de la direction : 3

Total

267

374

178 (67 %)

89 (33 %)

* Dans l’un des cas, l’agresseur a été abattu par la police après l’homicide. Aux fins de cet examen, ce cas est considéré comme un homicide-suicide.

* Dans l’un des cas, il n’a pas été possible de déterminer si le décès, suivi du suicide du possible agresseur, était dû à un suicide ou à un homicide. Aux fins de cet examen, ce cas est considéré comme un homicide-suicide.

Résumé du tableau 3 : Nombre de cas examinés par le CEDVF (2003-2015)

  • Entre 2003 et 2015, le CEDVF a examiné 267 cas ayant entraîné 374 décès.
  • Sur ces 267 cas, 178 (67 %) comprenaient des homicides seulement et 89 (33 %), des homicides-suicides.

Analyse des facteurs de risque : Facteurs de risque courants

À partir d’analyses poussées, le CEDVF a dressé une liste de 40 facteurs de risque pouvant déboucher sur un décès au sein de la relation examinée. Avant 2015, la grille comportait 39 facteurs de risque. En 2015, le facteur de risque « antécédents de violence familiale » a été divisé en antécédents anciens et antécédents récents de violence (à l’égard de la victime). L’observation de plusieurs facteurs de risque dans une relation permet d’améliorer l’évaluation du risque, de prendre les mesures qui s’imposent et éventuellement de prévenir d’autres décès grâce à une action appropriée des instances de justice pénale et du réseau de la santé, notamment par la détection et l’encadrement des cas à risque élevé.

L’annexe B présente la liste complète des facteurs de risque analysés, accompagnés d’une définition.

Lors de l’examen d’un cas, le CEDVF détermine lesquels des 40 facteurs de risque étaient présents dans la relation entre la victime et l’agresseur, le cas échéant.
Graphique 3 : Fréquence des facteurs de risque courants relevés dans les cas examinés par le CEDVF (2003‑2015)

Graphique 3

* Comprend tous les examens, y compris les examens de la direction effectués en 2015.

 

Résumé du graphique 3 : Fréquence des facteurs de risque courants relevés dans les cas examinés par le CEDVF (2003‑2015)

  • Lorsqu’il examine un cas, le CEDVF détermine lesquels des 40 facteurs de risque étaient présents dans la relation entre l’agresseur et la victime.
  • Dans 73 % des cas examinés entre 2003 et 2015, des antécédents de violence familiale (anciens ou récents) ont été constatés.
  • Dans 67 % des cas, le couple était séparé ou en instance de séparation.
  • Dans 50 % des cas, l’agresseur était dépressif (diagnostiqué ou non).
  • Dans 48 % des cas, l’agresseur avait un comportement obsessionnel.
  • Dans 44 % des cas, l’agresseur avait menacé ou tenté de se suicider.
  • Dans 43 % des cas, la victime éprouvait une crainte intuitive.
  • Dans 39 % des cas, la victime avait fait l’objet de menaces de mort.
  • Dans 38 % des cas, les faits sont survenus après une consommation excessive d’alcool ou de drogue.
  • Dans 39 % des cas, l’agresseur était sans emploi.
  • Dans 34 % des cas, une escalade de violence a été constatée.

Analyse des facteurs de risque : Nombre de facteurs de risque par cas

D’après le tableau 4 : Nombre de facteurs de risque par cas (sur tous les cas examinés par le CEDVF entre 2003 et 2015), près de trois quarts des cas comportaient au moins sept facteurs de risque. Ce chiffre est important, car il révèle que de nombreux homicides familiaux étaient prévisibles et auraient pu être évités si les facteurs de risque avaient été relevés plus tôt et si des mesures appropriées avaient été prises.

Le graphique 4 : Pourcentage de cas répertoriés par nombre de facteurs de risque par cas (sur tous les cas examinés par le CEDVF entre 2003-2015) illustre le pourcentage de cas répertoriés par nombre de facteurs de risque par cas.

Tableau 4 : Nombre de facteurs de risque par cas (sur tous les cas examinés par le CEDVF entre 2003 et 2015)

Tableau 4

Nombre de facteurs de risque par cas

2003-2014 (n=197)

2015 (n=21)

Examens de la direction 2015 (n=49)

2003-2015 (n=267)

% du total des cas

Aucun facteur

1

0

3

4

1 %

1 à 3 facteurs

25

3

3

31

12 %

4 à 6 facteurs

23

5

13

41

15 %

7 facteurs ou plus

148

13

30

191

72 %

Graphique 4 : Pourcentage de cas répertoriés par nombre de facteurs de risque par cas (sur tous les cas examinés par le CEDVF entre 2003 et 2015)

Graphique 4

Résumé du tableau 4 et du graphique 4 : Nombre de facteurs de risque par cas (sur tous les cas examinés par le CEDVF entre 2003 et 2015)

  • Dans 72 % des cas examinés entre 2003 et 2015, au moins sept facteurs de risque ont été relevés.
  • Dans 15 % des cas, quatre à six facteurs de risque ont été relevés.
  • La proportion totale de cas comportant au moins quatre facteurs de risque est de 87 %.
  • Dans 12 % des cas, un à trois facteurs de risque ont été relevés.
  • Dans 1 % des cas, aucun facteur de risque n’a été relevé.
  • L’observation de plusieurs facteurs de risque dans une relation permet d’améliorer l’évaluation du risque, de prendre les mesures qui s’imposent et éventuellement de prévenir d’autres décès.
 

Survol statistique : Cas examinés par le CEDVF en 2015

En 2015, le CEDVF a consacré un surcroît d’effort à la réduction de l’accumulation des cas en attente d’examen. En effet, nombre de dossiers n’avaient pu être examinés car la procédure criminelle n’avait pas encore abouti. Progressivement, et après plusieurs années de retard, les cas avaient été traités par les tribunaux et transmis au CEDVF.

Il est apparu que bon nombre des organisations et systèmes concernés par ces cas avaient connu d’importants changements au fil des ans. Par conséquent, tous les cas en attente (49 au total) ont été examinés par une équipe centrale de direction composée de représentants du CEDVF. Son travail consistait à analyser minutieusement les circonstances entourant les décès et à compiler les facteurs de risque relevés dans chaque cas. Aucune recommandation n’a été formulée à la suite de ces examens.

En 2015, le CEDVF a également effectué 21 examens complets. Cette même année, avec les 49 examens de l’équipe de direction, il a donc examiné 70 cas au total, dont 58 cas d’homicides et 12 cas d’homicides-suicides, ayant entraîné 87 décès (75 victimes d’homicide et 12 agresseurs suicidés).

L’annexe C donne le détail des types de cas (homicide ou homicide-suicide), l’âge et le sexe des victimes et des agresseurs, le nombre de facteurs de risque relevés et les thèmes pertinents observés.

L’annexe D fournit une brève description des circonstances entourant les décès et des recommandations visant à prévenir d’autres décès semblables.

Pour obtenir les versions intégrales – caviardées – de chaque cas examiné par le CEDVF en 2015, communiquer directement avec la directrice de la gestion des comités du Bureau du coroner en chef à occ.inquiries@ontario.ca.

 

Tableau 5 : Synthèse des cas examinés en 2015

Tableau 5

Examens complets

Examens de la direction

Total

Nombre total de cas examinés

21

49

70

Nombre total de décès examinés

30

57

87

Décès par homicide

21

54

75

Femme

18

46

64

Homme

3

8

11

Enfant

1

2

3

Âge moyen des victimes

39,1

34,1

35,5

Décès par suicide**

9

3

12

Femme

0

0

Homme

9

3

12

Âge moyen des agresseurs

43,8

38,8

40,3

Âge moyen des agresseurs décédés (suicide ou autre)

54,7

50,7

53,7

Nombre d’agresseurs

19

44

63

Pourcentage d’agresseurs

90,5 %

89,8 %

90 %

Nombre d’agresseuses

2

5

7

Pourcentage d’agresseuses

9,5 %

10,2 %

10 %

Nombre total de cas d’homicides

12

46

58

Nombre total de cas d’homicides-suicides

9

3

12

Nombre de cas comportant moins de 7 facteurs de risque

8

19

27 (39 %)

Nombre de cas comportant au moins 7 facteurs de risque

13

30

43 (61 %)

Nombre moyen de facteurs de risque

8,5

8,1

8,2

Nombre de cas mettant en cause des personnes de 65 ans ou plus

3

2

5

Homicides-suicides mettant en cause des personnes âgées

2

1

3

Nombre de recommandations formulées

28

0

28

* Dans l’un des cas, il n’a pas été possible de déterminer si le décès était dû à un suicide ou à un homicide. Bien que le mode de décès soit inconnu, aux fins de cet examen, ce cas est considéré comme un homicide.

** Dans l’un des cas, l’agresseur a été abattu par la police. Aux fins de cet examen, ce décès est considéré comme un suicide.

