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Synthese de voix locales novembre 2014

Sécurité et bien-être dans les collectivités de l’Ontario : Livret 2 - Synthèse de voix locales


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Message du Ministre
Message du président de l’Association des chefs de police de l’Ontario

Section 1 – Introduction

Section 2 – Méthode

Section 3 – Problèmes locaux signalés dans les collectivités

Section 4 – Pratiques locales prometteuses recensées dans les collectivités

Section 5 – La voie à suivre pour l’Ontario



Message du Ministre

La participation locale des collectivités de l’Ontario est essentielle au succès des pratiques axées sur la sécurité et le bien-être dans les collectivités de l’Ontario et sert d’assise à la présente synthèse. 

En 2013, des représentants du ministère de la Sécurité communautaire et des Services correctionnels ont parcouru la province et se sont rendus dans différentes collectivités afin d’enrichir les discussions actuelles sur la prévention de la criminalité et s’informer des pratiques locales prometteuses recensées et des problèmes locaux signalés dans ces collectivités. Je tiens à exprimer ma gratitude aux collectivités qui ont pris part aux discussions.

Au cours du processus de consultation, il est apparu évident que les organismes et les collectivités n’abordaient plus la prévention de la criminalité sous le même angle. Plus que jamais, différents secteurs préconisent la collaboration et l’intégration de tous les secteurs des services à la population afin de s’attaquer efficacement aux causes profondes de la criminalité et du désordre social et d’accroître la sécurité et le bien-être en Ontario.

Je suis heureux de constater que, partout dans la province, on collabore de façon constructive à des initiatives de sécurité et de bien-être dans les collectivités, et j’invite tous les secteurs à continuer de travailler ensemble à bâtir un Ontario plus fort et plus sûr.

L’honorable Yasir Naqvi, Ministère de la Sécurité communautaire et des Services correctionnels


Message du président de l’Association des chefs de police de l’Ontario

Bâtir des communautés sûres et saines est un objectif auquel tous les Ontariens et les Ontariennes souscrivent. Des gens de tous les milieux sont d’avis que lorsque chacun collabore pour prévenir la criminalité et la victimisation et renforcer la sécurité et le bien-être dans les collectivités, c’est la qualité de vie de tous qui s’améliore. C’est pourquoi les chefs de police de l’Ontario sont fermement déterminés à collaborer avec le gouvernement et les partenaires locaux à l’élaboration de pratiques axées sur la prévention de la criminalité et sur la sécurité et le bien-être dans les collectivités qui servent les intérêts de toute la population ontarienne.

Ce document met en évidence le dialogue avec les membres des collectivités facilité par le ministère de la Sécurité communautaire et des Services correctionnels en 2013. Au cours de ces discussions, ces membres ont fait connaître les questions prioritaires et les pratiques locales prometteuses dans leurs collectivités. Il est évident que la population ontarienne attache beaucoup d’importance à la prévention de la criminalité et à l’édification de collectivités saines et dynamiques. Le dialogue et la collaboration sont des outils puissants, et c’est pourquoi ce document est si important.

J’espère que vous prendrez le temps de lire ce que les membres de la collectivité ont exprimé et de réfléchir à la façon dont vous pouvez, vous aussi, contribuer à bâtir un Ontario plus fort. De par la fonction qu’ils exercent, les membres de l’Association des chefs de police de l’Ontario sont très conscients que le succès de la prévention de la criminalité et du renforcement de la sécurité et du bien-être dans les collectivités repose sur notre collaboration avec les différentes collectivités de l’Ontario. Seuls, les services de police ne peuvent relever ce défi, mais ensemble, nous pouvons améliorer la qualité de vie des citoyens de notre grande province.

Je vous remercie de l’intérêt que vous portez à la prévention de la criminalité et à l’édification de collectivités saines et dynamiques. Continuons à travailler ensemble à bâtir un Ontario plus sain et plus sûr.

Chef Jennifer Evans

Présidente de l’Association des chefs de police de l’Ontario


Section 1 − Introduction

Mise en contexte

Le ministère de la Sécurité communautaire et des Services correctionnels (le Ministère) a collaboré avec les acteurs locaux et les partenaires fédéraux, provinciaux et municipaux à l’élaboration d’une approche provinciale visant à renforcer la sécurité et le bien-être dans les collectivités.

La « prévention de la criminalité », traditionnellement perçue comme une responsabilité qui incombe surtout aux services de police, était l’expression utilisée au début des discussions. Il est cependant clair que les collectivités ontariennes reconnaissent les rôles de premier plan d’une grande diversité de secteurs. C’est en partie parce que l’on comprend que, si les membres des services de police utilisent généralement l’expression « prévention de la criminalité », les éducateurs, quant à eux, parlent d’« écoles sûres », et les professionnels de la santé s’intéressent surtout aux « déterminants sociaux de la santé ». Ces secteurs, chacun à leur façon, font tous référence à la sécurité et au bien-être dans les collectivités. Voilà pourquoi le dialogue provincial a été réorienté.

Le Ministère invite les collectivités à ne plus compter uniquement sur des interventions conservatrices ou d’urgence. Il les encourage plutôt à adopter des pratiques de développement social en ciblant les risques qui augmentent la probabilité d’activités criminelles et de victimisation ou de préjudices pour ensuite s’y attaquer et à travailler ensemble à créer une capacité locale et des réseaux solides qui permettront l’application de mesures proactives.

La démarche provinciale requiert un leadership communautaire intégré et la souplesse nécessaires pour répondre aux circonstances, besoins et priorités de la population locale. Pour préparer l’avenir, la sécurité et le bien-être dans les collectivités doivent faire l’objet d’un engagement commun fondé sur le leadership local et une collaboration multisectorielle constructive, en plus d’intégrer des interventions axées sur la collectivité, fondées sur des données probantes et centrées sur les résultats.

Objet

Le livret 2, Sécurité et bien-être dans les collectivités en Ontario : synthèse de voix locales a été rédigé pour faire suite au document intitulé La prévention de la criminalité en Ontario : un cadre d’action (Cadre d’action), diffusé à grande échelle en 2012. Le Cadre d’action, premier livret de cette série, a été élaboré pour sensibiliser les collectivités ontariennes aux avantages de la sécurité et du bien-être dans les collectivités, et les rallier à cet objectif.

La participation de l’Ontario étant un élément essentiel au succès de la démarche provinciale, ce deuxième livret repose entièrement sur l’information recueillie auprès de collectivités disséminées un peu partout dans la province.

Ce livret est destiné à servir de ressource additionnelle aux collectivités locales. Il souligne les problèmes locaux communs signalés en ce a trait à la sécurité et au bien-être dans les collectivités, de même que les pratiques locales prometteuses recensées qui apportent une solution aux problèmes signalés. Il renseigne aussi sur la voie que suivra l’Ontario pour renforcer de façon durable la sécurité et le bien-être dans les collectivités et présente le dernier livret de cette série du Ministère, qui prendra la forme d’un cadre pour la planification de la sécurité et du bien-être dans les collectivités.


Section 2 − Méthode

Séances de mobilisation communautaire

L’engagement des collectivités étant indispensable au succès de la démarche provinciale, le Ministère a travaillé avec ses partenaires des autres ministères, des services de police et des collectivités tout au long de 2013 afin d’organiser et d’animer plus de 30 séances de mobilisation dans des collectivités urbaines, rurales, éloignées et autochtones de la province. Les représentants du Ministère se sont rendus aussi loin qu’à Eabametoong (au nord), Kingsville (au sud), Kenora (à l’ouest) et Cornwall (à l’est).

Comme ce livret repose entièrement sur des renseignements recueillis lors des séances de mobilisation communautaire, il importe de souligner que l’information qu’il contient fait écho à certaines voix dans ces collectivités, mais qu’elle ne reflète pas les points de vue de toutes les collectivités ontariennes ni la politique ou la position du Ministère ou du gouvernement de l’Ontario. En outre, les pratiques prometteuses observées à l’échelle locale décrites dans ce livret n’ont pas été évaluées et n’ont ni l’appui du Ministère ni celui du gouvernement de l’Ontario.

Structure et conception

La structure des séances de mobilisation communautaire permettait au Ministère de renseigner les participants sur le Cadre d’action et d’établir un dialogue ouvert pour s’informer des besoins, obstacles, lacunes et pratiques locales prometteuses en matière de sécurité et de bien-être dans les collectivités. Les séances avaient pour but de discuter avec les membres de la collectivité de leurs rôles en matière de sécurité et de bien-être dans les collectivités et de déterminer les avantages communs découlant de l’adoption d’approches multisectorielles. Les partenaires locaux des services de police et de la collectivité ont volontairement accepté, par différentes méthodes, d’organiser une séance multisectorielle sur l’engagement des collectivités. D’autres activités locales ont été réalisées pour recueillir une grande diversité de points de vue et de commentaires. Ces activités ont réuni, entre autres, des représentants d’administrations municipales, de services de police, de commissions de services policiers, de services communautaires et sociaux, d’écoles et de conseils scolaires, de milieux universitaires, de la santé physique et mentale, des services correctionnels et de la justice pour la jeunesse, de conseils de bande et de Premières nations, ainsi que des membres du secteur privé et du grand public. Le nombre de participants variait d’une collectivité à l’autre, soit de 15 à 80 personnes, pour une moyenne d’environ 30 concitoyens par séance.

Collecte et sélection des renseignements

Les pratiques prometteuses et les problèmes locaux mentionnés par les participants au cours des séances de mobilisation communautaire ont été consignés. L’information sur les problèmes locaux a ensuite été examinée et analysée afin de voir s’ils étaient communs à d’autres secteurs et collectivités. Les dirigeants locaux ont en outre passé en revue et validé les pratiques prometteuses. Ces pratiques (notamment les programmes, stratégies et initiatives) ont fait l’objet d’évaluations qualitatives au regard des six principes directeurs de la sécurité et du bien-être dans les collectivités, et celles mises en évidence se sont révélées efficaces à l’égard d’au moins un de ces principes :

  • Diversité;
  • Leadership communautaire;
  • Partenariats intégrés, multisectoriels et multidisciplinaires;
  • Partage de connaissances et échange de renseignements;
  • Données probantes et évaluation;
  • Interventions durables.

Limites méthodologiques

La taille de l’échantillon est limitée. Les problèmes et les pratiques prometteuses relevés à l’échelle locale mis en relief dans ce livret sont tirés de témoignages recueillis à une date précise, et la quantité de renseignements locaux communiqués au cours de chacune des séances de mobilisation communautaire varie. Les commentaires émis par les personnes présentes aux séances ne sont pas attribués à des intervenants, à des secteurs ou à des collectivités en particulier; l’information recueillie reflète plutôt certaines des voix qui se sont fait entendre dans les collectivités. L’information reçue et validée par les dirigeants des collectivités sur les pratiques locales prometteuses variait quant à son contenu et à sa complexité, et l’évaluation qualitative était fondée sur cette information.


