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Solliciteur général

Expériences de mentorat réussies

Expériences de mentorat réussies

L’année dernière, l’équipe des Services d’enquête sur les incendies du Bureau du commissaire des incendies (BCI) a bénéficié du mentorat de jeunes inscrits dans des établissements d'enseignement postsecondaire. Le présent article présente ces étudiants, leurs travaux de recherche, et ce en quoi ceux-ci ont été profitables pour le BCI.
 

Jessica Piekny

Jessica Piekny est la dernière étudiante à avoir terminé un internat au BCI. Mme Piekny était étudiante en criminalistique, dans le programme de baccalauréat en sciences de l'Université de Toronto, au campus de Mississauga.

Greg Olson, enquêteur d’incendie au BCI, a été son superviseur pendant toute la durée de son stage. En se fondant sur les données recueillies en travaillant avec M. Olson, elle a rédigé un article intitulé « [traduction] Décontamination des outils durant la cueillette de débris d’incendie ». Elle a présenté ce mémoire de recherche à ses pairs et à ses professeurs au cours de la 17e Journée annuelle de criminalistique qui s’est tenue à la mi-avril.


Le but du mémoire de recherche de Mme Piekny était de comparer trois différentes méthodes de nettoyage d’un outil communément employé durant une enquête sur un incendie : la pelle. Elle voulait déterminer quelle était la meilleure façon de prévenir la contamination croisée durant la collecte de débris d’incendie aux fins de preuve. Elle a recueilli des données de recherche en testant les méthodes de nettoyage utilisées par les enquêteurs : essuyage de la pelle avec un essuie-tout, rinçage à l’eau suivi d'un essuyage avec un essuie-tout, et rinçage à l’eau avec du détergent à vaisselle Palmolive suivi d’un essuyage avec un essuie-tout. Les résultats de l’étude ont démontré qu'il est possible de causer un transfert durant la collecte de débris d'incendie lorsqu’un même outil est réutilisé. L’utilisation d’un mélange d’eau et de savon comme méthode de nettoyage s’est avérée la plus efficace pour limiter la contamination croisée.


Greg Olson et Jessica Piekny

Greg Olson, enquêteur d’incendie au BCI, et Jessica Piekny

Ses constatations sont utiles au BCI lorsque des questions sont soulevées durant une instance criminelle relativement à la contamination croisée associée à leurs outils.

Le baccalauréat en sciences avec spécialisation en criminalistique de l’Université de Toronto à Mississauga est le premier du genre au Canada. Le programme vise à fournir à l’étudiant une compréhension de l’analyse scientifique, des théories, des compétences en laboratoire, des applications et des techniques de terrain, tout en donnant l’occasion à l’étudiant de mettre l’accent sur un domaine particulier comme l’anthropologie judiciaire, la biologie médico-légale, la chimie médico-légale, l’informatique judiciaire et la psychologie judiciaire, pour n’en nommer que quelques-uns. Les étudiants en criminalistique peuvent trouver un emploi dans le système judiciaire, en ce qui a trait à la production des preuves physiques. On pourrait définir ce domaine comme « la science au service des tribunaux ».


Kevin Pahor

Kevin Pahor a également complété un mentorat au sein des Services d’enquête sur les incendies du BCI. Une fois de plus, le mentorat s’est avéré une expérience mutuellement avantageuse. Le BCI a pu améliorer ses connaissances de la chimie des accélérateurs et des personnes décédées dans un incendie, et M. Pahor a pu effectuer les recherches dont il avait besoin pour rédiger son mémoire et compléter le programme de maîtrise en sciences biologiques appliquées de l’Institut universitaire de technologie de l’Ontario (UOIT).

Dans le cadre de ses études à l’UOIT, M. Pahor était membre du groupe de recherche sur la chimie de la décomposition, un petit groupe d’étudiants aux vues similaires et travaillant sous la supervision de la docteure Shari Forbes. La docteure Forbes est professeure agrégée en criminalistique et en chimie et détenait une chaire de recherche du Canada (CRC) de niveau 2 en chimie de la décomposition. En plus du programme de CRC, la recherche de la docteure Forbes était financée par le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie, la Fondation canadienne pour l'innovation, le ministère de la Recherche et de l'Innovation de l'Ontario et le Centre canadien de recherches policières.