Tableau 5 : Résumé des cas examinés en 2015

  • En 2015, le CEDVF a effectué 21 examens complets portant sur 12 cas d’homicides et 9 cas d’homicides-suicides ayant entraîné 30 décès (21 victimes d’homicide et 9 agresseurs suicidés).
  • En 2015, l’équipe de direction du CEDVF a effectué 49 examens portant sur 46 cas d’homicides et 3 cas d’homicides-suicides ayant entraîné 57 décès (54 victimes d’homicide et 3 agresseurs suicidés).
  • En 2015, le CEDVF a effectué 70 examens au total (examens de la direction et examens complets) portant sur 58 cas d’homicides et 12 cas d’homicides-suicides ayant entraîné 87 décès (75 victimes d’homicide et 12 agresseurs suicidés).
  • À la suite de ces examens, 28 recommandations visant à prévenir d’autres décès semblables ont été formulées.
  • Sur les 75 victimes, 64 (85 %) étaient des femmes et 11 (15 %), des hommes.
  • Dans 63 (90 %) des 70 cas examinés, l’agresseur était un homme et dans les 7 autres (10 %), une femme.
  • L’âge des victimes allait de 6 mois à 88 ans.
  • On dénombre trois enfants parmi les victimes : deux garçons (de 6 mois et 6 ans) et une fille (de 3 ans).
  • L’âge moyen des victimes était de 35,5 ans.
  • L’âge des agresseurs allait de 18 à 88 ans.
  • L’âge moyen des agresseurs (décédés et vivants) était de 40,3 ans.
  • Dans 43 (61 %) des cas, au moins sept facteurs de risque ont été relevés.
  • Le nombre moyen de facteurs de risque relevés était de 8,2.
  • Le nombre de facteurs de risque relevés par cas allait de 0 à 24.
  • Sur les 70 cas examinés, 5 (7 %) mettaient en cause des personnes de 65 ans ou plus et 3 comprenaient des homicides-suicides.
 

Analyse des facteurs de risque : Nombre de facteurs de risque par cas

Les données du tableau 6 : Nombre de facteurs de risque relevés dans les cas examinés (2015) concordent avec celles recueillies entre 2003 et 2014, qui révèlent clairement que dans la grande majorité des cas d’homicides ou d’homicides-suicides dus à la violence familiale, le nombre de facteurs de risque était élevé (sept ou plus) et que ces décès étaient donc peut-être prévisibles et évitables (voir tableau 4). Il est important de souligner une fois de plus que l’observation de plusieurs facteurs de risque dans une relation permet d’améliorer l’évaluation du risque, de prendre les mesures qui s’imposent et, possiblement, de prévenir d’autres décès.

Tableau 6 : Nombre de facteurs de risque relevés dans les cas examinés (2015)

Tableau 6

Nbre et % de facteurs de risque par cas

Examens complets

2015 (n=21)

Examens de la direction 2015 (n=49)

Total des examens 2015 (n=70)

2003-2015 (n=267)

Aucun facteur

0

3

3

4

%

0 %

6 %

4 %

1 %

1 à 3 facteurs

3

3

6

31

%

14 %

6 %

9 %

12 %

4 à 6 facteurs

5

13

18

41

%

24 %

27 %

26 %

15 %

7 facteurs ou plus

13

30

43

191

%

62 %

61 %

61 %

72 %

Le tableau 6 indique le nombre de facteurs de risque relevés dans les cas examinés en 2015 et dans ceux examinés entre 2003 et 2015.

D’après le tableau :

  • Quatre pour cent (3) des cas examinés en 2015 (examens de la direction et examens complets) ne comportaient aucun facteur de risque, contre 1 % des cas examinés entre 2003 et 2015.
  • Neuf pour cent (6) des cas examinés en 2015 (examens de la direction et examens complets) comportaient un à trois facteurs de risque, contre 12 % des cas examinés entre 2003 et 2015.
  • Vingt-six pour cent (18) des cas examinés en 2015 (examens de la direction et examens complets) comportaient quatre à six facteurs de risque, contre 15 % des cas examinés entre 2003 et 2015.
  • Soixante et un pour cent (43) des cas examinés en 2015 (examens de la direction et examens complets) comportaient au moins sept facteurs de risque, contre 72 % des cas examinés entre 2003 et 2015.

  • Le nombre de facteurs de risque relevés dans les cas examinés en 2015 allait de 0 à 24.

  • Les données relatives aux facteurs de risque relevés dans les cas examinés en 2015 concordent avec celles présentées dans le tableau 4 et le graphique 4, qui révèlent que la grande majorité des cas examinés entre 2003 et 2015 comportaient au moins sept facteurs de risque.

Analyse des causes de décès

D’après le tableau 7 : Causes de décès constatées dans les cas examinés en 2015, dans 57 % des cas, le décès était dû à un trauma (provoqué par une arme blanche, des coups ou une agression), dans 13 %, à une arme à feu, dans 13 %, à une asphyxie (par pendaison, obstruction des voies respiratoires, étranglement ou compression cervicale) et dans 17 %, à d’autres causes comme un saut ou une chute, des brûlures, une noyade ou une cause incertaine.

Tableau 7 : Causes de décès constatées dans les cas examinés en 2015

Tableau 7

Cause du décès

Examens complets 2015

Examens de la direction 2015

Total

Trauma – arme blanche

12

28

40

Trauma – coups, agression

3

5

8

Trauma – instrument contondant

1

1

2

Blessure par balle – arme de poing

5

3

8

Blessure par balle – carabine

1

1

Blessure par balle – fusil

2

2

Asphyxie – pendaison

2

1

3

Asphyxie – obstruction des voies respiratoires

1

1

Asphyxie – étranglement

1

6

7

Asphyxie – compression cervicale

1

3

4

Saut ou chute

3

3

6

Brûlures – chaleur

1

1

Noyade

1

1

Cause incertaine

3

3

Nombre total de décès

30

57

87

* Causes de décès figurant dans le Système d’information des coroners, la base de données répertoriant les cas sur lesquels le Bureau du coroner en chef de l’Ontario a mené une investigation.

  • Décès par trauma : 57 %.
  • Décès par balle : 13 %.
  • Décès par asphyxie : 13 %.
  • Décès par saut ou chute, brûlures ou chaleur, noyade, ou dont la cause est incertaine : 17 %.
 

Recommandations formulées à l’issue des examens de 2015

En 2015, le CEDVF a formulé 28 recommandations à l’issue de ses examens.

En plus des nouvelles recommandations formulées, le CEDVF a fait référence à ses précédentes recommandations, lorsque ces dernières étaient pertinentes pour le cas examiné.

Les recommandations portaient sur :

  • la formation et la sensibilisation des fournisseurs de soins de santé (surtout obstétricaux, gériatriques et psychiatriques);
  • la formation et la sensibilisation des avocats en droit de la famille et des conseillers matrimoniaux en matière d’évaluation des risques;
  • la concertation entre les services de bien-être de l’enfance et les services de lutte contre la violence familiale;
  • le financement des services d’intervention auprès des partenaires violents;
  • l’évaluation des risques.

L’annexe D fournit la liste des recommandations formulées en 2015.

Analyse des cas examinés en 2015 et observations importantes

Les observations de 2015 concordent avec celles formulées à l’issue des examens menés de 2003 à 2014.

  • La majorité des victimes d’homicide dû à la violence familiale sont des femmes.
  • L’âge des victimes couvre un large spectre (de 6 mois à 88 ans). En moyenne, les victimes avaient autour de 35 ans.
  • L’âge des agresseurs couvre aussi un large spectre (de 18 à 88 ans). En moyenne, les agresseurs avaient un peu plus de 40 ans.
  • Au moins sept facteurs de risque ont été relevés dans la majorité des cas. La présence d’un nombre élevé de facteurs de risque dans un cas révèle que le décès était probablement prévisible et évitable.
  • Un trauma (provoqué par une arme blanche, des coups ou un instrument contondant) est à l’origine de la moitié des décès environ.
 

Chapitre 3 : Examens du CEDVF – Foire aux questions

Mandat et sélection des cas

Quel est le mandat du CEDVF?

Le Comité d’examen des décès dus à la violence familiale (CEDVF) assiste le Bureau du coroner en chef dans ses investigations et ses examens des décès dus à la violence familiale, et formule des recommandations visant à prévenir d’autres décès semblables.

Qu’entend le CEDVF par « décès dû à la violence familiale »?

Pour le CEDVF, un décès dû à la violence familiale s’entend du « décès d’une personne ou de l’un ou de plusieurs de ses enfants à la suite d’un homicide perpétré par le partenaire ou l’ancien partenaire intime de ladite personne. »

Le CEDVF examine régulièrement des cas qui n’entrent pas strictement dans la définition ci-dessus, lorsque les circonstances entourant la relation et le ou les décès ressemblent à celles des autres cas examinés.

De quels cas le CEDVF se saisit-il?

Le CEDVF se saisit de tous les homicides et homicides-suicides survenus en Ontario qui entrent dans la définition de « décès dû à la violence familiale » ci-dessus ou dans lesquels les circonstances entourant le ou les décès ressemblent à celles des autres cas examinés.

Processus d’examen

Combien de temps faut-il avant qu’un examen ait lieu?

Le CEDVF ne procède à un examen que lorsque toutes les autres investigations et procédures, notamment les procès et les appels en matière criminelle, sont terminées. Par conséquent, les examens ont souvent lieu plusieurs années après les faits. Les homicides-suicides n’entraînant généralement pas de poursuites criminelles, ils sont examinés dans de meilleurs délais.

En quoi consiste le processus d’examen?

Lorsqu’un homicide ou un homicide-suicide dû à la violence familiale se produit en Ontario, le coroner régional principal compétent avertit la directrice de la gestion des comités. Les renseignements de base sont alors consignés dans une base de données. La directrice de la gestion des comités, de concert avec un agent de liaison avec la police rattaché au CEDVF, vérifie périodiquement l’avancement des procédures judiciaires, entre autres, pour déterminer si l’examen peut commencer. Les homicides-suicides n’entraînant généralement pas de poursuites criminelles, ils sont examinés dans de meilleurs délais.

