Ministère de la Sécurité communautaire et des Services correctionnels :: 3. Évaluation de la vulnérabilité d’un bâtiment

Bureau du Commissaire des incendies

Bureau du Commissaire des incendies

Guide pour une meilleure gestion des urgences dans les grands bâtiments et les établissements à risque élevé


3. Évaluation de la vulnérabilité d’un bâtiment

Même s’il est vrai qu’une urgence peut survenir n’importe où et n’importe quand, certains types de bâtiments sont toutefois plus vulnérables à cet égard que d’autres. Cinq facteurs influent sur la vulnérabilité d’un bâtiment dans certains genres de situations d’urgence, soit :

  • la situation géographique;
  • l’environnement immédiat;
  • le type de propriété;
  • la répartition des locataires ou le profil des résidents;
  • la dimension et la construction

Lors de l’élaboration d’un plan d’urgence, il faut tenir compte de ces facteurs pour s’assurer de bien prendre en compte les risques inhérents au bâtiment considéré.

Situation géographique

Certaines régions du pays sont plus prédisposées que d’autres à certaines situations d’urgence, surtout pour ce qui est des catastrophes naturelles. En Ontario, par chance, les tremblements de terre et les ouragans sont moins fréquents que dans d’autres régions. En hiver, néanmoins, de fortes tempêtes et tornades qui peuvent entraîner de graves inondations surviennent régulièrement. Le gérant d’immeuble doit donc déterminer les probabilités de ce genre de phénomènes dans la région où est situé son bâtiment et en tenir compte dans ses plans.

Environnement immédiat

Le quartier ou la communauté où se dresse un immeuble n’est pas sans avoir d’influence sur le genre de situation d’urgence susceptible de se produire. Les bâtiments situés dans les grandes villes sont exposés à des risques uniques, moins probables dans les régions rurales. Par exemple, les risques liés aux émeutes et aux manifestations, et les dégâts et agressions physiques que celles-ci peuvent provoquer, est plus élevé dans les centres urbains.

De même, les bâtiments situés à proximité de grandes voies de transport ou de sites industriels, comme les centrales nucléaires ou les usines de matières dangereuses (pétrole, produits chimiques), seraient vulnérables si un grave accident s’y produisait. Le plan d’urgence doit donc traiter des situations d’urgence pouvant survenir en cas de fuite ou de déversement accidentel.

Lorsqu’il dresse un plan d’urgence, le gérant d’immeubles doit être avant tout conscient des différents types de menaces possibles. La meilleure façon de commencer à évaluer les risques est de se procurer une copie du plan d’urgence de la collectivité. Beaucoup de collectivités possèdent ce genre de plan ou sont en passe d’en élaborer un. Il peut aussi être extrêmement utile de s’adresser à des sources externes pour cerner les risques. En effet, les propriétaires et les gérants auront souvent intérêt à communiquer avec les services de police et d’incendie locaux ainsi qu’avec leurs homologues de bâtiments voisins pour avoir une meilleure idée du degré d’exposition à ces risques.

Type de propriété

L’usage du bâtiment a des conséquences directes sur le genre de risques qui lui sont inhérents. Les tours d’habitation, les tours de bureaux, les établissements industriels, les hôpitaux, les théâtres et les centres commerciaux doivent tous avoir un plan d’urgence qui leur est propre, c’est-à-dire qui tient compte de leur situation et de leurs besoins uniques. Chaque édifice présente des défis différents selon les particularités liées à son usage. Ainsi, le nombre d’heures où un bâtiment est occupé quotidiennement, son nombre d’occupants, sa hauteur, son niveau de sécurité, son contenu, la présence de produits dangereux et la nature des activités qui s’y déroulent constituent tous des facteurs dont il faut tenir compte lors de l’élaboration du plan d’urgence.

Répartition des locataires ou profil des résidents

Les édifices occupés par des organismes pouvant faire l’objet de controverse sur le plan politique (bureaux de l’administration publique, établissements militaires, organisations religieuses, ambassades, centres culturels, cliniques d’avortement, etc.), sont beaucoup plus susceptibles d’être les cibles de groupes d’extrémistes. Le plan d’urgence devra dont peut-être prévoir les menaces, alertes à la bombe, prises d’otages et autres situations d’urgence de nature criminelle.

Il est important de se rendre compte que tous les immeubles d’habitation ne se ressemblent pas, et que les bâtiments commerciaux, industriels et publics ne sont pas non plus tous identiques. Par exemple, des immeubles d’appartements peuvent loger des familles ordinaires ou des personnes ayant des besoins particuliers, comme des personnes âgées ou handicapées. Votre bâtiment industriel sert-il à entreposer des pièces automobiles ou est-ce une usine de traitement de liquides inflammables? Le centre commercial abrite-t-il également des locataires industriels ou seulement des bureaux et des commerces? Votre plan d’urgence doit tenir compte du profil des divers locataires pour répondre à leurs besoins particuliers et aux risques spécifiques qu’ils courent.

Dimension et construction

La dimension du bâtiment, soit sa hauteur et sa superficie, détermine souvent la complexité du plan d’urgence. De toute évidence, une tour de bureaux de 70 étages exigera un plan d’urgence plus élaboré qu’un centre commercial ne comprenant qu’un rez-de-chaussée.

Le plan d’urgence dépendra du fait que le bâtiment est protégé ou non par un réseau de gicleurs en influant, par exemple, sur l’urgence d’évacuer. La construction du bâtiment peut aussi jouer un rôle décisif pour évaluer jusqu’à quel point celui-ci résisterait à une catastrophe naturelle ou d’origine humaine.

Liste de contrôle sur la vulnérabilité

Les exemples cités ci-dessous peuvent être particulièrement vulnérables. Si votre édifice ou un bâtiment mitoyen abrite un ou plusieurs usages de ce type, vous voudrez peut-être, selon les compétences dont vous disposez à l’interne, retenir les services d’un conseiller spécialisé en analyse de vulnérabilité et en évaluation des risques pour qu’il étudie en détail votre bâtiment.

  • Installations militaires
  • Ambassades, consulats ou hauts-commissariats
  • Édifices religieux faisant l’objet de controverse
  • Bureaux des agences ou des installations nucléaires
  • Bureaux ou raffineries pétrochimiques
  • Entrepreneurs militaires
  • Installations des services de police
  • Installations de stockage ou de fabrication de matières explosives ou inflammables, ou de substances toxiques
  • Stationnements publics situés sous ou à proximité du bâtiment
  • Institutions financières ou banques
  • Sociétés pharmaceutiques
  • Hôpitaux ou cliniques médicales
  • Groupes politiques radicaux
  • Bâtiments symboliques ou historiques
  • Médias d’information
  • Laboratoires chimiques/biologiques
  • Installations de déchets toxiques
  • Centrales électriques ou centres de distribution d’énergie
  • Installations d’adduction d’eau
  • Prisons
  • Administration publique (fédérale, provinciale ou municipale)
  • Transport (aéroports, gares d’autobus, gares ferroviaires)

Pour de plus amples renseignements, consulter :

Emergency Management Guide for Business and Industry, US Federal Emergency Management Agency
http://www.fema.gov/library/bizindex.shtm