Corrections - Spiritualité autochtone

Politiques et directives

Spiritualité autochtone

Le texte qui suit est le résumé de la politique des Services correctionnels en matière de droits autochtones.

Les Services correctionnels de l’Ontario sont déterminés à offrir aux détenus autochtones, qui comprennent les détenus des Premières Nations, inuits et métis, la possibilité de participer à leurs pratiques spirituelles traditionnelles en leur accordant le même statut et les mêmes protections qu’aux autres groupes confessionnels.

Visites par des Anciens

Outre les soins spirituels généraux fournis par les aumôniers de l’établissement, les détenus autochtones auront accès à un dirigeant spirituel autochtone, à un Ancien ou à un Guérisseur. Ces visites seront autorisées pendant les heures fonctionnellement viables, sous la supervision normale du chef d’établissement. Ces visites s’ajoutent à celles décrites dans la politique sur les visites. L’aumônier, l’agent de liaison pour les détenus autochtones, l’agent de liaison pour les détenus inuits ou toute autre personne désignée par le chef d’établissement coordonnera ces visites.

Cérémonies

Les cérémonies individuelles et en groupe jouent un rôle important dans les pratiques spirituelles autochtones. Des occasions de participer à des cérémonies de culte communales traditionnelles seront offertes aux détenus des Premières Nations, métis et inuits lorsqu’un dirigeant spirituel autochtone, un Ancien ou un Guérisseur est disponible. Les cérémonies communales pourraient être des cérémonies de tente à suer (« sweatlodge »), des cercles de guérison, des cérémonies du calumet et des fêtes. Pour toutes les cérémonies, un agent de liaison pour les détenus autochtones, un agent de liaison pour les détenus inuits ou un Ancien doit être présent afin de diriger ou de surveiller la cérémonie, sauf s’il s’agit d’une cérémonie de purification (« smudging »).

  • La priorité sera donnée aux détenus autochtones qui souhaitent participer à une cérémonie. Les détenus qui croient sincèrement dans les pratiques spirituelles autochtones peuvent participer aux cérémonies individuelles. Les détenus qui ne font pas partie d’un programme autochtone peuvent aussi participer s’il y a de la place.
  • La tente à suer (« sweatlodge ») est un endroit où les détenus peuvent apprendre à se remettre d’un deuil ou d’un traumatisme et obtenir des conseils pour une vie meilleure. Les tentes à suer dans des locaux des Services correctionnels seront normalement considérées comme des structures temporaires. En l’absence de tentes à suer, le chef d’établissement encouragera d’autres pratiques spirituelles en consultation avec un dirigeant spirituel autochtone, un Ancien ou un Guérisseur.
  • Des aménagements intérieurs seront mis en place à l’endroit et au moment nécessaires, dans des chapelles ou dans des salles de programme. Ces aménagements seront fournis ou établis selon les instructions convenues entre le chef d’établissement, l’Ancien autochtone, l’agent de liaison ou un dirigeant spirituel autochtone pour les cérémonies exigeant de brûler des plantes ou de produire de la fumée. Pour minimiser la fumée pendant les cérémonies à l’intérieur, des purificateurs d’air ou de fumée, des ventilateurs ou d’autres appareils de ventilation et des fenêtres ouvertes peuvent être utilisés.
  • Les politiques du ministère en matière de tabagisme ne s’appliquent pas aux cérémonies spirituelles autochtones.
  • Les cérémonies de purification (« smudging ») peuvent avoir lieu en plein air si les conditions atmosphériques le permettent et selon ce que demandent les détenus.
  • Les cérémonies de purification (« smudging ») des détenus peuvent se dérouler en l’absence d’un agent de liaison pour les détenus autochtones ou d’un Ancien. Les plantes médicinales utilisées pour cette cérémonie doivent être conservées dans un endroit où le personnel autorisé pourra les récupérer. Elles doivent être placées dans des contenants appropriés pour éviter que le personnel les manipulant n’entre en contact direct avec elles.
  • Les pratiques et les enseignements spirituels se rapportant à des objets sacrés, à des plantes médicinales et au calendrier lunaire varient. Les enseignements culturels doivent être dispensés par un Ancien ou un agent de liaison pour les détenus autochtones.
  • Des objets sacrés, comme des tambours, des pipes et des plumes, peuvent être apportés temporairement dans l’établissement par un Ancien ou un agent de liaison pour les détenus autochtones après l’approbation du chef de la sécurité, et ils doivent être conservés en lieu sûr. L’Ancien ou l’agent de liaison pour les détenus autochtones est responsable des soins à apporter à ces objets et de leur contrôle pendant qu’ils se trouvent dans l’établissement. Aucun objet ne doit être laissé dans l’établissement lorsque les services de l’Ancien ou de l’agent de liaison pour les détenus autochtones sont interrompus.