Lorsqu’il a été déterminé que l’examen peut commencer (autrement dit, que toutes les autres procédures et investigations sont terminées), le dossier est assigné à un ou plusieurs examinateurs. Il peut comprendre des documents provenant de la police, d’une société d’aide à l’enfance, de professionnels des soins de santé, de thérapeutes, de tribunaux, de services de probation et de libération conditionnelle, etc.

Chaque examinateur procède à un examen et à une analyse minutieuse, puis présente ses conclusions au Comité. L’examen porte sur les circonstances entourant les faits ainsi que sur les antécédents et le comportement des agresseurs, des victimes et de leurs familles respectives. L’action communautaire et systémique est examinée afin de cerner les principaux facteurs de risque, de déterminer les stades d’intervention possibles et de formuler des recommandations. En général, le CEDVF cherche à comprendre les causes des homicides intrafamiliaux pour trouver des moyens de les prévenir.

Qui siège au CEDVF?

Le CEDVF se compose de spécialistes de la violence familiale provenant des services policiers, du système de justice pénale, du secteur des soins de santé, des services sociaux et d’autres organismes de sécurité publique.

Plusieurs membres ont fait partie du CEDVF depuis sa création, en 2003. La composition du Comité a évolué au fil des ans afin de s’adapter à l’évolution des cas et à l’émergence de nouveaux enjeux. Dans certains cas, le CEDVF peut faire appel à des spécialistes externes.

Les membres de la famille ou d’autres intervenants peuvent-ils transmettre des renseignements au CEDVF dans le cadre d’un examen?

Les membres de la famille et d’autres intervenants peuvent transmettre des renseignements au CEDVF par l’intermédiaire du coroner régional principal de la région où l’homicide ou l’homicide-suicide a eu lieu. Les renseignements fournis dans le cadre de l’investigation initiale sont versés dans le dossier exhaustif transmis aux examinateurs du CEDVF.

Quels sont les renseignements examinés par le CEDVF ?

Le CEDVF examine tous les renseignements obtenus en vertu du pouvoir de saisie d’un coroner permettant d’éclaircir les circonstances entourant un décès dans le but de proposer d’éventuelles pistes d’intervention et de formuler des recommandations. Il examine les faits à partir des documents qu’il a en sa possession et n’analyse ni les médias ni les sources non officielles. Il ne rouvre pas d’enquêtes et n’émet pas de commentaires sur les techniques d’investigation ni sur les décisions judiciaires.

À quelles restrictions les renseignements examinés et le rapport final du CEDVF sont-ils assujettis?

Les renseignements recueillis et examinés par le Comité ainsi que son rapport final ne sont destinés qu’aux fins de l’investigation du coroner prévue par l’article 15 de la Loi sur les coroners, L.R.O. 1990, chap. C.37, dans sa version modifiée. Certaines restrictions d’accès aux dossiers peuvent donc s’appliquer, notamment lorsque ceux-ci portent sur des personnes qui sont encore en vie (p. ex., les agresseurs) et qu’ils sont donc protégés en vertu d’autres dispositions législatives relatives à la protection de la vie privée.

Tous les renseignements obtenus dans le cadre des investigations du coroner et transmis au CEDVF sont assujettis aux restrictions relatives à la confidentialité et à la protection des renseignements personnels de la Loi sur les coroners de l’Ontario et de la Loi sur l’accès à l’information et la protection de la vie privée. À moins de la tenue d’une enquête sur un ou des décès particuliers, et jusqu’à la tenue de cette enquête, la protection de la confidentialité et des renseignements personnels des personnes décédées et de celles concernées par les circonstances du décès prévaut. Par conséquent, les rapports contenant des renseignements personnels, les comptes rendus de réunion d’examen et tout autre document ou rapport produit par le CEDVF sont confidentiels et ne sont pas rendus publics. Les réunions d’examen ne sont pas publiques.

Facteurs de risque

Pourquoi est-il important de repérer les facteurs de risque?

Les facteurs de risque relevés lors des examens sont des facteurs de risque de létalité. Ils ne se limitent pas à prédire le risque qu’un acte de violence familiale non létal se reproduise. Le graphique 3 et le tableau 4 illustrent les tendances observées en cette matière lors des examens effectués entre 2003 et 2015. Dans 74 % des cas examinés au cours des 13 dernières années, le couple avait des antécédents de violence familiale. Dans 68 % des cas, le couple était séparé ou en instance de séparation. Parmi les autres facteurs les plus courants, mentionnons un comportement obsessionnel de l’agresseur, son état dépressif (diagnostiqué par un médecin ou observé par son entourage), une escalade de la violence, des antécédents de menaces ou de tentatives de suicide, des antécédents de menaces de mort à l’égard de la victime, une crainte intuitive de la victime à l’égard de l’agresseur et un agresseur sans emploi.

Certains facteurs de risque sont-ils plus importants que d’autres?

Les facteurs de risque répertoriés par le CEDVF ont tous la même « pondération ». Toutefois, certains d’entre eux (p. ex., cas antérieur d’étranglement de la victime) sont plus susceptibles de prédire le risque de létalité que d’autres, moins graves ou dont les répercussions sont moindres.

En quoi la présence de plusieurs facteurs de risque est-elle importante?

Dans 72 % des cas examinés entre 2003 et 2015, au moins sept facteurs de risque ont été relevés dans la relation entre la ou les victimes et l’agresseur.

La présence de plusieurs facteurs de risque dans une relation peut constituer un « signal d’alarme » nécessitant une interprétation et une intervention appropriées. Ainsi, l’observation de plusieurs facteurs de risque dans une relation peut permettre de mieux évaluer le risque de létalité et de déterminer s’il y a lieu de faire intervenir la justice pénale et les services sociaux (par exemple, des organismes de services sociaux et communautaires), notamment pour prendre des mesures de sécurité et encadrer la situation, dans le but de prévenir d’autres actes de violence et d’éventuels décès.

Quelle est l’importance des tendances observées en matière de facteurs de risque?

La présence récurrente de certains facteurs de risque peut révéler l’existence de lacunes persistantes dans plusieurs domaines comme la formation, l’information et la sensibilisation. Souvent, la famille, les amis et les collègues savaient que le couple avait une relation « ardue », mais ne semblaient pas savoir comment réagir de manière constructive. De même, dans bien des cas, la police, les services sociaux et d’autres organismes de soutien pourraient intervenir à un stade précoce, mais ces occasions sont souvent manquées. Les conseillers juridiques, la famille et les tribunaux criminels ratent également des occasions d’intervenir en amont pour protéger les victimes potentielles et offrir aux auteurs de violence familiale les services de conseil et de soutien dont ils ont cruellement besoin.

Comment interpréter les cas où le nombre de facteurs de risque est minime?

Sur l’ensemble des cas examinés, 13 % (voir tableau 4) comportaient trois facteurs de risque ou moins. L’absence de facteurs de risque peut influer sur la capacité des intervenants à prédire le risque de létalité, auquel cas la mise en œuvre de mesures préventives ou d’atténuation peut sembler injustifiée ou inutile. Dans la plupart des cas d’homicides-suicides mettant en cause des personnes âgées, peu de facteurs de risque ont été relevés. Lorsque le nombre de facteurs de risque observé est minime, l’issue tragique des événements est difficile à prédire et donc à prévenir.

Recommandations

Comment les recommandations sont-elles formulées et diffusées?

Si le CEDVF juge qu’il pourrait être utile d’apporter des changements ou de faire œuvre de sensibilisation sur des points précis relevés durant l’examen des circonstances entourant les décès dus à la violence familiale, il peut formuler des recommandations.

L’un des principaux objectifs du CEDVF est de formuler des recommandations destinées à prévenir d’autres décès semblables et à réduire la violence familiale en général. Celles-ci sont transmises aux organismes compétents par l’intermédiaire du président du CEDVF. La mention « pas de nouvelle recommandation » signifie qu’aucun point justifiant des recommandations n’a été relevé durant l’examen ou que le point ou le thème relevé a déjà donné lieu à une ou plusieurs recommandations dans un cas antérieur. Lorsqu’une recommandation formulée antérieurement peut être pertinente en l’occurrence, le CEDVF l’ajoute à titre d’information.

Les recommandations ont-elles force exécutoire?

Au même titre que les recommandations qui découlent des enquêtes du coroner, les recommandations du CEDVF n’ont pas force exécutoire, et les organismes ne sont pas tenus de les mettre en œuvre ou d’y donner suite. Néanmoins, ces derniers sont invités à informer la directrice de la gestion des comités de l’avancement de la mise en œuvre des recommandations dans l’année qui suit leur transmission.

Bien qu’elles n’aient pas force exécutoire, les recommandations visent à favoriser le dialogue et à trouver des façons de prévenir les décès dus à la violence familiale dans la province.

Observe-t-on des constantes dans les recommandations?

Depuis sa création en 2003, le CEDVF a examiné 267 cas au total. Voici les thèmes généraux qui ressortent des examens :

  • Il est nécessaire de mieux sensibiliser le public et les professionnels concernés (médecins, thérapeutes, avocats, policiers, etc.) à l’évaluation et à l’encadrement des risques liés à la violence conjugale.
  • Il existe un besoin permanent de sensibilisation du public, notamment des voisins, des amis et des familles des victimes ou des victimes potentielles.
  • Il y a peut-être lieu d’accorder une attention particulière à certaines catégories de population pour résoudre les problèmes de violence conjugale propres à leur milieu ou à leur situation, notamment les personnes âgées ou les communautés ethniques ou religieuses où l’inégalité des sexes est ancrée dans les valeurs culturelles traditionnelles. [Note : Malgré les efforts importants déployés pour lutter contre la violence familiale dans ces groupes, les examens du CEDVF continuent de révéler des incohérences dans les ressources, les services et les interventions qui leur sont proposés.]
  • Les politiques publiques relatives à la violence en milieu de travail, à l’intimidation et au harcèlement criminel (notamment au harcèlement en ligne) continuent d’évoluer.
  • Les problèmes de santé mentale aggravent les risques de violence conjugale.
  • Il importe de repérer et évaluer les facteurs de risque (en particulier les plus courants comme les antécédents de violence familiale, une séparation effective ou imminente ou un état dépressif) lors des interactions avec les victimes (ou les victimes potentielles) et de mettre en place des plans de sécurité.
  • Problèmes financiers et autres facteurs de stress (p. ex., des problèmes de santé).
  • Toxicomanie chez les victimes ou les agresseurs.
  • Garde des enfants, décisions du tribunal de la famille, préoccupations en matière de bien-être des enfants et répercussions sur la violence conjugale.