Section 3 – Problèmes locaux signalés dans les collectivités

Les participants aux séances de mobilisation communautaire ont exprimé une grande variété de points de vue sur les problèmes associés à la sécurité et au bien-être dans les collectivités. Certains ont tenté de tracer un portrait d’ensemble des besoins de leur collectivité, alors que d’autres ont parlé à titre individuel de problèmes précis les touchant personnellement. Inversement, certains participants se sont exprimés au nom de l’organisation pour laquelle ils travaillent ou offrent des services à titre bénévole et d’autres en adoptant le point de vue élargi du secteur d’activité dans lequel évoluent leurs organisations. Malgré la grande diversité des points de vue, les propos de différents participants issus de multiples secteurs et collectivités ont fait ressortir de nombreux problèmes communs. Plus précisément, les problèmes mentionnés le plus souvent au cours des séances de mobilisation avaient trait aux quatre aspects suivants :

  • Collaboration;
  • Lacunes dans les services;
  • Accessibilité aux services;
  • Ressources et viabilité.

Cette section fait mention de certaines pratiques locales prometteuses recensées dans les collectivités et signalées au cours des séances de mobilisation communautaire, de même que des programmes actuels du gouvernement de l’Ontario susceptibles d’aider à résoudre certains des problèmes mentionnés ci-dessus.

Collaboration

Au cours des séances de mobilisation, de nombreuses collectivités ont reconnu les avantages de la collaboration, mais elles n’ont pas manqué de mentionner les problèmes de taille suivants auxquels elles se heurtent lorsqu’elles tentent de nouer et de maintenir des partenariats efficaces :

  • Silos (cloisonnement);
  • Échange d’information;
  • Habilitation de la collectivité.

Certaines collectivités ont mentionné que les fournisseurs de services travaillaient souvent en vase clos, ou comme on dit parfois, en « silos ». Cette attitude crée non seulement des divisions entre les secteurs, mais aussi entre les fournisseurs d’un même secteur. Un petit nombre de collectivités ont indiqué que les silos sont souvent renforcés par des systèmes de financement qui empêchent les organismes d’entrer en concurrence, ce qui explique qu’elles soient moins enclines à nouer des partenariats ou à échanger de l’information. De nombreuses collectivités ont en outre mentionné avoir des difficultés à tisser des partenariats avec certains secteurs. Pourtant, les secteurs en question variaient d’une collectivité à l’autre, ce qui indique qu’il pourrait être nécessaire que quelques organismes ou personnes clés représentant ces secteurs s’impliquent localement.

Même si l’absence d’un partenariat n’est pas nécessairement un obstacle à la circulation intersectorielle de l’information, cela peut ajouter aux difficultés existantes. En toute logique, lorsque des relations sont solides, les collaborateurs travaillent main dans la main et sont généralement moins réticents à échanger de l’information. Il arrive néanmoins que, même en présence de partenariats bien établis, certains facteurs empêchent les secteurs d’échanger de l’information.

Quelques collectivités ont laissé entendre que des modifications devaient être apportées à la législation pour permettre aux secteurs de collaborer et d’échanger de l’information efficacement, alors que d’autres collectivités ont trouvé des façons novatrices de travailler dans les limites du cadre législatif existant. Dans certains cas, la législation semble interdire aux secteurs d’échanger de l’information entre eux ou avec d’autres secteurs, de manière à protéger le droit à la vie privée de leurs clients. Quoi qu’il en soit, certaines mesures législatives sont spécialement conçues pour permettre aux secteurs d’échanger de l’information afin d’éviter tout incident découlant de situations à risque. Ces incohérences conduisent parfois les secteurs à tout simplement pécher par excès de prudence lorsqu’il est question de vie privée.

Des collectivités ontariennes ont mis en œuvre des pratiques axées sur la sécurité et le bien-être dans les collectivités qui s’accordent avec le cadre législatif existant, comme la Table de mobilisation rapide (TMR). C’est là un exemple de Situation Table (pour les besoins de ce document, « table d’intervention ») fondée sur un protocole d’échange d’information en quatres étapes.

Le Groupe de travail ontarien sur la démarche collaborative axée sur les risques à l’égard de la sécurité de la collectivité (GTO), initiative de coopération du Ministère, de différents services de police de l’Ontario et de leurs partenaires communautaires, a rédigé le document An Interpretive Guide to Information Sharing Practices in Ontario…within the Context of Collaborative, Risk-driven Community Safety and Well-being (en anglais seulement). Ce guide traite exclusivement de certains des défis inhérents à l’échange de renseignements personnels et confidentiels nécessaires pour répondre aux besoins immédiats de personnes exposées à un risque d’être victime d’actes préjudiciables. Il a été diffusé par l’Association des chefs de police de l’Ontario en juillet 2014, en tant que partie intégrante d’une collection de documents intitulée New Directions in Community Safety: Consolidated Lessons Learned about Risk and Collaboration (en anglais seulement). La collection complète est disponible en ligne à l’adresse : http://www.oacp.on.ca/news-events/resource-documents/ontario-working-group-owg.

Alors que l’établissement de partenariats et l’échange d’information sont des concepts souvent associés à une collaboration plutôt formelle, la nécessité d’une collaboration informelle entre les membres et les groupes de la collectivité a aussi été reconnue lors de nombreuses séances de mobilisation communautaire. Il est généralement admis que les citoyens ne doivent pas simplement signaler un crime une fois qu’il a été commis, mais aussi participer activement à sa prévention. On a constaté que certaines des initiatives les plus fructueuses axées sur la sécurité et le bien-être dans les collectivités sont souvent menées par des membres ou des groupes de la collectivité. Quelques collectivités ont toutefois indiqué que leurs membres n’ont pas le sentiment d’avoir les outils nécessaires pour changer les choses dans leur collectivité et s’en remettent parfois à des professionnels, comme la police et d’autres fournisseurs de services, pour veiller à la sécurité et au bien-être de leur collectivité. Qui plus est, certains citoyens nouvellement recrutés peuvent trouver difficile de consacrer de leur temps sur une base régulière et continue. D’autres collectivités ont mentionné leurs réussites et souligné l’émergence d’initiatives communautaires dans le cadre desquelles des citoyens se mobilisent et tentent d’encourager et d’habiliter d’autres citoyens à participer à des activités constructives, propres à resserrer les liens communautaires.

East Side Pride et Our West End Initiative sont deux exemples d’organisations communautaires actives en Ontario.

La réorientation du dialogue, de l’objectif de prévention de la criminalité à celui de la sécurité et du bien-être dans les collectivités, permet à un auditoire élargi de participer à la discussion. Le fait de multiplier les voix et les points de vue entraîne de nouveaux défis. Après avoir défini le rôle de chacun dans l’atteinte de la sécurité et du bien-être dans les collectivités et afin d’assurer une collaboration efficace, les citoyens et les fournisseurs de services locaux sont invités à examiner en quoi leurs rôles sont liés, se chevauchent et se complètent les uns par rapport aux autres. Les séances de mobilisation ont fourni au Ministère l’occasion de tisser de nouvelles relations avec et entre une multitude de fournisseurs de services et contribué à intensifier la collaboration locale. Tout en étant conscientes de ces difficultés, les collectivités continuent de collaborer pour surmonter les obstacles et, pour certaines, cette collaboration a beaucoup de succès.

Lacunes dans les services

Les participants aux séances de mobilisation communautaire ont relevé des lacunes dans les services destinés à répondre à des besoins précis; quelques-unes, très particulières, n’ont trouvé aucun écho parmi les autres collectivités. Certaines lacunes communes dans les services ont aussi été répertoriées dans différents endroits, souvent par des secteurs multiples :

• Santé mentale;

• Pauvreté, itinérance et possibilités économiques;

• Jeunesse.

La santé mentale était la priorité locale la plus souvent mentionnée lors des séances de mobilisation communautaire. Les collectivités ont ciblé les problèmes de santé mentale comme étant un facteur de risque important pouvant pousser certains individus à commettre un crime, à participer à des incidents ou à des activités qui sèment le désordre social ou à devenir des victimes d’actes criminels. Certaines collectivités ont constaté d’importantes lacunes à l’égard des services dans ce secteur. En outre, certaines collectivités ont aussi souligné la nécessité de services supplémentaires, par exemple pour renforcer la capacité d’intervention en cas d’urgence en assurant la présence de spécialistes en santé mentale dûment formés pour les personnes ayant des besoins dans ce domaine. Quelques collectivités ont mentionné avoir besoin de ressources additionnelles pour les jeunes aux prises avec des problèmes de santé mentale, afin de pouvoir intervenir dès leur plus jeune âge. Certaines collectivités ont également fait valoir que les dépendances et la toxicomanie ajoutaient aux difficultés des personnes ayant des besoins en santé mentale.

Pour répondre aux besoins prioritaires dans ce domaine, une collectivité en Ontario a créé une Équipe de liaison et de soutien communautaires multidisciplinaire afin d’offrir des services intégrés et coordonnés aux personnes en situation de crise ayant des problèmes de santé mentale. L’équipe est appuyée par les secteurs des services de police et de la santé mentale. Les pages 20 et 21 contiennent des renseignements complémentaires sur cette équipe.

Le Ministère a utilisé cette information pour choisir « La prévention du crime passe par la promotion de la santé mentale » comme thème de la Subvention pour des collectivités sûres et dynamiques 2014-2015 à 2015-2016. Cette subvention permet de financer des organismes locaux sans but lucratif constitués en personne morale et des chefs et conseils de bande des Premières nations, afin qu’ils puissent concevoir et mettre en place des initiatives de sécurité et de bien-être dans leurs collectivités. De plus amples renseignements sur cette subvention sont publiés sur le site http://www.ontario.ca.

Parmi les facteurs contribuant à la criminalité et à la victimisation, beaucoup de collectivités ont mentionné la pauvreté et l’itinérance et reconnu le besoin de logements adéquats, abordables et stables. Certains ont laissé entendre la nécessité d’accroître les services dans ce domaine, en précisant qu’ils devaient cibler les personnes présentant le plus grand risque d’itinérance. Dans certaines collectivités les jeunes, les personnes récemment remises en liberté et celles aux prises avec des problèmes de santé mentale sont ciblées comme des populations vulnérables exposées à des risques. Les personnes appartenant à plus d’un de ces groupes, comme les jeunes contrevenants souffrant de problèmes de santé mentale, peuvent avoir encore plus de difficulté à trouver un logement adéquat. En outre, des collectivités ont fait ressortir le manque d’occasions d’emploi ou la nécessité de créer des programmes d’emploi et d’enseignement supplémentaires pour les jeunes et les personnes récemment remises en liberté.

Reconnaissant le fait que de nombreuses personnes et familles en situation d’itinérance doivent souvent affronter d’autres problèmes concomitants et complexes liés à la santé mentale, aux dépendances et à la pauvreté, une collectivité ontarienne a établi une stratégie d’intervention axée sur les besoins de cette population appelée Community Addiction Response Strategy. Cette stratégie repose sur une démarche communautaire qui fait appel à la collaboration et vise à aider des particuliers et des familles en situation d’itinérance à trouver un logement stable. Les pages 24 et 25 contiennent des renseignements additionnels sur cette stratégie.

Parmi les groupes ayant des besoins prioritaires, celui des jeunes a dans l’ensemble été le plus souvent désigné comme nécessitant des services additionnels lors des séances de mobilisation communautaire. Quelques collectivités ont attiré l’attention sur les effets négatifs des médias sociaux, notamment la cyberintimidation, alors que d’autres se sont dites préoccupées par la question du suicide chez les jeunes. Certaines collectivités ont indiqué que d’autres programmes étaient nécessaires pour promouvoir des pratiques parentales positives et des services de counselling préventif axés sur la violence familiale, les relations saines et le développement de la petite enfance. D’autres collectivités ont mentionné le besoin de mettre sur pied d’autres programmes pour les personnes âgées afin qu’elles aient des occasions d’échanger avec des jeunes, de manière à réduire les écarts entre les générations.