 

 

Kevin Pahor

Kevin Pahor

L’objectif du groupe de recherche en chimie de la décomposition était d'accroître la base de connaissances relativement aux processus de décomposition susceptibles d'être utilisés dans un contexte médico-légal. La chimie de la décomposition porte sur les processus chimiques qui interviennent dans la décomposition des tissus mous et durs. Les travaux du groupe portaient sur les agents taphonomiques (la taphonomie est l’étude des organismes en décomposition et de la façon dont ils se fossilisent) et leurs répercussions sur les processus chimiques dans un environnement caractéristique au Sud de l'Ontario. La recherche a été menée tant sur le terrain, dans des installations uniques de recherche géo-judiciaire, que dans un laboratoire de chimie de la décomposition à la fine pointe de la technologie à l’UOIT. Dans le cadre de ses travaux de recherche, le groupe a collaboré avec des organismes d'application de la loi, des laboratoires gouvernementaux, des industries et d’autres universités tant au Canada qu’à l’étranger.

S’inscrivant dans les travaux du groupe, le sujet de la thèse de Pahor portait sur l'effet des accélérateurs sur la peau et les poumons des personnes décédées à la suite d'un incendie. Son objectif consistait à déterminer si les vapeurs de l’essence (agents taphonomiques), lorsqu’utilisée pour cacher un homicide, peuvent être détectées dans le corps de la personne décédée. Il s’agissait d’un sujet susceptible de profiter au BCI dans ses enquêtes sur les décès dus à des incendies.

La recherche a permis de déceler la présence d’essence dans les tissus pulmonaires et dans le sang au niveau du cœur des animaux ayant inhalé les vapeurs, alors que les animaux déjà morts au moment de l’incendie affichaient des résultats négatifs. Les retombées de cette recherche sont considérables lorsque se pose, lors d’instances pénales, la question de savoir si la personne était en vie ou non au moment où l’accélérant a été versé.

Pour M. Pahor, l’expérience de mentorat au BCI a duré trois ans, une période suffisamment longue pour obtenir les renseignements dont il avait besoin pour terminer son mémoire. Grâce à une bourse, il a pu assumer les frais de repas et de voyage encourus lors de ses déplacements partout en Ontario avec Greg Olson, enquêteur d’incendie au BCI. Ici aussi, M. Olson a été le principal mentor de M. Pahor et l’a invité sur les lieux de sinistres, et l’a aidé à faire des exercices d’incendie réels pour l’aider dans ses recherches. Ces exercices ont été réalisés avec l’aide des membres des services d’incendie de Malahyde, de Springwater et de Strathroy-Caradoc.

Une fois le dur travail et la collaboration entre les divers organismes terminés, M. Pahor, M. Olson et la docteure Forbes ont cosigné un extrait intitulé « [traduction] Détection, au cours de l’autopsie, de résidus d'essence dans les tissus pulmonaires et le sang au niveau du cœur des victimes d'incendie ». Il a été publié dans le numéro de janvier 2013 du International Journal of Legal Medicine. L’article résumait la recherche qui a été menée avec le BCI et constituait une version abrégée du mémoire de maîtrise de M. Pahor. La publication de l’article est très utile à la communauté internationale et aux spécialistes judiciaires au sein de la profession d'enquête sur les incendies et des services policiers. Pour en savoir plus sur le groupe de recherche en chimie de la décomposition, visitez http://faculty.uoit.ca/forbes/.

Renseignements obtenus auprès de Chris Williams, sous-commissaire adjoint des incendies, Services d’enquête sur les incendies, Greg Olson, enquêteur d’incendie du BCI et Wayne Romaine, superviseur des enquêtes sur les incendies du BCI.