Les recommandations font-elles l’objet d’un suivi?

Les organismes sont invités à répondre au Bureau du coroner en chef sur l’avancement de la mise en œuvre des recommandations dans l’année qui suit leur publication. De même que pour les recommandations découlant des enquêtes du coroner, ils sont encouragés à s’« autoévaluer » à cet égard. Le Bureau du coroner en chef ne met pas en cause les réponses reçues.

Les réponses des organismes sont des documents publics pouvant être obtenus sur demande au Bureau du coroner en chef.

Rapports du CEDVF

Les rapports du CEDVF sont-ils accessibles au public?

Pour obtenir les versions des rapports finaux individuels – caviardées –, communiquer avec le Bureau du coroner en chef à occ.inquiries@ontario.ca.

 

Chapitre 4 : Perspectives

Le CEDVF recueille, analyse et interprète des données sur les homicides dus à la violence familiale en Ontario depuis maintenant 13 ans. Grâce à une validation quantitative et qualitative des tendances et des thèmes observés dans ses examens, sa compréhension des dynamiques et des enjeux complexes à l’origine des homicides familiaux progresse. Les données recueillies fournissent aux chercheurs un fonds unique et exhaustif d’information détaillée sur les victimes et les auteurs d’homicide dû à la violence familiale qui n’est pas toujours recueillie ou analysée par d’autres organismes.

Le CEDVF continuer d’examiner les multiples répercussions sociétales, juridiques et culturelles de la violence familiale en Ontario. L’enrichissement de sa base de données permettra d’approfondir l’analyse et l’interprétation de l’information dans le but ultime d’assister les chercheurs, les décideurs, les praticiens du droit, les médecins et le grand public dans la conception d’initiatives de réduction des homicides dus à la violence familiale en Ontario.

Ces 13 premières années ont prouvé que le changement était possible et que, par la collaboration multidisciplinaire, nous pouvons continuer à tirer des leçons du passé afin d’améliorer la sécurité en Ontario.

 

Annexe A : Mandat du CEDVF

Raison d’être

Le Comité d’examen des décès dus à la violence familiale (CEDVF) assiste le Bureau du coroner en chef dans ses investigations et ses examens des décès dus à la violence familiale, et formule des recommandations visant à prévenir d’autres décès semblables.

Définition de « décès dus à la violence familiale »

Décès d’une personne ou de l’un ou de plusieurs de ses enfants à la suite d’un homicide perpétré par le partenaire ou l’ancien partenaire intime de ladite personne.

Objectifs

  1. Effectuer et coordonner un examen confidentiel et multidisciplinaire des décès dus à la violence familiale en vertu du paragraphe 15 (4) de la Loi sur les coroners, L.R.O. 1990, chap. C.37, dans sa version modifiée.
  2. Apporter son expertise au coroner en chef sur les circonstances des événements ayant mené au décès dans chaque cas examiné.
  3. Créer et tenir à jour une base de données détaillée sur les victimes et les auteurs d’homicide dus à la violence familiale ainsi que sur les circonstances entourant les décès.
  4. Relever la présence ou l’absence de problèmes, de lacunes ou d’insuffisances systémiques dans chaque cas examiné afin de faciliter la formulation de recommandations de prévention appropriées.
  5. Repérer les tendances, les facteurs de risque et les points communs qui se dégagent des cas examinés afin de recommander des stratégies efficaces d’intervention et de prévention.
  6. Mener ou favoriser des activités de recherche selon les besoins.
  7. Favoriser les activités d’information en recensant les problèmes systémiques constatés et :
  • en les communiquant aux organismes compétents pour qu’ils prennent les mesures qui s’imposent;
  • en participant à l’élaboration de protocoles de prévention, au besoin;
  • en publiant de l’information pédagogique, au besoin.

8.         Remettre au coroner en chef un rapport annuel sur les tendances, les facteurs de risque et les points communs relevés lors des examens, et formuler, à partir des données globales recueillies, des recommandations visant à prévenir d’autres décès semblables.

Note : Les objectifs et les activités du CEDVF sont toujours assujettis aux restrictions imposées par le paragraphe 18 (2) de la Loi sur les coroners de l’Ontario et par la Loi sur l’accès à l’information et la protection de la vie privée.

 

Annexe B

Description des facteurs de risque (mise à jour : 2015)

Agresseur = principal auteur des violences dans la relation.

Victime = principale cible des violences ou des mauvais traitements infligés par l’agresseur.

Antécédents de l’agresseur

Antécédents de l’agresseur

Définition

1

Victime de mauvais traitements ou témoin de violence familiale durant l’enfance

Dans son enfance ou à l’adolescence, l’agresseur a été victime ou témoin d’actes, de tentatives ou de menaces de violence familiale ou de mauvais traitements.

2

Témoin de comportements suicidaires dans sa famille d’origine

- Dans son enfance ou à l’adolescence, l’agresseur a été témoin de comportements suicidaires ou de tentatives ou de menaces de suicide dans sa famille d’origine.
- Un proche de l’agresseur (p. ex., une gardienne) a tenté de se suicider ou a mis fin à ses jours.

Statut familial et économique

Statut familial et économique

Définition

3

Jeunesse du couple

La victime et l’agresseur avaient entre 15 et 24 ans.

4

Différence d’âge des partenaires

La femme était en couple avec un partenaire beaucoup plus âgé ou plus jeune qu’elle. La différence d’âge est généralement de neuf ans ou plus.

5

Union de fait de la victime et de l’agresseur

La victime et l’agresseur vivaient ensemble.

6

Séparation effective ou imminente

- L’un des partenaires voulait mettre fin à la relation.
- L’agresseur était séparé de la victime, mais voulait renouer avec elle.
- Le couple s’était séparé soudainement ou récemment.
- La victime avait fait appel à un avocat et voulait se séparer ou divorcer de l’agresseur.

7

Nouveau partenaire de la victime

La victime avait un nouveau partenaire ou l’agresseur considérait qu’elle en avait un.

8

Différends portant sur la garde d’un enfant ou le droit de visite

Tout différend concernant la garde d’un enfant, sa prise en charge ou les contacts avec ce dernier (une procédure judiciaire était en cours ou un tiers avait eu connaissance des différends).

9

Présence de beaux-enfants à la maison

Tout enfant qui n’est pas biologiquement lié à l’agresseur.

10

Agresseur sans emploi

Avoir un emploi signifie travailler à temps plein ou presque (y compris à son compte). Être sans emploi signifie changer fréquemment de travail ou ne pas avoir de source de revenus pendant des périodes prolongées. Le recours à un programme gouvernemental d’aide au revenu (POSPH, indemnisation des accidents du travail, assurance-emploi, etc.) est considéré comme une absence d’emploi.

Santé mentale de l’agresseur

Santé mentale de l’agresseur

Définition

11

Toxicomanie

Au cours de l’année précédant les faits, une consommation excessive d’alcool ou de drogue, dénotant une possible dépendance, a été observée chez l’agresseur, que celui-ci ait ou non suivi un traitement. Une augmentation de la consommation ou un changement de caractère ou de comportement directement lié à la consommation d’alcool ou de drogue peut être le signe d’une consommation excessive. Par exemple, l’entourage de l’agresseur disait que ce dernier était toujours ivre ou affirmait ne l’avoir jamais vu sans un verre de bière à la main. Cette dépendance peut avoir détérioré la santé ou le fonctionnement social de l’agresseur (surdose, perte d’emploi, arrestation, etc.). Sont inclus ici les observations de la famille, d’amis et de connaissances révélant une inquiétude ou un mécontentement lié au problème d’alcool ou de drogue ainsi que toute tentative visant à convaincre l’agresseur de cesser d’en consommer.

12

Dépression – selon la famille, les amis ou les connaissances

Selon la famille, les amis ou les connaissances de l’agresseur, celui-ci présentait des symptômes de dépression, qu’il ait ou non suivi un traitement.

13

Dépression – diagnostic d’un professionnel

Un diagnostic de dépression avait été posé par un professionnel de la santé mentale (médecin de famille, psychiatre, psychologue, infirmier praticien, etc.), que l’agresseur ait suivi ou non un traitement. Les symptômes doivent figurer dans le DSM-IV.

14

Autre problème psychiatrique ou de santé mentale

Par exemple : psychose, schizophrénie, trouble bipolaire, manie, trouble obsessionnel-compulsif, etc.

15

Antécédents de menaces de suicide

Au cours des six mois précédant les faits, l’agresseur a posé des actes ou tenu des propos laissant croire qu’il avait l’idée ou l’intention de se suicider, même si l’acte ou les propos n’ont pas été pris au sérieux. Ces propos peuvent avoir été tenus verbalement, couchés par écrit ou laissés sur un répondeur. Ils peuvent être explicites (p. ex., « Si tu me quittes, je me tue » ou « Je ne peux pas vivre sans toi ») ou implicites (p. ex., « Le monde se porterait mieux sans moi »). Un acte serait, par exemple, le fait pour l’agresseur de se débarrasser de choses auxquelles il tient beaucoup.