Une collectivité a comblé un besoin pour des programmes favorisant des relations saines en aidant des conseils scolaires à mettre sur pied un programme d’enseignement interactif à l’intention des jeunes appelé « The Fourth R ». Le programme The Fourth R vise à réduire la violence dans les fréquentations amoureuses en enseignant aux jeunes ce que sont des relations saines. Les pages 33 et 34 contiennent de plus amples renseignements sur ce programme.

Certaines collectivités ont répondu aux besoins en matière de développement de la jeunesse en établissant un programme pour les enfants en bas âge appelé Stop Now And Plan (SNAP). Les participants apprennent à se calmer, à réfléchir avant de réagir et à chercher des solutions positives à leur problème.

Certaines collectivités de l’Ontario ont également comblé le besoin de programmes s’adressant aux parents grâce aux programmes :

Renforcement des familles pour l’avenir, qui vise à faciliter l’adaptation aux changements qui surviennent dans la famille);

Caring Dads, qui tente d’améliorer les compétences parentales des pères (pages 22 et 23).

Triple P – Positive Parenting Program, un programme d’entraînement parental positif axé sur la prévention et la résolution des problèmes à l’échelle de la famille, de l’école et de la collectivité.

Le gouvernement provincial offre des « Subventions pour la participation et l’engagement des parents », afin de les aider à cerner les obstacles à leur engagement communautaire et à trouver dans leur quartier des moyens de s’impliquer davantage dans la réussite scolaire et le bien-être des élèves. Ces subventions peuvent être accordées à des conseils d’école, des associations de parents, des comités de participation des parents, des conseils scolaires financés par des fonds publics, des organismes sans but lucratif ou des établissements d’enseignement postsecondaire établis en Ontario. Des renseignements supplémentaires sur ces subventions sont publiés sur le site www.ontario.ca.

Le gouvernement provincial offre aussi, par l’intermédiaire du « Programme de subventions aux projets communautaires pour l’inclusion des personnes âgées », une aide financière pour des projets favorisant une plus grande inclusion sociale, le bénévolat et la participation communautaire des personnes âgées de toute la province. Ce financement est accessible aux organismes sans but lucratif voués aux personnes âgées, aux régies locales de services publics, aux municipalités, aux groupes autochtones et aux représentants de groupes de personnes âgées.

Le gouvernement provincial offre aussi, par l’intermédiaire du « Programme de subventions aux projets communautaires pour l’inclusion des personnes âgées », une aide financière pour des projets favorisant une plus grande inclusion sociale, le bénévolat et la participation communautaire des personnes âgées de toute la province. Ce financement est accessible aux organismes sans but lucratif voués aux personnes âgées, aux régies locales de services publics, aux municipalités, aux groupes autochtones et aux représentants de groupes de personnes âgées.

Même s’il importe que les collectivités évaluent leurs propres lacunes en matière de services pour aider à définir les priorités locales, les collectivités, en échangeant sur leurs lacunes communes, ont la possibilité de collaborer et d’apprendre les unes des autres lorsqu’elles tentent de combler ces lacunes.

Accessibilité aux services

L’accessibilité aux services est un élément important à considérer au moment de s’attaquer aux lacunes dans les services d’une collectivité. Au cours des séances de mobilisation communautaire, de nombreuses collectivités ont indiqué que l’accès limité aux programmes et services existants constituait un défi de taille. Les collectivités ont reconnu que les problèmes d’accessibilité découlaient des facteurs suivants :

  • Manque de connaissances, de sensibilisation et de coordination;
  • Listes d’attente;
  • Emplacement et transport;
  • Faible utilisation des services.

Beaucoup de collectivités ont fait remarquer que les problèmes d’accessibilité aux services étaient liés à un manque de connaissances et de sensibilisation à l’égard des programmes et services existants. Dans bien des cas, on ne dispose pas de renseignements à jour facilement et rapidement accessibles sur ces services, ce qui complique d’autant l’accès des citoyens à ces services, en plus de nuire à la capacité des organismes de diriger ces citoyens vers d’autres services offerts. Le manque de sensibilisation pourrait bien contribuer au manque global de coordination entre les services signalé par plusieurs collectivités. Certains ont laissé entendre qu’une bonne coordination entre les fournisseurs de services à la personne permettrait aux gens d’accéder sans difficulté au soutien dont ils ont besoin et éviterait le chevauchement des services entre les organismes.

Certaines collectivités de l’Ontario ont reconnu la nécessité d’améliorer la coordination entre les fournisseurs de services à la personne et, pour répondre à ce besoin, ont mis en œuvre des pratiques axées sur la sécurité et le bien-être dans les collectivités. Le partenariat New Opportunities and Hope, Supportive Partnerships Advocating Community Empowerment et les tables d’intervention en sont des exemples.

Beaucoup de collectivités ont aussi mentionné que les longues listes d’attente freinaient considérablement l’accès aux programmes et services existants. À certaines occasions, on a fait remarquer que ces programmes et services étaient peut-être plus conservateurs que préventifs, autrement dit, qu’ils accordaient peut-être la priorité aux personnes ayant déjà eu des démêlés avec la justice. En outre, quelques collectivités ont indiqué que le peu d’heures pendant lesquelles ces services sont offerts (p. ex. en semaine, durant les heures normales d’ouverture) peut limiter la possibilité pour les gens d’accéder aux services appropriés lorsqu’ils en ont besoin. Il a été proposé de prolonger et d’étendre les heures de bureau des services afin qu’ils soient offerts en soirée, les fins de semaine et les jours fériés, de manière à accroître leur accessibilité.

Une collectivité a mis en œuvre un programme novateur expressément pour les jeunes à risque afin de remédier au problème des longues listes d’attente. Ce programme, Youth Outreach Under 18 Response Services, dispense du soutien à court terme à des jeunes âgés de 12 à 18 ans qui présentent des facteurs de risque souvent associés à la criminalité et à la victimisation.

De façon générale, les collectivités ont également ciblé l’emplacement des services comme étant une entrave à leur accessibilité. De nombreuses collectivités ont indiqué que les résidents doivent se rendre à l’extérieur de la région pour avoir accès à certains programmes et services. Les services sont souvent offerts dans des régions urbaines et centrales, laissant ainsi une partie de la collectivité non ou mal servie. Cette situation est particulièrement préoccupante lorsque les régions qui ont difficilement accès à ces services correspondent à des régions à risque élevé où vivent des personnes et des groupes qui ont grand besoin de ces services. Beaucoup de collectivités ont aussi mentionné les problèmes liés au transport vers les services. Dans certaines collectivités, peu de moyens de transport sont disponibles pour se rendre dans les points de services, tandis que dans d’autres collectivités, ils sont présents, mais trop coûteux. Quelques collectivités ont proposé de nouer un partenariat avec des clubs philanthropiques locaux afin de répondre aux besoins locaux en matière de transport.

Il a également été souligné que, même dans les cas où des programmes et des services sont disponibles et accessibles, leur sous-utilisation peut présenter un défi de taille. Les gens accèdent peut-être à ces services de façon ponctuelle ou irrégulière, de sorte que les programmes et services n’obtiennent pas les résultats escomptés. Cette question est tout particulièrement préoccupante lorsque ceux qui ont le plus besoin de ces programmes et services en font une utilisation faible ou irrégulière, comme les populations vulnérables exposées à un risque élevé. On a laissé entendre qu’une amélioration des stratégies de sensibilisation s’impose dans certaines collectivités.

En clair, il ne suffit pas d’établir un programme ou un service pour que tous les membres d’une collectivité qui en ont besoin puissent y accéder et y accèdent. Les problèmes d’accessibilité aux services sont liés à différents facteurs dont la complexité indique que des solutions multidimensionnelles sont requises.

Ressources et viabilité

Les collectivités ont mentionné que leurs difficultés à assurer la viabilité des programmes et services offerts avaient peut-être une incidence sur la disponibilité et l’accessibilité des services en général. En règle générale, elles ont mentionné que l’insuffisance ou la non-viabilité des ressources actuelles découlait des difficultés soulevées par les éléments suivants :

  • Structures de financement;
  • Critères de financement;
  • Évaluation limitée.

Des difficultés particulières ont été ciblées à l’égard de l’octroi d’un financement. Les subventions s’accompagnent souvent de critères précisant les domaines dans lesquels les fonds peuvent être dépensés. Il arrive que le financement ne puisse pas être utilisé pour des activités continues comme la dotation ou l’évaluation, mais uniquement pour les frais de démarrage du programme. D’autres critères d’attribution du financement peuvent aussi faire en sorte que les collectivités aient du mal à diriger les financements vers les priorités ciblées lorsque ces priorités ne sont pas celles du bailleur de fonds. En outre, le non-respect des critères d’attribution du financement peut entraîner une perte de financement. Beaucoup de subventions sont de courte durée, ce qui oblige leurs bénéficiaires à élaborer des programmes dont la durée s’accorde avec la période de financement, ou encore à trouver des moyens d’adapter et de poursuivre les programmes avec d’autres ressources lorsque le financement prend fin. Qui plus est, certaines subventions étant méconnues, les bénéficiaires potentiels peuvent rater des occasions d’obtenir un financement.

En réponse aux nombreuses inquiétudes exprimées à l’égard de la viabilité des programmes lors des séances de mobilisation communautaires, le Ministère a prolongé la durée de la « Subvention pour des collectivités sûres et dynamiques », qui passera d’une à deux années (2014-2015 à 2015-2016), de manière à améliorer la viabilité des projets financés. Des renseignements supplémentaires sur cette subvention et d’autres subventions sont publiés sur le site www.ontario.ca.

Certaines collectivités ont également mentionné qu’il pouvait être difficile de satisfaire les attentes envers les bénéficiaires d’une subvention. Par exemple, lorsqu’un programme est financé par des subventions multiples de plus d’une source, les rapports à produire et d’autres exigences peuvent être difficiles à gérer pour certains organismes de la collectivité. Les collectivités ont indiqué à quelques reprises que les bénéficiaires doivent fournir une grande quantité de renseignements, tantôt sur les ressources à utiliser pour mettre le programme en œuvre, tantôt sur l’évaluation du modèle sur lequel repose le programme. Il peut s’avérer particulièrement ardu de satisfaire ces exigences si les bénéficiaires utilisent le financement pour démarrer des projets pilotes visant à expérimenter une approche innovante. Bref, les collectivités ont grandement besoin d’un système coordonné de financement permettant à la fois de rationaliser les exigences administratives et d’obliger à rendre compte de l’utilisation des financements.