Vêtements cérémoniaux

Les vêtements portés pour des événements spéciaux et des cérémonies (tenues pour un pow-wow, chemises à rubans, pantalons et jupes, robes de cérémonie, mocassins ou écharpes métisses) ne doivent pas être modifiés, sauf par leur propriétaire ou sur les conseils d’un Ancien.

Jeûnes

Si un détenu demande de jeûner, on organisera une rencontre avec un Ancien ou un agent de liaison pour les détenus autochtones dans les meilleurs délais. Cette réunion permettra d’établir s’il est approprié que le détenu jeûne complètement pendant sa détention. Après cette rencontre, le chef d’établissement et l’Ancien ou l’agent de liaison pour les détenus autochtones doivent discuter des résultats et des prochaines étapes.

Fêtes

La tenue de fêtes dans des établissements peut être approuvée et la coordination sera confiée à la personne-ressource des détenus autochtones (l’agent de liaison pour les détenus autochtones ou l’agent de liaison pour les détenus inuits). Il y a généralement quatre fêtes par année, qui coïncident avec le changement de saisons; les établissements ne sont toutefois pas limités à ces quatre fêtes.

  • La personne-ressource autochtone qui coordonne la fête recevra l’approbation du chef d’établissement ou de sa personne désignée au sujet du menu, du programme et de la gestion de la sécurité.
  • Des procédures locales pour le déroulement des fêtes doivent être élaborées en consultation avec le bureau de santé publique local. Ces procédures seront suivies pour toutes les fêtes.
  • S’il est demandé à des membres du personnel de préparer de la nourriture pour les fêtes, seuls ceux qui ont reçu des directives culturelles en la matière seront autorisés à manipuler la nourriture afin d’assurer l’intégrité spirituelle de la fête.

Plantes médicinales sacrées et autres objets

Un détenu recevra des plantes médicinales traditionnelles sur demande ou à la demande d’un Ancien. Ces plantes doivent être approuvées par l’agent de liaison pour les détenus autochtones, l’agent de liaison pour les détenus inuits, un Ancien ou un Guérisseur. Elles seront conservées dans un sac de guérisseur ou une pochette sacrée qui satisfait aux normes de sécurité.

Remise aux détenus de sacs de guérisseur, de pochettes sacrées ou d’amulettes

Un détenu peut recevoir un petit sac de guérisseur, une pochette sacrée et d’autres objets sacrés pendant la visite d’un dirigeant spirituel, d’un Ancien ou d’un Guérisseur, sous réserve de l’approbation préalable de l’agent de liaison pour les détenus autochtones, de l’agent de liaison pour les détenus inuits ou de l’aumônier et du chef de la sécurité. Les sacs de guérisseur et les amulettes demeureront dans la cellule du détenu en tout temps pendant son incarcération.

Tous les objets spirituels, à l’exception du sac de guérisseur ou des amulettes, seront conservés dans un endroit désigné lorsqu’ils ne sont pas utilisés. De plus, ils ne seront manipulés que par un employé désigné sous la direction de l’Ancien.