16

Antécédents de tentatives de suicide

Tout comportement suicidaire (avaler des comprimés, se mettre un couteau sous la gorge, etc.) survenu au cours des six mois précédant les faits, même si le comportement n’a pas été pris au sérieux ou n’a pas nécessité d’arrestation, de soins médicaux ou d’internement psychiatrique. Le comportement peut avoir divers degrés de gravité, allant de coupures superficielles aux poignets à une blessure par balle ou à une pendaison.

Attitude, harcèlement ou violence de l’agresseur

Attitude, harcèlement ou violence de l’agresseur

Définition

17

Comportement obsessionnel

Tout acte ou comportement de l’agresseur indiquant une préoccupation intense à l’égard de la victime. Par exemple, suivre ou épier la victime, l’appeler constamment ou la combler de cadeaux.

18

Violation d’une ordonnance émise par une autorité

L’agresseur avait enfreint une ordonnance d’un tribunal criminel, civil ou de la famille, les modalités d’une libération conditionnelle, une ordonnance de surveillance dans la collectivité, de non-communication, de mise en liberté sous caution, de probation ou d’injonction, un cautionnement, etc.

19

Jalousie sexuelle

L’agresseur accusait constamment la victime d’infidélité, la questionnait sans arrêt, cherchait des preuves, mettait la fidélité de la victime en doute et la traquait parfois.

20

Attitude misogyne

L’agresseur détestait les femmes ou avait de forts préjugés. Cette attitude peut s’exprimer ouvertement par des propos haineux ou plus subtilement par des convictions selon lesquelles les femmes sont faites pour les travaux ménagers ou toutes les femmes sont des « putains ».

21

Destruction ou dépossession de biens de la victime

Tout événement par lequel l’agresseur avait l’intention d’endommager un bien appartenant, en totalité ou en partie, à la victime ou ayant appartenu à l’agresseur. Par exemple, crever les pneus de la voiture de la victime, casser ses fenêtres ou lancer des objets sur sa résidence. Tous les événements de cette nature sont pris en compte, qu’il y ait eu ou non accusation ou condamnation.

22

Antécédents de violence à l’extérieur de la famille

Toute agression ou tentative d’agression visant une personne n’entretenant pas, ou n’ayant pas entretenu, de relation intime avec l’agresseur (amis, connaissances, étrangers). L’événement ne doit pas nécessairement avoir donné lieu à des accusations ou à une condamnation, mais il peut être attesté par un document écrit (rapport de police, dossier médical, etc.) ou des témoins (famille, amis, voisins, collègues, thérapeutes, personnel médical, etc.).

23

Antécédents de violence familiale – ex-partenaires

Tout acte ou toute tentative ou menace de mauvais traitements (physiques, émotionnels, psychologiques, financiers, sexuels, etc.) envers un(e) ex-partenaire intime. L’événement ne doit pas nécessairement avoir donné lieu à des accusations ou à une condamnation, mais il peut être attesté par un document écrit (rapport de police, dossier médical, etc.) ou des témoins (famille, amis, voisins, collègues, thérapeutes, personnel médical, etc.). Par exemple, un voisin a tout simplement entendu l’agresseur crier après la victime, ou un collègue de travail a remarqué chez la victime des ecchymoses donnant l’impression d’une violence physique.

24

Antécédents de violence familiale – partenaire actuel ou actuelle (victime)

Tout acte ou toute tentative ou menace de mauvais traitements (physiques, émotionnels, psychologiques, financiers, sexuels, etc.) envers son ou sa partenaire intime actuel ou actuelle. L’événement ne doit pas nécessairement avoir donné lieu à des accusations ou à une condamnation, mais il peut être attesté par un document écrit (rapport de police, dossier médical, etc.) ou des témoins (famille, amis, voisins, collègues, thérapeutes, personnel médical, etc.). Par exemple, un voisin a tout simplement entendu l’agresseur crier après la victime, ou un collègue de travail a remarqué chez la victime des ecchymoses donnant l’impression d’une violence physique.

25

Menaces de mort à l’égard de la victime

Tous propos adressés à la victime, ou à une autre personne, dans l’intention de lui faire craindre pour la vie de la victime. Ces propos peuvent avoir été tenus verbalement, couchés par écrit ou laissés sur un répondeur. Les menaces peuvent être explicites, allant de « Je vais te tuer » à « Tu vas payer pour ce que tu as fait », en passant par « Si je ne peux pas t’avoir, personne ne t’aura » ou « Je te revaudrai ça ».

26

Menaces armées

Tout événement où l’agresseur a menacé la victime de se servir d’une arme (arme à feu, couteau, etc.) ou d’un autre objet utilisé comme une arme (bâton, branche, outil de jardinage, véhicule, etc.) dans le but de lui faire peur. Cette menace peut avoir été explicite (p. ex., « Je vais t’enfoncer une balle » ou « Je vais te passer sur le corps avec mon auto ») ou implicite (brandir un couteau ou mentionner « J’ai acheté un pistolet aujourd’hui »). Note : Ne sont pas incluses ici les menaces proférées avec une partie du corps (p. ex., lever le poing).

27

Agression armée

Toute agression ou tentative d’agression de la victime avec une arme (arme à feu, couteau, etc.) ou un autre objet utilisé comme une arme (bâton, branche, outil de jardinage, véhicule, etc.). Note : N’est pas incluse ici la violence infligée avec des parties du corps (poing, pied, coude, tête, etc.).

28

Tentative d’isolement de la victime

Tout comportement sans contact physique – efficace ou non – destiné à empêcher la victime d’entrer en contact avec d’autres personnes. L’agresseur peut avoir utilisé différentes tactiques psychologiques (p. ex., culpabilisation) pour dissuader la victime de voir sa famille, ses amis ou d’autres connaissances dans la collectivité (p. ex., « Si tu t’en vas, ne pense même pas à revenir » ou « Je n’aime pas que tes parents viennent nous voir » ou « Si tu invites tes amis ici, je te quitte. »).

29

Contrôle de la plupart ou de la totalité des activités quotidiennes de la victime

Toute action ou tentative – efficace ou non – destinée à dominer complètement la victime. Par exemple :
- lorsque l’agresseur autorisait la victime à sortir en public, il l’obligeait à lui dire tous les endroits et toutes les personnes qu’elle avait fréquentés;
- l’agresseur empêchait la victime de gérer ses finances (il lui donnait une allocation, lui interdisait de travailler, etc.).

30

Prise d’otage ou séquestration

Toute action ou tentative – efficace ou non – visant à limiter la victime dans ses mouvements. Par exemple, séquestrer la victime (p. ex., l’enfermer dans une pièce), lui interdire de se servir du téléphone (p. ex., débrancher l’appareil lorsqu’elle tente de l’utiliser) ou l’empêcher d’utiliser un moyen de transport (p. ex., s’emparer des clés de l’auto ou les dissimuler). L’agresseur peut avoir usé de violence (p. ex. empoigner, frapper la victime, etc.) ou être demeuré passif (p. ex., se tenir devant une sortie pour la bloquer) pour se faire obéir.

31

Acte sexuel forcé ou agression lors d’une relation sexuelle

Toute action, tentative ou menace de l’agresseur – efficace ou non – destinée à forcer la victime à avoir un rapport sexuel (de quelque nature que ce soit) avec lui. Sont aussi incluses ici les agressions contre la victime, de quelque nature que ce soit (morsure, égratignure, coup de poing, étouffement, etc.), durant une relation sexuelle.

32

Étranglement de la victime

Toute tentative d’étranglement de la victime (distincte de l’événement ayant entraîné la mort), peu importe le moyen (mains, bras, corde, etc.). Note : Ne sont pas incluses ici les tentatives d’étouffement (p. ex., à l’aide d’un oreiller).

33

Violence contre un animal de compagnie de la famille

Tout geste dirigé contre un animal de compagnie de la victime, ou un ancien animal de compagnie de l’agresseur, dans le but de faire souffrir la victime ou de lui faire peur. Il peut s’agir d’enlever, de torturer ou de tuer l’animal. Ne pas confondre un geste de cette nature avec une correction infligée à l’animal pour un problème de comportement.

34

Agression de la victime pendant qu’elle est enceinte

Toute forme ou tentative de violence, allant d’une bousculade ou d’une gifle au visage à des coups de poing ou de pied au ventre. La principale caractéristique de ce facteur est que la victime était enceinte au moment de l’agression et que l’agresseur le savait.

35

Escalade de la violence

Les mauvais traitements (physiques, psychologiques, émotionnels, sexuels, etc.) infligés à la victime par l’agresseur augmentaient en fréquence ou en gravité. L’escalade peut se traduire par des visites plus fréquentes chez le médecin ou par la multiplication des plaintes auprès ou en provenance de la famille, d’amis ou d’autres connaissances.

36

Menaces ou mauvais traitements envers ses enfants

Tout acte ou toute tentative ou menace de mauvais traitements (physiques, émotionnels, psychologiques, financiers, sexuels, etc.) envers les enfants de la famille. L’événement ne doit pas nécessairement avoir donné lieu à des accusations ou à une condamnation, mais il peut être attesté par un document écrit (rapport de police, dossier médical, etc.) ou des témoins (famille, amis, voisins, collègues, thérapeutes, personnel médical, etc.).