Les difficultés qu’éprouvent les collectivités sur le plan des ressources et de la viabilité sont intimement liées aux défis que leur pose l’évaluation des programmes. Il a été admis que la conduite d’évaluations utiles peut être complexe, prendre beaucoup de temps et nécessiter des ressources considérables. Il peut en effet être difficile pour des services de police et d’autres partenaires de la sécurité et du bien-être dans les collectivités de prouver, par exemple, qu’une personne n’a pas commis d’acte criminel ou n’en a pas été victime en raison de sa participation à un programme donné. De même, il est ardu pour un organisme de services de santé de démontrer qu’une personne a pu prévenir une maladie parce qu’elle a suivi un régime alimentaire ou un programme d’exercices physiques particulier, tout comme une école peut difficilement démontrer qu’un élève a évité l’expulsion grâce à sa participation à un programme parascolaire donné. Le fait est qu’il est simplement et généralement plus ardu d’évaluer les initiatives de prévention. Comme il est essentiel de trouver une façon de démontrer la valeur sociale d’un investissement pour illustrer les coûts épargnés à la société et ainsi justifier les décisions de financement, certaines collectivités y ont vu une occasion d’exploiter les ressources universitaires locales pour les aider à effectuer les évaluations.

Le GTO a également rédigé un document d’orientation qui fournit des exemples d’indicateurs de rendement efficaces et appropriés pour mesurer la sécurité et le bien-être dans les collectivités. Ces mesures du rendement sont issues des travaux de recherche appliquée et d’évaluations effectuées par des municipalités, des facultés universitaires ainsi que des organismes et des bureaux provinciaux. Elles se sont révélées efficaces et précieuses pour ceux qui souhaitent renforcer les capacités de développement des collectivités et ont à cœur la sécurité et le bien-être de la population ontarienne. Le document d’orientation, intitulé Performance Measures…for Community Safety and Well-being, a été publié par l’Association des chefs de police de l’Ontario en juillet 2014, en tant que partie intégrante d’une collection de documents intitulée New Directions in Community Safety: Consolidated Lessons Learned about Risk and Collaboration. La collection complète est disponible en ligne à l’adresse : http://www.oacp.on.ca/news-events/resource-documents/ontario-working-group-owg.

Deux programmes ontariens mentionnés au cours des séances de mobilisation communautaire, SNAP et Triple P, ont fait l’objet d’évaluations quant au rendement du capital investi; celles-ci ont montré que l’argent avait été judicieusement dépensé et avait entraîné des résultats positifs.

Même si certaines collectivités trouvent difficile d’obtenir des ressources et d’assurer la viabilité des programmes, d’autres utilisent des ressources existantes en s’appuyant sur la collaboration et l’innovation pour améliorer l’efficacité et le rendement de leurs pratiques en matière de sécurité et de bien-être dans les collectivités. Les collectivités sont encouragées à collaborer entre elles et à apprendre de celles qui ont élaboré de nouvelles façons de s’assurer que les besoins de leur collectivité sont constamment satisfaits.

Conclusion

La participation locale et les commentaires recueillis lors des séances de mobilisation communautaire ont mis en lumière de nombreux problèmes communs que doivent affronter une multitude d’intervenants, dans les divers secteurs et collectivités, lorsqu’ils tentent de renforcer la sécurité et le bien-être dans les collectivités. Les séances ont révélé que les collectivités collaborent dans le cadre de partenariats afin de combler en partie les lacunes dans les services, d’élargir l’accès aux services et d’utiliser de façon plus novatrice les ressources existantes pour ainsi créer des interventions durables. Les collectivités sont invitées à aborder de façon proactive les problèmes décrits succinctement ci-dessus, de manière à les atténuer ou à les éviter dans la mesure du possible lorsqu’elles conçoivent des pratiques axées sur la sécurité et le bien-être dans les collectivités. Fait encourageant et peut-être plus important encore, les séances ont aussi donné aux collectivités l’occasion de discuter et de se féliciter de leurs réussites, de même que de répertorier les pratiques locales prometteuses décrites à la section 4.


Section 4 – Pratiques locales prometteuses recensées dans les collectivités

Il ressort clairement des séances de mobilisation communautaire qu’un travail remarquable s’effectue dans les différentes collectivités de l’Ontario pour renforcer la sécurité et le bien-être dans les collectivités. Même si de nombreuses pratiques prometteuses dans ce domaine ont été mentionnées lors des séances de mobilisation communautaire, la section qui suit donne un aperçu des pratiques qui, au terme d’évaluations, se sont révélées efficaces à l’égard d’au moins un des six principes directeurs qui sous-tendent la sécurité et le bien-être des collectivités :

  • Diversité;
  • Leadership communautaire;
  • Partenariats intégrés, multisectoriels et multidisciplinaires;
  • Partage des connaissances et échange de renseignements;
  • Données probantes et évaluation;
  • Interventions durables.

Cette section est structurée en fonction des principes énoncés ci-dessus. Quant aux pratiques, elles sont mises en relief sous le principe qui, d’après une évaluation, représente sa plus grande force. Le Ministère encourage les collectivités à considérer les principes directeurs et à tirer parti de l’expérience les unes des autres lorsqu’elles élaborent et appliquent des pratiques locales axées sur la sécurité et le bien-être dans les collectivités.

Les pratiques locales prometteuses mises en évidence et décrites dans cette section ne constituent pas un inventaire exhaustif. En outre, elles n’ont pas été évaluées et ne sont pas cautionnées par le Ministère ou par le gouvernement de l’Ontario. Ces pratiques identifient les collectivités qui ont communiqué et validé l’information. Les collectivités mentionnées ne représentent pas une liste définitive des endroits où se sont déroulées les séances de mobilisation.

Pour en savoir plus sur les pratiques mentionnées ci-dessous, veuillez effectuer les recherches pertinentes ou écrire à SafetyPlanning@Ontario.ca. Un examen approfondi de ces pratiques est recommandé afin d’évaluer si elles sont adaptées aux circonstances et aux besoins de votre collectivité.

Diversité

L’Ontario abrite des populations diversifiées sous bien des angles et en constante évolution. Dans ce contexte, une approche universelle est à exclure, aussi les pratiques axées sur la sécurité et le bien-être dans les collectivités doivent-elles être conçues et mises en place de manière à reconnaître les différents besoins des régions, populations et groupes de l’Ontario, et à y répondre. Il est impératif que les pratiques témoignent d’une bonne compréhension de la façon dont les gens sont exclus et marginalisés, qu’elles soient adéquates sur le plan culturel et qu’elles s’appuient sur des études démographiques locales permettant de bien cerner les besoins de la collectivité. Ainsi, chacune des pratiques prometteuses mises en évidence dans cette section répond aux différents besoins des collectivités qui en ont fait mention.

Leadership communautaire

La sécurité et le bien-être dans les collectivités est une responsabilité qui incombe à l’ensemble de la collectivité et qui requiert le dévouement et la participation de tous. Les collectivités sont les mieux placées pour déterminer avec exactitude les facteurs de risque et, par conséquent, pour trouver des façons de répondre à leurs besoins particuliers. C’est grâce à un leadership communautaire fort que chacun peut définir son rôle et assumer la responsabilité de contribuer à créer des collectivités sûres et saines.

Les initiatives suivantes sont des exemples de la mobilisation de simples concitoyens. Elles démontrent que lorsque les membres d’une collectivité se serrent les coudes pour résoudre des problèmes locaux, ils peuvent avoir une influence positive sur leurs quartiers respectifs.

East Side Pride

L’East Side Pride, créé en 1999 par un groupe de citoyens de Chatham-Kent, est un organisme de terrain qui s’est donné pour mission de créer et de maintenir un quartier sûr et sain. Le projet a été mis sur pied par un groupe de bénévoles désireux de prendre position afin de réhabiliter leur quartier. Le projet continue de fonctionner grâce à des bénévoles qui élaborent des programmes proactifs de prévention de la criminalité et de promotion de l’engagement communautaire. Ces bénévoles, qui collaborent régulièrement avec de multiples secteurs, notamment la police, la municipalité, divers organismes sans but lucratif, un centre communautaire, un centre communautaire pour femmes et plusieurs commerçants du quartier, se consacrent à des activités visant à améliorer leur quartier et à encourager les comportements positifs de sa population.

Our West End Initiative

Our West End Initiative est un organisme de terrain situé à Windsor qui regroupe des membres de la collectivité résolus à faire de leur quartier un milieu de vie, de travail et de loisirs sécuritaire. Ils travaillent avec les résidents et leur donnent les moyens, par l’intermédiaire de tables rondes fondées sur la collaboration, de repérer les ressources locales et de déterminer les besoins de la collectivité. Grâce à ces discussions, Our West End Initiative peut épauler les résidents en leur donnant accès aux outils et aux occasions nécessaires à l’élaboration de programmes et à la création de ressources additionnelles. D’autres études et groupes de discussion sont en cours et seront utilisés pour concevoir un plan d’amélioration multidimensionnel axé sur les besoins du quartier et de ses résidents.

New Opportunities and Hope Supportive Partnerships Advocating Community Empowerment

Le partenariat New Opportunities and Hope (N.O.A.H.) est issu d’une initiative de résidents de Sudbury désireux d’unir leurs forces pour faire de leurs quartiers des milieux de vie sains et productifs. Le partenariat N.O.A.H. a permis de déterminer qu’il serait avantageux pour les résidents des quartiers concernés de disposer d’un « guichet unique » leur permettant d’accéder à un certain nombre de services de soutien sous un même toit. L’initiative a donné naissance au concept The Neighbourhood Resource Centre. Ce centre des ressources du quartier a ensuite évolué pour devenir le N.O.A.H.’s Supportive Partnerships Advocating Community Empowerment (S.P.A.C.E.).

Le projet N.O.A.H.’s S.P.A.C.E. est un partenariat regroupant plus de 40 organismes communautaires différents qui collaborent pour donner de l’espoir et offrir des services offerts à tous les résidents de la collectivité, notamment des ateliers éducatifs et culturels, des barbecues communautaires, des cliniques de vaccination contre la grippe et d’autres activités locales. Le projet N.O.A.H.’s S.P.A.C.E. a pour principaux partenaires divers organismes communautaires, un organisme de protection de l’enfance, la police, un service de santé publique du district et une organisation autochtone. Il réunit sous un même toit des partenaires communautaires qui partagent leurs connaissances, rencontrent les résidents ayant des besoins précis, fournissent des ressources accessibles ou orientent vers ces ressources, exploitent différentes possibilités et mettent en œuvre des solutions durables dans le but d’améliorer le bien-être de tous.

Ces pratiques issues du leadership communautaire s’attaquent avant tout aux facteurs de risque suivants et améliorent les facteurs de protection correspondants :

Tableau 1

Facteurs de risque

Facteurs de protection

  • criminalité dans le secteur;
  • désorganisation sociale (p. ex. taux élevé de pauvreté et grande mobilité résidentielle);
  • quartiers aux logements médiocres et dénués d’installations de récréation, de santé et d’enseignement.
  • accès à des ressources, à des services professionnels et à une forme de soutien social;
  • collectivités positives et solidaires;
  • degré élevé d’engagement et de partenariat entre la collectivité et les systèmes policier et judiciaire.

Muslim Family Support Service

Le Muslim Family Support Service (MFSS) est destiné à soutenir les membres individuels, les couples et les familles de la communauté musulmane de London aux prises avec des difficultés personnelles et interpersonnelles. Le MFSS apporte son soutien en s’appuyant sur des activités de sensibilisation adaptées à la réalité culturelle de la communauté musulmane et des services destinés à l’ensemble de la population dans le but de tisser des liens par la compréhension et de faciliter les relations. Il encourage aussi les organismes à faire preuve d’une plus grande souplesse et offre de l’information pour aider à mieux comprendre en quoi consiste l’adéquation culturelle. Le MFSS, réceptif aux différences linguistiques et religieuses, reconnaît que les besoins d’un groupe peuvent être différents de ceux d’un autre. Ses interventions sont orientées vers les situations de crises à court terme, et il aide les familles à se familiariser avec les services offerts à l’ensemble de la population et à y accéder.

Le MFSS a été créé pour répondre aux besoins de la communauté musulmane répertoriés dans le cadre du Family Safety Project. Un comité consultatif composé de membres de la communauté musulmane et de représentants d’organismes de services sociaux a été établi pour appuyer et guider les activités du MFSS.

Le Muslim Family Support Service cible principalement les facteurs de risques suivants et renforce les facteurs de protection correspondants :

Tableau 2

Facteurs de risque

Facteurs de protection

  • sentiment d’impuissance;
  • sentiment d’aliénation;
  • faible sentiment d’appartenance à la collectivité.
  • intégration des familles à la vie communautaire;
  • accès à des ressources, à des services professionnels et à une forme de soutien social;
  • collectivités positives et solidaires.

Partenariats intégrés, multisectoriels et multidisciplinaires

La sécurité et le bien-être dans les collectivités est l’affaire de tous. C’est pourquoi il est essentiel que les pratiques dans ce domaine reposent sur des activités coordonnées et intégrées à l’échelle locale entre les fournisseurs de services à la personne et les secteurs pertinents.

Les programmes suivants font appel à des partenariats multisectoriels efficaces qui s’attaquent sous différents angles aux facteurs de risque associés à la criminalité, à la victimisation et aux préjudices.

Youth Outreach Under 18 Response Services

Youth Outreach Under 18 Response Services (YOURS) a été créé en 2005 dans le but de combler les lacunes dans les services offerts aux jeunes qui sont sur des listes d’attente, en leur offrant des services de soutien et d’orientation à court terme jusqu’à ce qu’ils puissent accéder aux services voulus. Plus précisément, YOURS cible les adolescents et adolescentes de 12 à 18 ans de Port Hope, laissés à eux-mêmes et aux prises avec différents problèmes : troubles du comportement, désespoir, contrariété, gestion inappropriée de la colère, troubles de la nutrition, violence sexuelle, toxicomanie, démêlés avec la justice ou risque de décrochage scolaire.

YOURS est un bon exemple d’une collaboration multisectorielle visant à assurer la coordination de la prestation des services. Les conseils scolaires et les organismes de santé locaux et les familles des jeunes de la collectivité, ou les jeunes eux-mêmes, assurent l’orientation vers le programme. Des services d’aide à l’enfance et à la famille, des centres d’orientation et des organismes communautaires de santé mentale et de bien-être de l’enfance offrent également des services de soutien aux jeunes inscrits au programme afin de s’assurer qu’ils reçoivent toute l’aide dont ils ont besoin.

YOURS cible principalement les facteurs de risque suivants et renforce les facteurs de protection correspondants :

Tableau 3

Facteurs de risque

Facteurs de protection

  • sentiment de désespoir;
  • problèmes de comportement;
  • antécédents de délinquance.
  • accès à des ressources, à des services professionnels et à une forme de soutien social soutien;
  • stratégies d’adaptation personnelles et optimisme;
  • attentes positives quant à l’avenir.

Furthering Our Communities Uniting Services

Le projet Furthering Our Communities Uniting Services (FOCUS), établi à Toronto en 2013, vise à réduire et à prévenir la criminalité et le désordre social ainsi qu’à renforcer la sécurité et le bien-être dans la collectivité, tout en créant des partenariats multisectoriels efficaces. Le projet FOCUS illustre bien le concept de table d’intervention en cours d’implantation partout en Ontario. Ces tables d’intervention réunissent des fournisseurs de services à la personne de différents secteurs qui collaborent pour intervenir dans des situations auxquelles font face des individus ou des familles exposés à un risque reconnu comme étant très élevé par une large gamme de fournisseurs de services. Les tables d’intervention sont convoquées pour discuter de situations à risque très élevé soumises par un organisme présent à cette table et, dans les 24 à 48 heures, les fournisseurs de services appropriés doivent préparer une intervention afin d’aider les personnes ou les familles à obtenir le soutien et les services nécessaires pour répondre à leurs besoins aigus.

Le projet FOCUS consiste en des réunions hebdomadaires de représentants de multiples secteurs, entre autres, du logement, des services sociaux, de la santé, de la justice et de l’éducation. Les participants peuvent varier selon la collectivité. Chaque partenaire a un domaine d’expertise distinct et apporte ses connaissances sur les ressources, les programmes et les services offerts dans la collectivité. Après avoir défini une situation, le groupe détermine l’organisme le plus approprié pour fournir de l’aide. FOCUS vise à permettre aux personnes et aux familles d’accéder aux ressources dont elles ont besoin avant qu’elles ne soient victimes d’un acte criminel ou ne commettent un tel acte, et réduit ainsi la probabilité d’une intervention strictement d’urgence.

Les tables d’intervention ciblent avant tout les facteurs de risque suivants et renforce les facteurs de protection correspondants :

Tableau 4

Facteurs de risque

Facteurs de protection

  • marginalisation;
  • accès inexistant à une série de services;
  • inefficacité des systèmes policier et judiciaire à faire participer la collectivité, à la mobiliser et à établir des partenariats avec elle.
  • accès à des ressources, à des services professionnels et à une forme de soutien social;
  • niveau élevé d’engagement et de partenariat entre la collectivité et les systèmes policier et judiciaire;
  •  prestation efficace et efficiente des services par les systèmes policier et judiciaire.

Community Outreach and Support Team

La Community Outreach and Support Team (COAST), ou équipe de liaison et de soutien communautaires, offre des services communautaires intégrés aux personnes marginalisées et vulnérables de 16 ans et plus ayant des problèmes de santé mentale ou de dépendances. Située à Halton, l’équipe COAST s’est donnée pour mandat de réduire le temps que les policiers consacrent à des appels qui devraient plutôt être pris en charge par le système de soins de santé et elle détourne des salles d’urgence et du système de justice pénale les personnes ayant des problèmes de santé mentale qui se trouvent en situation de crise. COAST permet aussi aux personnes en situation de crise souffrant d’une maladie mentale grave de demeurer dans leur milieu en toute sécurité, lorsque des plans de gestion peuvent être élaborés pour désamorcer une situation de crise.

COAST fait appel à un partenariat entre la justice et les secteurs de la santé. Il s’agit habituellement d’un policier habillé en civil et d’un travailleur en santé mentale formé aux situations de crise. Dans d’autres collectivités, des patrouilleurs répondent aux appels et, selon l’information obtenue, déterminent s’il convient de faire intervenir une équipe COAST. Certains assurent le suivi et la liaison avec les membres de la famille et les organismes de soutien.

COAST cible principalement les facteurs de risque suivants et renforce les facteurs de protection correspondants :

Tableau 5

Facteurs de risque

Facteurs de protection

  • problèmes de santé mentale;
  • sentiment d’impuissance;
  • inefficacité des systèmes policier et judiciaire à faire participer la collectivité, à la mobiliser et à établir des partenariats avec elle.
  • accès à des ressources, à des services professionnels et à une forme de soutien social;
  • prestation efficace et efficiente des services par les systèmes policier et judiciaire.
  • grande sensibilisation aux déterminants du bien-être.

Niigan Mosewak

Niigan Mosewak, mentionné à Orillia, signifie dans la langue des Ojibwa « aller de l’avant ». L’expression est utilisée pour décrire un programme de déjudiciarisation mis sur pied en 2008 à l’intention des jeunes autochtones de 13 à 17 ans des collectivités de Nipissing, Manitoulin, Parry Sound et Sudbury. Ce programme est offert sous la forme d’un camp d’été qui réunit des mentors, jeunes et adultes, et fournit aux jeunes les outils dont ils ont besoin pour s’épanouir et devenir des citoyens en santé et actifs au sein de leur communauté. Respectueux des enseignements traditionnels de la roue médicinale, le programme prône une approche holistique qui intègre les aspects physique, émotionnel, spirituel et mental de l’être.

Suivre la voie

Depuis sa création, en 1996, le programme Suivre la voie, également mentionné à Orillia, permet à des jeunes de la maternelle à la 12e année, de partout en Ontario, de se familiariser avec l’histoire, les croyances et les traditions culturelles des peuples autochtones. Selon les enseignements culturels des peuples anishnawbe, le programme peut être modifié pour s’adapter aux besoins de différentes communautés. Il vise à donner aux élèves un aperçu de la culture autochtone et à instiller dans les jeunes autochtones un sentiment de fierté en leur faisant connaître leurs origines. Le programme Suivre la voie comporte dix modules qui intègrent des stratégies d’autonomisation des jeunes, favorisent une image positive de soi, l’estime de soi et le respect des autres, et traitent de questions comme la guérison des traumatismes, les mauvais traitements, le racisme et la lutte contre les stéréotypes, les préjugés et les partis pris.

Niigan Mosewak et Suivre la voie

Les jeunes sont orientés vers le programme Niigan Mosewak par les services de police, les tribunaux, les services de probation et de libération sur parole, les écoles de quartier et les organismes communautaires et de santé. Le programme Suivre la voie est par ailleurs issu d’un partenariat entre un service de police local, la police provinciale et un conseil scolaire local. Des familles, des enseignants, la police et les collectivités participent également à la planification et à la prestation de projets éducatifs s’adressant aux jeunes. Des aînés s’impliquent dans l’élaboration et la prestation des deux programmes, de façon à s’assurer que les besoins et les capacités des populations autochtones sont reconnus. Il importe tout particulièrement que les programmes reconnaissent la diversité des besoins des peuples autochtones, sachant que les collectivités autochtones et des Premières nations font face à des problèmes uniques en ce qui a trait à la criminalité, à la violence et à la victimisation. Reconnaître les problèmes et l’histoire unique de ces communautés, en faisant participer le public et les aînés contribuera à faire en sorte que les communautés autochtones reçoivent une aide adaptée à leur culture.

Les programmes Niigan Mosewak et Suivre la voie ciblent avant tout les facteurs de risque suivants et les facteurs de protection correspondants :

Tableau 6

Facteurs de risque

Facteurs de protection

  • victimisation ou mauvais traitement;
  • isolement;
  • incidence des politiques d’assimilation.
  • stratégies d’adaptation personnelles;
  • bonnes relations avec un adulte;
  • accès à des ressources, à des services professionnels et à une forme de soutien social.   

Caring Dads

Le programme Caring Dads est un programme spécialisé conçu pour les hommes qui cherchent à améliorer leurs compétences parentales en participant à des séances de counselling et d’information. Établi à Halton, le programme Caring Dads vise à promouvoir des pratiques parentales saines et à éliminer la violence familiale en accordant la priorité aux besoins de l’enfant et en veillant à ce que les hommes comprennent l’incidence de leurs comportements sur leurs enfants et leur conjointe. Une fois par semaine, les hommes sont invités à assumer leurs actes, tout en apprenant comment interagir avec leurs enfants en faisant preuve d’empathie et de bienveillance. Le programme Caring Dads intègre une composante de liaison avec la mère des enfants du père, qui consiste à communiquer avec elle à au moins deux reprises afin de lui donner accès à des ressources, à des services de soutien, à une aide pour faire valoir ses droits et, au besoin, à un plan pour assurer immédiatement sa sécurité. Les facilitateurs du programme consacrent aussi beaucoup de temps à discuter avec des agents orienteurs des progrès du père et du risque qu’il peut représenter pour ses enfants ou la mère de ses enfants s’il récidive. Le programme tient compte des différences entre les sexes, puisque les hommes et les femmes ne vivent souvent pas les mêmes expériences et doivent affronter des difficultés distinctes. Les participants acquièrent des compétences leur permettant d’interagir sainement avec leurs enfants, entre autres, en apprenant à reconnaître et à éviter la manipulation, l’intimidation et la violence.