37

Forte minimisation ou négation complète des antécédents de violence conjugale

- La victime, un parent, un ami ou une connaissance avait mis l’agresseur face à ses responsabilités, et ce dernier avait refusé de mettre fin à son comportement ou de suivre un traitement (p. ex., programme d’intervention auprès des partenaires violents).
- L’agresseur avait nié les agressions antérieures, en bloc ou en partie, avait nié toute responsabilité dans les agressions (p. ex., a jeté le blâme sur la victime) ou avait nié les conséquences graves de l’agression (p. ex., « Elle n’était pas vraiment blessée »).

 

Accès

Accès

Définition

38

Possession d’armes à feu ou accès à ces armes

L’agresseur conservait des armes à feu à son domicile, à son travail ou à un autre endroit situé à proximité (p. ex., domicile d’un ami, stand de tir). Est inclus ici l’achat, par l’agresseur, de toute arme à feu au cours de l’année précédant les faits, quel qu’en soit le motif.

39

Contact avec la victime après l’évaluation des risques

Malgré la détection de risques lors d’une évaluation officielle (p. ex., par un professionnel de la santé mentale devant un tribunal) ou non officielle (p. ex., par un intervenant des services d’aide aux victimes d’une maison d’hébergement), l’agresseur était resté en contact avec la victime.

État d’esprit de la victime
 

État d’esprit de la victime

Définition

40

Crainte intuitive de la victime à l’égard de l’agresseur

La victime est la personne qui connaît le mieux l’agresseur et qui peut estimer, sans se tromper, le niveau de risque. Des propos comme « Je crains pour ma vie », « Je pense qu’il va me faire du mal », « Je dois protéger mes enfants » indiquent clairement un risque grave.

 

Annexe C : Résumé détaillé des cas examinés en 2015

Examens complets (2015)

Examens complets (2015)
Cas Année du décès Homicides Homicide-suicide Nombre de victimes Âge des victimes Victime femme Victime homme Victime enfant Âge de l’agresseur Agresseur Agresseuse Nombre de facteurs de risque Nombre de recommandations Thèmes
1 2011 1 1 26 1 28 1 9 3 Danger en situation de séparation, immigrants
2 2012 1 1 27 1 24 1 9 0 Santé mentale, toxicomanie
3 2011 1 1 19 1 22 1 20 7 Santé mentale, problèmes financiers, cohésion familiale
4 2011 1 1 46 1 56 1 13 3 Famille/amis, gestion des risques, stratégies à l’intention des hommes
5 2011 1 1 43 1 46 1 5 0 Santé mentale
6 2012 1 1 88 1 88 1 4 5 Santé mentale, personnes âgées
7 2012 1 1 52 1 65 1 7 0 Danger en situation de séparation, accès à des armes à feu
8 2011 1 1 43 1 46 1 14 1 Santé mentale, toxicomanie, évaluation des risques, famille/amis
9 2011 1 1 51 1 54 1 13 0 Problèmes financiers, toxicomanie, danger en situation de séparation
10 2011 1 1 27 1 27 1 16 0 Santé mentale, problèmes financiers, danger en situation de séparation
11 2011 1 1 43 1 47 1 10 0 Danger en situation de séparation, lieu de travail
12 2010 1 1 25 1 24 1 2 0 Antécédents de violence familiale
13 2011 1 1 42 1 41 1 7 0 Santé mentale, toxicomanie, danger en situation de séparation, divergences culturelles
14 2012 1 1 43 1 43 1 9 4 Danger en situation de séparation, amis/famille
15 2011 1 1 41 1 43 1 5 0 Danger en situation de séparation, santé mentale
16 2012 1 1 70 1 74 1 2 2 Personnes âgées, santé mentale
17 2012 1 1 6 1 1 43 1 6 0 Danger en situation de séparation
18 2011 1 1 29 1 25 1 6 0 Famille/amis, pornographie
19 2011 1 1 29 1 32 1 12 0 Famille/amis, toxicomanie, santé mentale
20 2012 1 1 41 1 40 1 3 0 Danger en situation de séparation
21 2011 1 1 31 1 51 1 8 0 Toxicomanie, victime vulnérable
 

Examens de la direction (2015)

Examens de la direction (2015)
Cas Année du décès Homicides Homicide-suicide Nombre de victimes Âge des victimes Victime femme Victime homme Victime enfant Âge de l’agresseur Agresseur Agresseuse Nombre de facteurs de risque Nombre de recommandations Thèmes
EX-01 2002 1 1 77 1 87 1 0 0 Personnes âgées
EX-02 2004 1 1 51 1 57 1 6 0 Violence familiale répétée, santé mentale
EX-03 2004 1 1 34 1 36 1 3 0 Problèmes financiers, garde des enfants, occasions d’intervention du public, de la famille ou des amis
EX-04 2005 1 1 24 1 36 1 24 0 Occasions d’intervention du public, de la famille ou des amis, problèmes de santé mentale, probation, immigration, antécédents de violence familiale
EX-05 2006 1 1 55 1 70 1 7 0 Occasions d’intervention du public, de la famille ou des amis
EX-06 2006 1 3 0.5 3 38 1 1 1 1 1 40 1 6 0 Problèmes de santé mentale
EX-07 2006 1 1 29 1 19 1 7 0 Occasions d’intervention du public, de la famille ou des amis, danger en situation de séparation
EX-08 2006 1 1 34 1 45 1 13 0 Occasions d’intervention du public, de la famille ou des amis, problèmes de santé mentale, antécédents de violence familiale, facteurs stressants/divergences culturelles
EX-09 2006 1 1 19 1 18 1 12 0 Jalousie, intervention de la police, occasions d’intervention du public, de la famille ou des amis
EX-10 2006 1 1 18 1 19 1 9 0 Jalousie, occasions d’intervention du public, de la famille ou des amis
EX-11 2006 1 1 35 1 45 1 9 0 Violation d’une ordonnance de mise en liberté sous caution ou d’une injonction, responsabilités des cautions
EX-12 2006 1 1 31 1 35 1 16 0
EX-13 2006 1 2 32 1 49 1 11
EX-13 2011 28 1
EX-14 2006 1 1 36 1 34 1 0 0 Problèmes financiers, agresseurs ayant été victimes de violence familiale et occasions d’intervention du public, de la famille ou des amis
EX-15 2006 1 2 25 35 1 1 35 1 4 0 Jalousie, danger en situation de séparation
EX-16 2007 1 1 32 1 34 1 4 0 Problèmes financiers, toxicomanie, agresseurs ayant été victimes de violence familiale
EX-17 2007 1 1 22 1 38 1 6 0
EX-18 2007 1 1 27 1 30 1 5 0 Problèmes financiers, jalousie, occasions d’intervention du public, de la famille ou des amis
EX-19 2007 1 1 25 1 29 1 3 0 Problèmes financiers, problèmes de santé ou de santé mentale
EX-20 2007 1 2 22 24 1 1 27 1 10 0 Danger en situation de séparation, occasions d’intervention du public, de la famille ou des amis
EX-21 2010 1 1 32 1 35 1 13 0 Garde des enfants, occasions d’intervention du public, de la famille ou des amis, immigration, danger en situation de séparation
EX-22 2008 1 1 32 1 48 1 11 0 Problèmes liés à la garde des enfants, accès à des armes à feu
EX-23 2008 1 1 53 1 60 1 10 0 Facteurs stressants/divergences culturelles, problèmes de santé mentale, danger en situation de séparation
EX-24 2008 1 1 42 1 38 1 3 0 Problèmes liés à la garde des enfants, sensibilisation des avocats en droit de la famille, danger en situation de séparation
EX-25 2008 1 1 44 1 50 1 8 0 Occasions d’intervention du public, de la famille ou des amis
EX-26 2008 1 1 31 1 22 1 7 0 Occasions d’intervention du public, de la famille ou des amis
EX-27 2008 1 1 58 1 56 1 10 0 Occasions d’intervention du public, de la famille ou des amis, sensibilisation des avocats en droit de la famille, intervention de la police
EX-28 2008 1 1 53 1 52 1 6 0 Occasions d’intervention du public, de la famille ou des amis, danger en situation de séparation, problèmes de santé mentale
EX-29 2009 1 1 41 1 39 1 10 0 Problèmes liés à la garde des enfants, intervention de la police (recours au rapport supplémentaire sur la violence familiale), immigration, relations criminelles et relations familiales instables
EX-30 2009 1 1 28 1 30 1 0 0
EX-31 2009 1 1 52 1 40 1 10 0 Occasions d’intervention du public, de la famille ou des amis, problèmes financiers, toxicomanie, antécédents de violence familiale
EX-32 2009 1 1 47 1 46 1 8 0 Danger en situation de séparation, occasions d’intervention du public, de la famille ou des amis
EX-33 2009 1 1 45 1 46 1 18 0 Problèmes de santé mentale, toxicomanie, occasions d’intervention du public, de la famille ou des amis, probation, sensibilisation des professionnels de la santé, agresseur à haut risque, nombreux antécédents de violence familiale, surveillance des agresseurs à haut risque, sensibilisation des médecins de famille
EX-34 2009 1 1 53 1 57 1 4 0 Facteurs stressants/divergences culturelles, victime vulnérable, danger en situation de séparation
EX-35 2009 1 1 36 1 21 1 11 0 Toxicomanie, probation, violence mutuelle, communautés rurales/autochtones, intervention de la police
EX-36 2009 1 1 33 1 33 1 14 0 Intervention de la police
EX-37 2009 1 1 19 1 23 1 7 0 Jalousie, danger en situation de séparation
EX-38 2009 1 1 29 1 30 1 14 0 Occasions d’intervention du public, de la famille ou des amis, danger en situation de séparation
EX-40 2010 1 1 46 1 43 1 5 0 Toxicomanie, danger en situation de séparation
EX-41 2010 1 1 25 1 23 1 6 0 Occasions d’intervention du public, de la famille ou des amis, toxicomanie, violence mutuelle
EX-42 2010 1 1 27 1 39 1 10 0 Occasions d’intervention du public, de la famille ou des amis
EX-43 2010 1 1 38 1 45 1 5 0 Occasions d’intervention du public, de la famille ou des amis, danger en situation de séparation, problèmes de santé mentale
EX-44 2010 1 1 28 1 26 1 12 0 Occasions d’intervention du public, de la famille ou des amis, victime vulnérable, probation
EX-45 2010 1 1 23 1 27 1 7 0 Problèmes de santé mentale, toxicomanie, occasions d’intervention du public, de la famille ou des amis
EX-46 2010 1 1 21 1 29 1 4 0 Sensibilisation des médecins, armes à feu, problèmes de santé mentale, occasions d’intervention du public, de la famille ou des amis
EX-47 2010 1 1 48 1 48 1 8 0 Danger en situation de séparation, sensibilisation des médecins, occasions d’intervention du public, de la famille ou des amis
EX-48 2010 1 1 44 1 51 1 8 0 Agresseur à haut risque présentant de nombreux antécédents de violence familiale, surveillance des agresseurs à haut risque, violence mutuelle, toxicomanie, communauté autochtone, probation
EX-49 2010 1 1 29 1 31 1 7 0 Garde des enfants, victime vulnérable
 

Annexe D

Résumé des cas et recommandations – Examens complets (2015)

Examens complets (2015)

Cas

Résumé

Recommandations

2015-01

Homicide d’une femme de 26 ans par son mari de 28 ans. Le couple, originaire du Soudan, avait émigré d’Égypte au Canada. La victime était enceinte de six mois.

Neuf facteurs de risque.

À l’intention des fournisseurs de soins obstétricaux (Ordre des sages-femmes, Collège des médecins de famille, Ordre des infirmières et infirmiers, Société des obstétriciens et gynécologues, Association médicale de l’Ontario), du ministère de la Santé et des Soins de longue durée, des écoles de médecine de l’Ontario et des écoles de sciences infirmières de l’Ontario :

  1.   Le programme-cadre des programmes prénataux devrait comprendre une présentation et de la documentation sur la violence contre les femmes (cf. programme « Talk to Me » de l’Hôpital Mount Sinai).

À l’intention du ministère des Affaires civiques, de l’Immigration et du Commerce international de l’Ontario et de Citoyenneté et Immigration Canada :

  1.   Les programmes offerts aux nouveaux arrivants qui tentent de s’adapter aux valeurs socioculturelles canadiennes devraient aborder le problème de la violence contre les femmes et offrir des ressources aux victimes.

À l’intention du ministère du Procureur général :

  1.    Les fournisseurs du Programme d’intervention auprès des partenaires violents (IPV) qui décèlent un risque élevé pour la victime lors de l’évaluation initiale de l’agresseur devraient en informer immédiatement la police, l’organisme ayant aiguillé la victime, la victime et l’agresseur.

2015-02

Homicide d’un homme de 27 ans par sa conjointe de fait de 24 ans. L’agresseuse et la victime présentaient tous deux des antécédents de toxicomanie.

Neuf facteurs de risque.

Pas de nouvelle recommandation.

2015-03

Homicide d’une femme de 19 ans par son petit ami de 22 ans. Antécédents de violence familiale et problèmes de santé mentale.

20 facteurs de risque.

À l’intention de la société d’aide à l’enfance concernée :

  1.   La société d’aide à l’enfance (SAE) qui est intervenue auprès de cette famille devrait procéder à un examen interne de son processus d’évaluation des risques de mauvais traitements, non seulement à l’égard de la négligence des enfants mais aussi en ce qui concerne la violence conjugale.

À l’intention du ministère des Services à l’enfance et à la jeunesse et de l’Association ontarienne des sociétés de l’aide à l’enfance :

  1.   Les sociétés d’aide à l’enfance devraient être fortement incitées à procéder à un examen interne lorsqu’un décès dû à la violence familiale survient dans une famille qui avait bénéficié de leurs services dans les 12 mois précédant le décès et où des problèmes de violence familiale avaient été constatés.

À l’intention du ministère des Services à l’enfance et à la jeunesse :

  1.   Le ministère des Services à l’enfance et à la jeunesse devrait mettre à jour et améliorer la formation offerte à toutes les SAE sur l’évaluation du risque de violence familiale et conjugale en fonction des résultats des études et des pratiques exemplaires les plus récentes. De plus, la formation des employés de première ligne et des superviseurs des SAE devrait aussi aborder la violence conjugale.

À l’intention des écoles de médecine de l’Ontario :

  1.   Toutes les écoles de médecine et leurs départements de psychiatrie devraient inclure la violence familiale, notamment l’évaluation des risques, la planification de la sécurité et l’encadrement des risques, dans leurs programmes de formation et leurs processus d’agrément. La sécurité est la priorité absolue, et il faut donc s’assurer que les personnes qui suivent cette formation, à tous les niveaux, acquièrent les compétences nécessaires en techniques d’évaluation et de gestion des risques.

À l’intention de la Canadian Professional Counsellors Association :

  1.   Il y a lieu d’utiliser ce cas pour sensibiliser les membres de la Canadian Professional Counsellors Association (CPCA) aux dynamiques de violence familiale et aux facteurs de risque de létalité, afin qu’ils puissent évaluer correctement les risques et bien conseiller leurs clients aux prises avec des problèmes relationnels.
  2.   Les dynamiques de violence familiale et les facteurs de risque de létalité devraient être au cœur de la formation continue des membres de la CPCA afin qu’ils puissent évaluer correctement les risques et bien conseiller leurs clients aux prises avec des problèmes relationnels.

À l’intention du service de police :

  1.   Le coordonnateur de la lutte contre la violence conjugale du service de police devrait examiner les diverses interactions que le service a eues avec la victime et l’agresseur, pour s’assurer que toutes les politiques, procédures et directives appropriées ont été suivies. S’il y a lieu, les leçons tirées de cet examen pourraient être intégrées à la formation continue des membres du service de police sur la violence familiale.

2015-04

Homicide d’une femme de 46 ans par son mari de 56 ans. Le couple avait des antécédents de violence familiale et l’agresseur avait récemment été accusé de voies de fait contre la fille de 18 ans du couple. La victime avait demandé le divorce.

13 facteurs de risque.

À l’intention du ministère du Procureur général :

  1.   Les services d’intervention auprès des partenaires violents (IPV) de la province devraient recevoir un financement spécial pour évaluer les situations de crise, intervenir au besoin, et offrir un soutien et des services de gestion des risques aux hommes accusés de voies de fait auprès d’un membre de leur famille en attente d’une décision du tribunal qui le souhaitent.

À l’intention du ministère de la Sécurité communautaire et des Services correctionnels (MSCSC) et des services de police de l’Ontario :

  1.   Le CEDVF rappelle aux services de police qui interviennent auprès d’un agresseur présentant des antécédents de violence familiale ayant commis des violences contre un enfant qu’ils devraient aiguiller ce dernier vers un programme d’intervention pour qu’il fasse l’objet d’une évaluation des risques et reçoive des services de gestion des risques à titre volontaire.

À l’intention du ministère de la Sécurité communautaire et des Services correctionnels (MSCSC) et des services de police de l’Ontario :

  1.   Le CEDVF rappelle aux services de police que leurs politiques et protocoles sur la violence familiale devraient prévoir la mise en place d’un plan de sécurité au domicile de la victime et une prestation complète de services à la victime, en collaboration avec le MPG et les procureurs de la Couronne, lorsqu’un agresseur, après avoir été mis en liberté, peut observer ou approcher ladite victime ou ses enfants. Les serrures devraient être changées et d’autres mesures de précaution prises dans le cadre du Programme d’intervention rapide auprès des victimes (PIRV).

2015-05

Homicide d’une femme de 43 ans par son mari de 46 ans. L’agresseur avait reçu un diagnostic de problèmes de santé mentale et ne prenait pas ses médicaments.

Cinq facteurs de risque.

Pas de nouvelle recommandation.

2015-06

Homicide-suicide d’un couple de personnes âgées mariées depuis 62 ans. La victime avait de graves problèmes de santé et l’agresseur était en proie à un stress important d’après le fournisseur de soins primaires.

Quatre facteurs de risque.

À l’intention du ministère de la Santé et des Soins de longue durée et de l’Association des centres d’accès aux soins communautaires de l’Ontario :

  1. Tous les fournisseurs de soins de santé qui travaillent avec des personnes âgées devraient être informés des facteurs de risque liés à la violence familiale et des homicides familiaux potentiels.

À l’intention du ministère de la Santé et des Soins de longue durée et de l’Association des hôpitaux de l’Ontario :

  1. Le ministère de la Santé et des Soins de longue durée, en collaboration avec l’Association des hôpitaux de l’Ontario, devrait concevoir des documents d’information sur les stratégies structurées d’évaluation et de gestion des risques dans le cadre d’un plan de soins visant à lutter contre la violence familiale (comparable au plan de prévention du suicide).
  2. La procédure d’accréditation des hôpitaux de l’Ontario devrait comprendre des politiques et des procédures d’évaluation et de gestion de la violence familiale chez les personnes âgées (p. ex., signalement des cas présentant des risques élevés et échange continu d’information entre les différents professionnels de la santé dans l’hôpital et la collectivité, tels qu’infirmiers, médecins, professionnels de la santé mentale et préposés aux services de soutien à la personne). Une approche coordonnée et intégrée des services gériatriques est essentielle.