Le programme Caring Dads a été élaboré en collaboration avec des professeurs d’université, des organismes communautaires, des services de protection de l’enfance, des programmes d’intervention auprès des partenaires violents, des organismes voués à la santé mentale des enfants, des défenseurs des droits des femmes, des centres pour les enfants et les familles qui se retrouvent dans les rouages de la justice, des organismes de ressources pour les familles et des services de probation et de libération sur parole. La collaboration des milieux universitaires et des organismes communautaires à l’élaboration de ce programme a créé de solides assises théoriques et pratiques. L’aiguillage vers le programme est assuré par un organisme de protection de l’enfance de la localité, les tribunaux, les bureaux de probation et de libération sur parole et les familles de la collectivité. Le programme accepte aussi les hommes qui viennent consulter de leur propre initiative.

Le programme Caring Dads cible avant tout les facteurs de risque suivants et renforce les facteurs de protection correspondants :

Tableau 6

Facteurs de risque

Facteurs de protection

  • attitude des parents qui incite à la violence;
  • mauvais traitements durant l’enfance;
  • négligence.
  • pratiques et comportements parentaux adéquats;
  • unité familiale stable;
  • soutien au sein de la famille.

Partage de connaissances et échange de renseignements

Il existe déjà une foule de renseignements sur les activités dans le domaine de la sécurité et du bien-être dans les collectivités. Faciliter la mise en commun de ces connaissances et de ces renseignements permet aux collectivités de développer leurs capacités en misant sur les ressources, les idées et les pratiques existantes et d’éviter la duplication des services. Il importe aussi d’échanger de l’information, dans les limites du cadre législatif actuel et avec les partenaires concernés, sur des personnes qui risquent de commettre un crime ou d’en être victimes, de manière à augmenter la probabilité que ces personnes soient prises en charge par les services appropriés.

Les pratiques ci-dessous mettent en évidence différentes façons d’échanger des connaissances et de l’information entre les partenaires, les intervenants, les clients et le public, notamment dans le cadre de protocoles officiels, de réunions publiques et d’ententes informelles d’échange d’information en accord avec le cadre législatif existant.

New Directions Treatment Program

Le New Directions Treatment Program, créé en 2010, offre des services de counselling aux jeunes de Barrie âgés de 12 à 18 ans qui ont été reconnus coupables d’agression sexuelle ou d’un délit du genre. Le programme vise à réduire les facteurs de risque d’agression sexuelle chez les jeunes et à consolider leurs familles en éduquant les parents et en augmentant leur niveau d’engagement social envers leurs familles, leurs pairs et la collectivité dans son ensemble. Le programme comprend une évaluation approfondie du risque et des services de counselling familial et individuel. Sa prestation est assurée grâce à un partenariat entre un organisme communautaire et des services de probation. La durée du programme est généralement limitée à celle de l’ordonnance de probation, mais elle peut être prolongée jusqu’à ce que les jeunes aient terminé leur traitement.

Des politiques et des protocoles relatifs à l’échange de renseignements personnels sur les clients avec d’autres fournisseurs ont été élaborés dans le cadre du New Directions Treatment Program. Par exemple, pour communiquer avec certains professionnels, le personnel doit d’abord obtenir des participants qu’ils signent un formulaire de consentement à la divulgation de renseignements. Lorsqu’ils s’inscrivent au programme, les jeunes doivent aussi signer divers formulaires de consentement au service, qui précisent la politique de confidentialité de l’organisme. En outre, les membres du personnel du programme discutent avec les participants des renseignements qu’ils doivent échanger avec le père, la mère ou le tuteur (p. ex. inquiétudes pour leur propre sécurité ou celles des autres) et de ceux qui peuvent rester entre eux. 

Le programme Caring Dads cible avant tout les facteurs de risque suivants et renforce les facteurs de protection correspondants :

Tableau 7

Facteurs de risque

Facteurs de protection

  • antécédents de délinquance;
  • agression;
  • faible maîtrise des émotions.
  • sens des responsabilités;
  • supervision parentale adéquate;
  • soutien au sein de la famille.

Community Addiction Response Strategy

La Community Addiction Response Strategy (CAReS) a été mise en œuvre à London, en 2008. Cette stratégie communautaire d’intervention en matière de toxicomanie vise à améliorer les conditions de logement et l’état de santé des personnes et des familles en situation d’itinérance. CAReS cherche à alléger le fardeau des systèmes de santé, de services sociaux et de justice pénale en faisant appel à la collaboration de la population pour trouver un logement stable aux personnes en situation d’itinérance ou à risque de l’être qu’elle aide. Reconnaissant les problèmes complexes et concomitants associés aux dépendances, à la santé mentale, aux traumatismes et à la pauvreté, CAReS intervient en se fondant sur les résultats d’une évaluation et sur les priorités individuelles. Financée par la municipalité, CAReS dispense ses services en partenariat avec un organisme de santé publique, un centre de traitement des dépendances et un refuge pour sans-abri de la localité.

Pour s’assurer que le public, les partenaires et les intervenants communautaires sont tenus informés des activités de CAReS, des mises à jour sont fournies dans le cadre des réunions trimestrielles du comité de la collectivité. Les membres et les organismes de la collectivité qui dispensent des services aux sans-abri et qui ont des objectifs communs sont invités à assister à ces réunions pour s’informer des derniers développements touchant les programmes et les activités de CAReS et des tendances qui se dessinent dans la collectivité.

CAReS cible principalement les facteurs de risque suivants et renforce les facteurs de protection correspondants :

Tableau 8

Facteurs de risque

Facteurs de protection

  • absence de logements abordables;
  • pauvreté;
  • problèmes de santé mentale;
  • accès à des ressources, à des services professionnels et à une forme de soutien social;
  • collectivités positives et solidaires;
  • prestation efficace et efficiente des services par les systèmes policier et judiciaire.

Violent Threat Risk Assessment Protocol

Le Violent Threat Risk Assessment (VTRA) Protocol, ou protocole d’évaluation des menaces de violence, visent à réduire la violence, à gérer les menaces de violence et à promouvoir la sécurité des personnes, des écoles et de la collectivité grâce à une intervention précoce, un soutien et l’échange de renseignements. Ce protocole, mis en œuvre à Belleville, Cornwall, Halton, York et Sarnia, appuie la planification en collaboration avec les écoles, les partenaires communautaires, les familles, les enfants et les jeunes, de même que l’élaboration d’approches sécuritaires, bienveillantes et réparatrices. Plus particulièrement, le protocole favorise l’échange de renseignements sur un enfant ou un jeune susceptible d’user de violence envers lui-même ou envers d’autres personnes.

Le protocole VTRA mise sur la collaboration entre les écoles, les services de police, les organismes de santé et les organismes communautaires pour trouver ou élaborer des stratégies visant à atténuer d’éventuelles menaces de violence. Même si les pratiques en matière d’échange de renseignements diffèrent d’une collectivité à l’autre, dans la plupart des cas, les partenaires signent des protocoles officiels d’échange de renseignements afin de faciliter le processus.

Les protocoles VTRA ciblent avant tout les facteurs de risque suivants et les facteurs de protection correspondants :

Tableau 9

Facteurs de risque

Facteurs de protection

  • mauvaises influences;
  • sentiment d’aliénation;
  • normes culturelles qui appuient à la violence.
  • environnement scolaire bienveillant;
  • bonnes relations avec un adulte;
  • accès à des ressources, à des services professionnels et à une forme de soutien social.

Table de mobilisation rapide

La Table de mobilisation rapide (TMR) est un autre exemple de table d’intervention mise en œuvre en Ontario. Implantée à Sudbury, la TMR regroupe des fournisseurs de services à la personne de différents secteurs qui collaborent pour intervenir de façon immédiate, coordonnée et intégrée afin que des personnes, familles, groupes ou milieux reconnus par les partenaires comme présentant un risque très élevé reçoivent le soutien nécessaire. La TMR se réunit deux fois par semaine afin de cerner les situations présentant un risque élevé pour la sécurité des membres de la collectivité et en discuter. Une fois qu’une situation est cernée, tous les partenaires des organismes concernés préparent une intervention conjointe et coordonnée afin de s’assurer que les personnes à risque sont aiguillées vers des services appropriés, rapides et efficaces. Les données de la TMR sont utilisées pour déterminer les tendances, les facteurs de risque communs et les lacunes potentielles dans les services communautaires. Ces renseignements, y compris les occasions potentielles et les recommandations, sont transmis aux dirigeants de la collectivité afin d’éclairer les activités de planification et la prise de décisions.

La réussite des tables d’intervention dépend des renseignements personnels les plus élémentaires et limités échangés par les organismes participants pour répondre au mieux aux besoins de personnes et de familles présentant un risque très élevé et leur offrir des services de soutien appropriés. L’obtention d’un consentement à divulguer des renseignements personnels et confidentiels est prioritaire pour les tables d’intervention. Lorsque ce consentement ne peut pas être obtenu dès le départ, la TMR s’appuie sur un protocole en quatre étapes conforme à la législation en vigueur et destiné à faciliter la transmission de renseignements personnels limités Ce protocole établit la nature des renseignements qui seront communiqués et les personnes qui y auront accès, de manière à guider chaque discussion et à limiter la divulgation de renseignements personnels. Le protocole en quatre étapes décrit ci-dessous a été élaboré et peaufiné par l’équipe du Community Mobilization Prince Albert (programme de mobilisation communautaire du service de police de Prince Albert) en Saskatchewan, puis rapidement adopté par toutes les tables d’intervention actives dans cette province :

  1. Étape 1 − Examen préalable
  • Les organismes comprennent qu’ils ne peuvent discuter d’une situation autour de la table qu’après avoir épuisé toutes les ressources dont ils disposent pour maîtriser cette situation.
  • Si l’organisme détermine que les facteurs de risques nécessitent une intervention qui va au-delà de son mandat d’atténuation, et que la situation pourrait être mieux gérée par une discussion élargie à différents secteurs de services à la personne, alors la situation est présentée à la table.
  1. Étape 2 − Détermination de la présence d’un risque très élevé
  • Lorsqu’une situation est soumise à la table, elle est d’abord présentée de manière à assurer l’anonymat des protagonistes.
  • Après une brève discussion autour de la table, un processus de décision concertée est utilisé pour déterminer si la situation exposée correspond à un degré de risque très élevé.
  1. Étape 3 − Échange limité de renseignements
  • Si tous les intervenants à la table s’accordent sur la présence d’un risque très élevé, des renseignements limités sur la personne ou la famille sont alors divulgués, notamment le nom, la date de naissance et l’adresse.
  • Ces renseignements permettent aux organismes autour de la table de vérifier s’ils dispensent déjà des services à la personne ou à la famille concernée et de déterminer les organismes qui devraient être présents au moment de l’intervention.
  1. Étape 4 − Examen approfondi avec les organismes concernés
  • Les organismes désignés au terme de l’étape 3 poursuivent la discussion une fois la réunion terminée et échangent entre eux d’autres renseignements nécessaires pour déterminer quelles seront les prochaines étapes.