À l’intention de la Direction de la condition féminine de l’Ontario :

  1. La Direction générale de la condition féminine de l’Ontario devrait élargir ses activités de sensibilisation du grand public pour traiter de la violence familiale chez les personnes âgées.

À l’intention de l’hôpital et du centre d’accès aux soins communautaires (CASC) concernés :

  1. L’hôpital et le CASC ayant fourni des soins à la victime devraient procéder à un examen interne afin de recenser les mesures de protection à prendre pour prévenir d’autres décès semblables. Ce cas pourrait être étudié dans le cadre de la formation du personnel.

2015-07

Homicide d’une femme de 52 ans par son mari de 65 ans, qui s’est ensuite suicidé. Le couple était en instance de séparation.

Sept facteurs de risque.

Pas de nouvelle recommandation.

2015-08

Homicide d’une femme de 43 ans par son mari de 46 ans, qui s’est ensuite suicidé.

14 facteurs de risque.

À l’intention des services de police de l’Ontario, de l’Association des chefs de police de l’Ontario et du ministère de la Sécurité communautaire et des Services correctionnels :

  1. Les services de police devraient être tenus d’effectuer une évaluation des risques à chaque signalement de violence familiale, qu’il existe ou non des antécédents de violence familiale et qu’une plainte ait été déposée ou non.

2015-09

Homicide d’une femme de 51 ans par son mari de 54 ans, qui s’est ensuite suicidé. Le couple et leurs trois enfants étaient soumis à de nombreux facteurs de stress comme des problèmes de jeu et d’alcool et des tentatives de suicide dans la famille.

13 facteurs de risque.

À l’intention de l’Association ontarienne des sociétés de l’aide à l’enfance :

  1. Les employés des sociétés d’aide à l’enfance devraient être informés du lien entre violence familiale et homicides familiaux, et donc du risque que la violence familiale représente pour leurs clients et leur famille. Ils pourraient ainsi prendre des mesures fondées sur des données probantes. L’AOSAE devrait songer à aborder ce sujet dans ses documents de formation initiale et de formation permanente.

À l’intention de l’Ontario Association of Marriage and Family Therapy et de l’Association des travailleuses et travailleurs sociaux de l’Ontario :

  1. L’Ontario Association of Marriage and Family Therapy et l’Association des travailleuses et travailleurs sociaux de l’Ontario devraient être encouragées à promouvoir le perfectionnement professionnel en matière de prévention des homicides familiaux (p. ex., lire les rapports annuels du CEDVF et se pencher sur les liens entre violence familiale et homicide familial).

À l’intention de la Direction générale de la condition féminine de l’Ontario et du ministère des Services à l’enfance et à la jeunesse :

  1. La Direction générale de la condition féminine de l’Ontario et le ministère des Services à l’enfance et à la jeunesse devraient financer conjointement un organisme chargé de mener une étude sur les facteurs augmentant le risque de décès d’un adulte ou d’un enfant lorsqu’il est avéré que la vie d’un enfant est en danger en raison de violences familiales.

2015-10

Homicide d’une femme de 27 ans par son petit ami de 27 ans. L’agresseur avait des antécédents de problèmes de santé mentale importants.

16 facteurs de risque.

Pas de nouvelle recommandation.

2015-11

Homicide d’une femme de 43 ans par son mari de 47 ans, qui s’est ensuite suicidé. Le couple venait de se séparer.

10 facteurs de risque.

Pas de nouvelle recommandation.

2015-12

Homicide d’un homme de 25 ans par sa partenaire de 24 ans. Le couple avait de nombreux antécédents de violence familiale. La victime était à l’origine de la plupart des violences. Une société d’aide à l’enfance était intervenue.

Deux facteurs de risque.

Pas de nouvelle recommandation.

2015-13

Homicide d’une femme de 42 ans par son mari de 41 ans. Le couple était en instance de séparation et les deux partenaires avaient fait appel à un avocat. L’agresseur avait de graves problèmes de santé mentale et de toxicomanie.

Sept facteurs de risque

Pas de nouvelle recommandation.

2015-14

Homicide d’une femme de 43 ans par son mari de 43 ans. L’agresseur a été abattu par la police. Le couple était en instance de séparation et s’affrontait depuis longtemps sur des questions de droit de la famille.

Neuf facteurs de risque.

À l’intention du ministère du Procureur général :

  1. Les campagnes et les programmes de sensibilisation destinés aux couples en instance de divorce et à leurs proches devraient mettre l’accent sur le risque d’escalade de la violence, et encourager les personnes dont le divorce est hautement conflictuel à demander de l’aide, et celles ayant des pensées suicidaires ou d’homicide à avoir recours à des services d’évaluation et de gestion des risques.

À l’intention du Barreau du Haut-Canada :

  1. Le Barreau du Haut-Canada devrait s’assurer que les avocats en droit de la famille qui pourraient être amenés à résoudre des litiges hautement conflictuels portant sur la garde des enfants ou le droit de visite reçoivent une formation juridique appropriée sur les liens entre pensées suicidaires et risque d’homicide.

À l’intention des universités offrant des programmes de travail social, de psychologie et de médecine, de l’Ordre des médecins et chirurgiens de l’Ontario, de l’Ordre des travailleurs sociaux et des techniciens en travail social de l’Ontario, de l’Ordre des psychologues, de l’Ordre des infirmières et infirmiers et de l’Ontario Association of Marriage and Family Therapists :

  1. Les doyens et les présidents du conseil des départements de travail social, de psychologie et de médecine devraient veiller à ce que des cours sur la violence familiale et sur l’évaluation et la gestion des risques soient offerts. Les ordres professionnels devraient échanger de l’information sur le lien entre dépression, pensées suicidaires et homicide familial.

À l’intention du ministère du Procureur général :

  1. Le ministère du Procureur général devrait mettre sur pied un comité interdisciplinaire chargé d’examiner et de réviser les règles en matière de droit de la famille pour obliger chaque plaideur à remplir et à présenter au tribunal, en même temps que les autres documents de procédure habituels, un « formulaire d’évaluation du conflit » qui fournirait des renseignements pouvant être mesurés au moyen d’outils d’évaluation des risques de méfaits encourus par l’une ou l’autre des parties.

2015-15

Homicide d’une femme de 41 ans par son mari de 43 ans. Le couple était en instance de séparation.

Cinq facteurs de risque.

Pas de nouvelle recommandation.

2015-16

Homicide d’une femme de 70 ans par son mari de 74 ans, qui s’est ensuite suicidé. Le couple était marié depuis 42 ans. L’agresseur avait des antécédents de dépression et avait déjà tenté de se suicider.

Deux facteurs de risque.

À l’intention du ministère de la Santé et des Soins de longue durée, du ministère de la Sécurité communautaire et des Services correctionnels, du ministère du Procureur général (services aux victimes), du Secrétariat aux affaires des personnes âgées de l’Ontario, de l’Association des centres d’accès aux soins communautaires de l’Ontario, de la Direction générale de la condition féminine de l’Ontario et de l’Ordre des médecins et chirurgiens de l’Ontario :

  1. Les fournisseurs de soins de santé, les services de police, les services aux victimes, les centres d’accès aux soins communautaires, la Direction générale de la condition féminine de l’Ontario et les familles devraient recevoir de l’information et une formation améliorées sur les risques accrus d’homicides-suicides dus à la violence conjugale chez les couples de personnes âgées, en particulier si leur santé se détériore ou si un changement majeur survient dans leur vie.

À l’intention du ministère de la Santé et des Soins de longue durée, de l’Ordre des médecins et chirurgiens de l’Ontario, de l’Association des centres d’accès aux soins communautaires de l’Ontario et du Secrétariat aux affaires des personnes âgées de l’Ontario :

  1. Les fournisseurs de soins de santé devraient s’intéresser de près aux mécanismes ou aux possibilités de postobservation chez les couples de personnes âgées et déterminer, de concert avec la famille, les mesures à prendre lorsque l’un des partenaires est traité pour une dépression ou des problèmes de santé mentale, surtout s’il y a des signes de pensées suicidaires et en cas de tentatives de suicide ou d’hospitalisation à la suite d’une tentative de suicide.

2015-17

Homicide d’un garçon de 7 ans par son père de 43 ans, qui s’est ensuite suicidé. L’agresseur et sa femme (mère de la victime) étaient en instance de séparation.

Six facteurs de risque.

Pas de nouvelle recommandation.

2015-18

Homicide d’une femme de 29 ans par son mari de 25 ans.

Six facteurs de risque.

Pas de nouvelle recommandation.

2015-19

Décès d’une femme de 29 ans et suicide de son petit ami de 32 ans. Il n’a pas été possible de déterminer si la femme s’était suicidée ou si elle avait été victime d’un homicide. Le mode de décès est donc inconnu.

12 facteurs de risque.

Pas de nouvelle recommandation.

2015-20

Homicide d’une femme de 41 ans par son petit ami de 40 ans, avec qui elle entretenait une relation instable. La victime avait entamé une nouvelle relation.

Trois facteurs de risque.

Pas de nouvelle recommandation.

2015-21

Homicide d’une femme de 31 ans par son petit ami de 51 ans. La victime, toxicomane, travaillait dans l’industrie du sexe. L’agresseur la fournissait en drogue.

Huit facteurs de risque.

Pas de nouvelle recommandation.