Les facteurs de risque principalement ciblés par les tables d’intervention et les facteurs de protection renforcés qui en découlent sont précisés à la page 20.

Données probantes et évaluation

L’élaboration de pratiques fondées sur des données probantes et axées sur la sécurité et le bien-être dans les collectivités aide à justifier l’importance de ces pratiques et à s’assurer que les investissements profiteront à la collectivité. Il importe également de cerner et de comprendre les besoins de la collectivité concernée, de même que de recourir à des pratiques qui répondent à ces besoins et s’appuient sur des travaux de recherches. Les résultats attendus doivent être précisés à l’étape de l’élaboration, afin de pouvoir mesurer le rendement et les progrès réalisés à l’égard des problèmes ciblés, à la fois durant et après la mise en œuvre des pratiques. Les résultats doivent être utilisés pour mesurer les effets ou les changements que les pratiques sont censées entraîner dans la collectivité. La surveillance et l’évaluation doivent être constantes, car si certains résultats peuvent être atteints immédiatement, d’autres peuvent nécessiter plus de temps. Lorsque la mesure du rendement est centrée sur l’atteinte de résultats, ou sur la réalisation d’activités, elle offre des possibilités d’apprentissage continu et d’adaptation à des pratiques qui ont fait leur preuve.

Les initiatives présentées ci-dessous sont des exemples de pratiques axées sur la sécurité et le bien-être dans les collectivités et dont l’élaboration, la mise en œuvre ou l’optimisation intègrent les résultats de recherches ou d’évaluations.

Stop Now And Plan

Utilisé dans plusieurs villes, notamment à Barrie et à Toronto, le programme Stop Now And Plan (SNAP) fait appel à une approche cognitivo-comportementale adaptée au sexe. Il fournit un cadre permettant d’enseigner efficacement aux enfants et à leurs parents à maîtriser leurs émotions, à réfléchir avant d’agir et à utiliser leurs compétences en matière de résolution de problèmes. Le programme SNAP a été conçu à l’intention des enfants de 6 à 12 ans qui ont déjà eu des démêlés avec le système de justice pénale et qui manifestent des signes précoces de comportements antisociaux, agressifs ou délinquants marqués.

Au cours de l’intervention, le programme SNAP aide les participants à maîtriser leur colère en les incitant à se calmer, à réfléchir avant de réagir et à chercher des solutions positives à leur problème. Des manuels de formation ont aussi été rédigés pour aider les collectivités autochtones à mettre en œuvre ce programme, en reconnaissance des problèmes uniques qu’elles doivent surmonter. Pour qu’un organisme puisse offrir le programme SNAP, il doit d’abord obtenir une licence de l’organisme d’origine, suivre une formation et conclure une entente de consultation.

Le programme SNAP cible principalement les facteurs de risque suivants et renforce les facteurs de protection correspondants :

Tableau 10

Facteurs de risque

Facteurs de protection

  • faibles aptitudes à se contrôler et à résoudre les problèmes;
  • agression;
  • impulsivité.
  • aptitudes à résoudre les problèmes;
  • sens des responsabilités;
  • comportements positifs à caractère social.

Triple P − Positive Parenting Program

Le programme Triple P, ou programme d’entraînement parental positif, est une stratégie multiniveaux de soutien parental et familial. Il est dispensé par un praticien Triple P accrédité et s’adresse aux parents d’enfants âgés de 16 ans et plus des villes de Barrie, Windsor et York. Il vise à prévenir et à résoudre les problèmes familiaux, scolaires et sociaux avant qu’ils ne s’enveniment et à créer des environnements familiaux propices à l’épanouissement de l’enfant.

Le programme s’appuie sur l’apprentissage social, la théorie cognitivo-comportementale du développement et la recherche sur les facteurs de risque associés à l’apparition de problèmes sociaux et comportementaux chez l’enfant. Le programme Triple P permet aux parents d’acquérir les compétences et la confiance nécessaires pour pouvoir gérer eux-mêmes les problèmes familiaux en leur enseignant des stratégies parentales efficaces, notamment des méthodes pour favoriser l’épanouissement de l’enfant et gérer les problèmes de comportement courants chez l’enfant.

Triple P cible principalement les facteurs de risque suivants et renforce les facteurs de protection correspondants :

Tableau 11

Facteurs de risque

Facteurs de protection

  • violence familiale;
  • attitude des parents qui incite à la violence;
  • modèles de comportements rares ou inexistants.
  • stratégies d’adaptation personnelles;
  • comportements positifs à caractère social;
  • pratiques et comportements parentaux adéquats.

SNAP et Triple P

Les programmes SNAP et Triple P s’inspirent de pratiques fondées sur des données probantes. Ces pratiques ont été conçues il y a plus de 25 ans et font l’objet de travaux de recherche continus. Ils ont été évalués en profondeur par les organismes centraux (et d’autres organismes) qui les ont élaborés et qui octroient les licences autorisant la prestation de ces programmes dans les collectivités ontariennes. Les résultats d’évaluations en continu (préalables, postérieures et de suivi), d’essais comparatifs aléatoires et d’analyses coûts-avantages indiquent que le programme SNAP donne de bons résultats. Entre autres, on a constaté que le programme SNAP améliore l’aptitude des parents à utiliser des stratégies efficaces d’éducation ainsi qu’à réduire les problèmes comportementaux de l’enfant et la probabilité qu’il ait des démêlés avec le système de justice pénale. Des évaluations indépendantes ont aussi été réalisées afin de s’assurer que les réussites obtenues n’étaient pas des cas isolés et que l’investissement était rentable. Les résultats de l’évaluation du programme Triple P sont également prometteurs. Ils indiquent des effets positifs sur les problèmes de comportement observés chez l’enfant et signalés par les parents, de même que sur les pratiques parentales dans les familles et dans la collectivité. Le programme Triple P a également eu une incidence positive sur les cas de maltraitance des enfants dans la population.

Positive Alternatives to School Suspension

Le programme Positive Alternatives to School Suspension (PASS) a vu le jour en 1999, dans le cadre d’un programme d’intervention disciplinaire progressive approuvé par des conseils scolaires locaux. Il s’agit d’un programme implanté à Sarnia, qui offre aux élèves de la 4e à la 12e année une solution de rechange à la suspension scolaire. Il vise à réduire le nombre de suspensions, à accroître l’intérêt des élèves pour l’école, à faire en sorte qu’ils se sentent à l’aise de demander de l’aide et à améliorer leur capacité d’adaptation et leurs aptitudes sociales. Les élèves doivent demeurer à jour dans leurs travaux scolaires et adopter des pratiques qui contribuent à améliorer leurs aptitudes sociales. Les écoles participantes fournissent aux jeunes du matériel didactique correspondant à leur niveau scolaire afin de s’assurer qu’ils font des progrès dans leurs études. Le programme est issu d’un partenariat entre les conseils scolaires locaux, des étudiants-stagiaires de niveau collégial et un organisme communautaire.

Il a été mis sur pied en réponse à une étude menée dans la collectivité indiquant un besoin pour des services de soutien et des plans de réintégration structurés pour les jeunes faisant l’objet de suspensions répétitives et ayant des besoins complexes ou des démêlés avec le système de justice pénale. Aux premières étapes de son élaboration, un modèle logique détaillé a été créé pour préciser les objectifs du programme à court, moyen et long terme et les activités régulières à mettre en œuvre pour atteindre les résultats mentionnés. En outre, des évaluations continues du contenu et de la prestation du programme sont réalisées en demandant aux jeunes et à leurs parents ou tuteurs d’évaluer le programme à la fin de chaque suspension. Jusqu’à présent, les résultats signalés sont positifs et une majorité de participants et leurs parents ou tuteurs affirment que le programme PASS les a aidés à remédier aux causes de leur suspension. Les jeunes ont aussi laissé entendre qu’à l’avenir, ils réfléchiraient à deux fois aux conséquences de leurs actes. Le programme continu d’évoluer au fil des nouvelles tendances et des évaluations reçues.

Le programme PASS cible principalement les facteurs de risque suivants et renforce les facteurs de protection correspondants :

Tableau 12

Facteurs de risque

Facteurs de protection

  • ambitions scolaires limitées;
  • manque d’estime de soi;
  • sentiment d’aliénation.
  • aptitudes à résoudre les problèmes;
  • expériences scolaires positives;
  • sens des responsabilités.

Neighbourhood Based Crime Prevention

Lancé en 2006, à Ottawa, le projet Neighbourhood Based Crime Prevention a été mis sur pied dans la foulée d’une analyse de la criminalité réalisée par un conseil municipal de prévention de la criminalité, en collaboration avec les services de police, des services municipaux et une université locale, qui avait aidé à répertorier les quartiers à haut risque de la région. En se fondant sur cette analyse, le conseil municipal de prévention de la criminalité avait fait appel à des intervenants de différents secteurs dans trois des quartiers prioritaires et financé un organisme dans chacun de ces quartiers afin qu’il embauche une personne qui aiderait à résoudre les problèmes relevés dans ces quartiers. Dans chacun des quartiers, le personnel de l’organisme avait réuni autour d’une table des résidents et des partenaires communautaires afin d’examiner des problèmes particuliers et prioritaires propres au quartier et de concevoir des initiatives pour répondre aux différents besoins du quartier et à ses caractéristiques démographiques. Le projet Neighbourhood Based Crime Prevention regroupe, entre autres, la police, des associations de commerces et de résidents, des organismes communautaires, des services des secteurs de l’éducation, de la santé et du logement et des services sociaux.

Le conseil municipal de la prévention de la criminalité a fourni un soutien technique, une aide à la recherche et du financement, en plus de contribuer à des activités de sensibilisation visant à s’assurer que les populations de ces quartiers utilisent les ressources et les services de la ville. Outre les recherches locales effectuées pour déterminer où les ressources supplémentaires seraient le plus efficaces, un consultant externe a été embauché pour évaluer l’efficacité globale. Les résultats ont été extrêmement positifs, parmi lesquels, une réduction de 20 % à 27 % du taux de criminalité dans les quartiers ciblés et une amélioration des relations entre les citoyens, divers services et la police.

Le projet Neighbourhood Based Crime Prevention cible avant tout les facteurs de risque suivants et renforce les facteurs de protection correspondants :

Tableau 13

Facteurs de risque

Facteurs de protection

  • criminalité dans le secteur;
  • sentiment d’insécurité dans le voisinage;
  • collectivité mal conçue sur le plan spatial.
  • accès à des ressources, à des services professionnels et à une forme de soutien social;
  • collectivités positives et solidaires;
  • intégration des familles à la vie communautaire.

Renforcement des familles pour l’avenir

Le programme de prévention Renforcement des familles pour l’avenir a été créé en 2007 à l’intention des familles ayant des enfants âgés de 7 à 11 ans présentant un risque de toxicomanie, de dépression, de violence, de délinquance ou de décrochage scolaire. À Kenora, le programme est échelonné sur 9 à 14 séances hebdomadaires consécutives, d’une durée respective d’environ 3 heures. Dans le cadre de ce programme, les parents et les enfants se rassemblent pour partager un repas et participent ensuite à une séance individuelle d’une heure, suivie d’une autre séance avec toute la famille, durant laquelle chacun exerce les compétences acquises au cours des séances individuelles. Ce programme est très efficace, car il facilite le changement au sein de la famille en faisant participer tous ses membres plutôt que seulement les parents ou les enfants.

Il s’inspire d’un programme à succès élaboré en 1988 par un professeur de l’Université du Utah. Le programme original a été évalué en profondeur dans différents pays du monde. Depuis son implantation en Ontario, Renforcement des familles pour l’avenir a été actualisé de manière à intégrer l’information issue d’organismes de santé locaux. Cette version adaptée du programme, également évaluée en profondeur, a été qualifiée de « bonne pratique » par Santé Canada. Des résultats préliminaires indiquent que le programme Renforcement des familles pour l’avenir est une intervention qui promet d’améliorer de manière importante la dynamique familiale, les pratiques parentales et le fonctionnement psychologique de l’enfant.

Renforcement des familles pour l’avenir cible avant tout les facteurs de risque suivants et renforce les facteurs de protection correspondants :

Tableau 14

Facteurs de risque

Facteurs de protection

  • problèmes de comportement;
  • sentiment de désespoir;
  • famille aux ressources limitées.
  • bonne estime de soi;
  • stratégies d’adaptation personnelles;
  • interactions et liens positifs entre les parents et l’enfant.

Solutions durables

Même si l’établissement de conditions, structures, programmes et politiques durables exige beaucoup de temps, des solutions durables doivent absolument être en place pour soutenir l’aptitude continue des collectivités à renforcer leur capacité et à répondre aux préjudices. Sans la présence de pratiques durables à long terme, la criminalité et la victimisation persisteront, sans que la santé et le bien-être de la collectivité puissent être optimisés.

Les pratiques décrites ci-dessous comportent des éléments qui contribuent de façon substantielle à assurer la longévité des pratiques, comme s’attaquer aux problèmes concomitants à l’échelle du système, recourir à des bénévoles pour réduire les pressions financières, renforcer le potentiel local et établir un modèle de formation des formateurs.

Aspire

Établi en 2010, le programme Aspire vise à prévenir la violence chez les jeunes en améliorant leur rendement scolaire et leur capacité de tisser des relations entre eux. Le programme offre aux enfants de la maternelle à la sixième année des quartiers mal servis de Mississauga l’occasion, après l’école, de participer à des séances gratuites de tutorat individuel et de mentorat par des pairs. Chaque élève est jumelé avec un tuteur de niveau secondaire, collégial ou universitaire qu’il rencontre une fois par semaine après l’école afin d’améliorer sa compréhension dans les matières qui lui posent des difficultés. En partenariat avec d’autres organismes communautaires, la municipalité et les services de police du quartier, un local est mis à la disposition des élèves où se déroulent les séances de tutorat et d’autres activités auxquelles assistent les élèves.

Le programme Aspire s’articule autour d’un modèle communautaire dans lequel les enfants et les jeunes adultes sont encouragés à prendre en main le programme. Le personnel des organismes participants assure la prestation du programme, alors que des bénévoles veillent à ce que le programme n’ait pas à compter uniquement sur le financement. Les bénévoles participent au programme en échange de mesures incitatives, comme la possibilité d’accumuler des heures de bénévolat applicables aux exigences d’un programme d’enseignement.

Le programme Aspire cible principalement les facteurs de risque suivants et renforce les facteurs de protection correspondants :

Tableau 15

Facteurs de risque

Facteurs de protection

  • faible estime de soi;
  • ambitions scolaires limitées;
  • mauvaises influences.
  •  
  • optimisme et attentes positives quant à l’avenir;
  • expériences scolaires positives;
  • participation à des activités parascolaires.

Community Crisis Response Program

Depuis 2008, le Community Crisis Response Program (CCRP), ou programme communautaire d’intervention en cas de crise, offre des ressources aux populations de Toronto victimes d’incidents violents et traumatisants (p. ex. une fusillade). Le programme est enclenché dès qu’un événement impliquant un acte de violence se produit dans un quartier; il consiste à aider les groupes de population à mettre au point des stratégies locales, notamment l’élaboration d’un protocole d’intervention d’urgence. Le CCRP dirige une intervention intégrée en coordonnant l’action des services municipaux, des conseils scolaires, de la police, du public, des organismes communautaires et confessionnels et des résidents afin d’aider le quartier à faire face à la situation et à se rétablir. Le programme s’appuie sur trois composantes clés : intervention d’urgence, prévention et préparation.

Le CCRP cherche à améliorer la sécurité et le bien-être des quartiers en renforçant la capacité locale à l’égard de l’élaboration de stratégies fondées sur la collaboration afin de prévenir les situations à caractère violent et traumatisant, de s’y préparer et d’intervenir. Il met en liaison les intervenants communautaires afin qu’ils puissent dégager les enjeux pour la sécurité ciblés sur le terrain par l’amélioration de la prestation des services locaux et une utilisation optimale des liens intersectoriels. Le succès du CCRP lui vaut à présent de faire partie intégrante de la structure organisationnelle de la municipalité qui l’a créé.

Le CCRP cible principalement les facteurs de risque suivants et renforce les facteurs de protection correspondants :

Tableau 16

Facteurs de risque

Facteurs de protection

  • victime de violence;
  • sentiment d’insécurité dans le voisinage;
  • faible niveau perçu quant à la légitimité des systèmes policier et judiciaire.
  • stratégies d’adaptation personnelles;
  • collectivités positives et solidaires;
  • grande sensibilisation aux déterminants du bien-être.

The Fourth R

The Fourth R désigne un programme scolaire interactif et facultatif offert à Ottawa, qui vise à promouvoir chez les jeunes des relations saines et à réduire la violence dans les fréquentations et l’abus d’alcool ou d’autres drogues. Le programme a été élaboré et évalué par un centre de santé mentale et de lutte contre les dépendances, en collaboration avec un conseil scolaire local. Centré sur les objectifs et les défis relationnels qui influencent la prise de décisions chez les jeunes, il utilise une approche fondée sur le sexe fondée sur des modèles de comportements propres à chaque sexe, qu’il fait concorder avec des activités. The Fourth R est intégré au volet santé et éducation physique des programmes d’études secondaires (1, 2 et 3), et les cours sont donnés dans des classes mixtes ou unisexes. Il existe également d’autres versions de ce programme adaptées à des contextes précis (autochtones ou autres) et qui s’harmonisent avec différents programmes d’études. Chacun des programmes offerts tente d’amener des membres de la collectivité à s’impliquer en livrant aux jeunes des messages positifs sur les relations saines. Les enseignants et les parents participent en utilisant des stratégies qui contribuent à accroître la coopération entre les organismes communautaires et les écoles afin d’élargir l’accès aux ressources et aux services destinés aux jeunes.

Utilisant une approche à plus long terme du travail auprès des jeunes, The Fourth R comporte 21 modules échelonnés sur une année scolaire. Le personnel enseignant qui offre ce programme reçoit une formation et du matériel didactique. Cette formation est donnée une seule fois aux enseignants, mais ils reçoivent ensuite des mises à jour du programme dès qu’elles sont disponibles. En outre, des « maîtres enseignants » sont aussi formés dans chacun des conseils scolaires locaux pour s’assurer qu’ils ont les compétences pour offrir eux-mêmes cette formation. Le programme The Fourth R s’attaque à des problèmes concomitants par l’intermédiaire de leçons et d’activités qui enseignent aux jeunes comment négocier, gagner du temps et dire non. Il les aide à définir et à assimiler les responsabilités associées à des relations saines et leur permet d’utiliser les jeux de rôles pour améliorer leurs aptitudes à résoudre les problèmes interpersonnels.

Le programme The Fourth R cible avant tout les facteurs de risque suivants et renforce les facteurs de protection correspondants :

Tableau 17

Facteurs de risque

Facteurs de protection

  • influence du milieu;
  • mauvaises influences;
  • violence familiale.
  • stratégies d’adaptation personnelles;
  • comportement positif à caractère social;
  • sens des responsabilités.

Conclusion

Qu’elles manifestent un leadership communautaire vigoureux, créent des partenariats constructifs, témoignent d’une aisance à partager des connaissances, échanger de l’information et à utiliser des études et des évaluations ou innovent pour trouver des solutions durables réceptives à la diversité, il est clair que les collectivités de l’Ontario sont en train de mettre en œuvre des stratégies de développement social qui permettront d’accroître la sécurité et le bien-être dans les collectivités.


Section 5 – La voie à suivre pour l’Ontario

Dans l’ensemble, l’apprentissage le plus important au terme des séances de mobilisation communautaire est la reconnaissance sans équivoque de la nécessité de revoir la façon dont nous abordons la prestation des services dans tous les secteurs et d’aller de l’avant afin que les Ontariens et les Ontariennes obtiennent les services dont ils ont besoin, quand ils en ont besoin. S’en remettre uniquement à des mesures conservatrices et à des interventions d’urgence n’est ni rentable, ni efficace, ni viable lorsqu’il s’agit d’assurer la sécurité et le bien-être communautaire. Il est encourageant de constater que les collectivités continuent d’adopter des démarches innovantes, fondées sur la collaboration et axées sur la gestion des risques pour prévenir la criminalité et la victimisation et de renforcer la sécurité et le bien-être communautaire d’une façon véritablement efficace et productive.

En réponse à cet apprentissage, le troisième et dernier livret de la démarche provinciale du Ministère prendra la forme d’un cadre pour la planification de la sécurité et du bien-être dans les collectivités. Ce cadre servira de toile de fond à la prestation de services et à l’élaboration de programmes de sécurité et de bien-être dans les collectivités qui auront pour but de favoriser la création de partenariats multisectoriels solides destinés à lutter contre la criminalité et les problèmes sociaux complexes de manière durable. Le cadre répondra aux défis communs et s’appuiera sur les principes et les forces des pratiques locales axées sur la sécurité et le bien-être des collectivités décrites dans ce livret. Il continuera d’inspirer les collectivités à recentrer leurs efforts pour travailler à l’établissement de collaborations fructueuses, d’un environnement favorisant l’échange d’information et de données, et de mesures holistiques du rendement axées sur les résultats. Outre le cadre, le Ministère fournira une orientation pour aider les collectivités à concevoir et à évaluer des programmes locaux de sécurité et de bien-être qui mettent à profit les forces dont elles disposent déjà afin de répondre aux circonstances, aux besoins et aux priorités locaux.


Merci de l’engagement démontré envers la sécurité et le bien-être dans les collectivités. La sécurité et le bien-être dans les collectivités étant en constante évolution, le Ministère aimerait que les collectivités continuent de l’informer des pratiques innovantes en cours d’élaboration ou d’implantation au sein de leurs populations. Le Ministère vous invite à lui faire part de vos réflexions, commentaires ou opinions au sujet du présent livret. Veuillez les envoyer par courriel à l’adresse SafetyPlanning@Ontario.ca.

Collaborateurs du Ministère :

Stephen Waldie, directeur, Direction des relations extérieures, Division de la sécurité publique
Oscar Mosquera et Julie Moscato, gestionnaires
Shannon Christofides, chef d’équipe
Afra Khan et Claudia Tenuta, analystes en matière de sécurité communautaire
Emily Jefferson et Stephanie Leonard, aides-analystes en matière de sécurité communautaire
Sheniz Kassam, adjointe aux services administratifs