Comité d’examen des décès en matière de soins maternels et périnatals Rapport annuel 2015

Bureau du coroner en chef

Bureau du coroner en chef

Comité d’examen des décès en matière de soins maternels et périnatals

Rapport annuel 2015

Novembre 2016


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Message du président

Le Comité d’examen des décès en matière de soins maternels et périnatals (CEDSMP), anciennement le Comité d’examen des décès en matière de soins obstétriques, fournit des conseils d’expert dans le cadre des enquêtes du coroner de l’Ontario depuis 1994.

Le CEDSMP examine tous les cas de décès maternels signalés en Ontario par l’intermédiaire du système des coroners qui ont lieu durant la grossesse, pendant ou tout de suite après l’accouchement, et jusqu’à 42 jours après l’accouchement. Les décès qui surviennent plus de 42 jours après l’accouchement font l’objet d’un examen si l’on soupçonne que la cause du décès est directement liée à la grossesse ou à une complication de celle-ci. Les données de ces examens sont transmises à Santé Canada dans le but de prévenir les décès maternels au Canada et d’en déterminer les causes.

Le Comité se penche également sur les décès périnatals et les mortinaissances examinés par le Bureau du coroner en chef (BCC) pour lesquels des lacunes ont été relevées par la famille, le coroner enquêteur ou le coroner régional principal.

Le CEDSMP est composé de spécialistes chevronnés et réputés œuvrant dans diverses disciplines : obstétrique, médecine fœto-maternelle (MFM), sage-femmerie, soins infirmiers périnatals, anesthésiologie obstétricale, pathologie, pédiatrie et médecine familiale.

Depuis sa création, le CEDSMP a examiné un total de 351 cas et formulé 653 recommandations visant à prévenir les mortinaissances et les décès de mères et de nouveau-nés. En 2015, 24 cas ont été examinés, et 52 recommandations ont été formulées. Les cinq problématiques qui sont le plus souvent ressorties des recommandations formulées en 2015 touchent les thèmes suivants : politiques et procédures, diagnostic et examens, soins médicaux et infirmiers, communications et documentation, examens de la qualité des soins.

Dans une perspective de réduction des décès similaires et d’amélioration de la qualité des soins fournis aux mères et aux nouveau-nés, la détection des tendances contribuera à guider l’orientation des prochaines recommandations et à encourager les intervenants du milieu des soins obstétricaux à agir.

C’est un honneur pour moi de contribuer au travail du CEDSMP, et je tiens à remercier ses membres pour leur dévouement envers la population de l’Ontario. Je tiens aussi à souligner le soutien de Mme Kathy Kerr, directrice de la gestion des comités.

C’est avec fierté que je vous présente le rapport annuel 2015 du CEDSMP.

Rick Mann, M.D., C.C.M.F., F.C.M.F
Président du Comité d’examen des décès en matière de soins maternels et périnatals


 

Composition du Comité (2015)

 

Mme Sharon Dore
Représentante, Société des obstétriciens et gynécologues du Canada

Dr Michael Dunn
Néonatologiste (niveau 3)

Dre Karen Fleming
Médecin de famille (niveau 3)

Dr Robert Gratton
Médecine fœto-maternelle

Dr Steven Halmo
Obstétricien (niveau 2)

Mme Susan Heideman
Infirmière praticienne en soins périnatals

Dr Robert Hutchison
Obstétricien (niveau 3)

Dre Sandra Katsiris
Anesthésiologiste

Mme Kathy Kerr
Directrice de la gestion des comités

Mme Michelle Kryzanauskas
Sage-femme autorisée (milieu rural)

Dr Dilipkumar Mehta
Pédiatre (niveau 2)

Mme Linda Moscovitch
Sage-femme autorisée (milieu urbain)

Dr Toby Rose 
Médecin légiste

Dr Gillian Yeates
Obstétricien (niveau 1)

Dr Rick Mann
Président
Coroner régional principal


 
 

Résumé

  • En 1994, le Bureau du coroner en chef (BCC) a créé le Comité d’examen des décès en matière de soins obstétriques, qui est devenu en 2004 le Comité d’examen des décès en matière de soins maternels et périnatals (CEDSMP).

  • Le CEDSMP a pour mandat d’aider le BCC à mener des enquêtes et des examens sur tous les décès maternels – quelle que soit leur cause –, de même que sur les mortinaissances et les décès néonatals ayant soulevé des préoccupations chez la famille, le coroner ou le coroner régional principal relativement aux soins reçus par la mère ou l’enfant, ainsi qu’à formuler des recommandations visant à prévenir des décès similaires.

  • Depuis 2004, le CEDSMP a examiné 351 cas et formulé 653 recommandations visant à prévenir d’autres décès dans des circonstances similaires.

  • En moyenne, 29 cas sont examinés et 54 recommandations sont formulées chaque année par le CEDSMP.

  • Les problématiques qui sont le plus souvent ressorties des recommandations formulées entre 2004 et 2015 touchent les thèmes suivants : soins médicaux et infirmiers, politiques et procédures, communications et documentation, diagnostic et examens (au moyen de la surveillance fœtale électronique ou non).

  • En 2015, 24 cas ont été examinés, et 52 recommandations ont été formulées.

  • Parmi les 24 cas examinés en 2015, 5 portaient sur des décès maternels, 15 sur des décès néonatals et 4 sur des mortinaissances.

 

Introduction

 

Mandat

En 1994, le Bureau du coroner en chef (BCC) a créé le Comité d’examen des décès en matière de soins obstétriques, qui est devenu en 2004 le Comité d’examen des décès en matière de soins maternels et périnatals (CEDSMP).

Le CEDSMP a pour mandat d’aider le BCC à mener des enquêtes et des examens sur tous les décès maternels – quelle que soit leur cause – ainsi qu’à formuler des recommandations visant à prévenir des décès similaires. Cela comprend tous les décès survenus pendant la grossesse et la période postnatale, soit les 42 jours suivant l’accouchement. Tout décès survenu entre 42 et 365 jours après l’accouchement fait l’objet d’un examen si la cause du décès est directement liée à la grossesse ou à une complication de celle-ci.

Le CEDSMP examine les mortinaissances et les décès néonatals ayant soulevé des préoccupations chez la famille, le coroner ou le coroner régional principal relativement aux soins reçus par la mère ou l’enfant.

La Loi sur les coroners stipule toutefois qu’il n’est pas permis de faire une déclaration de responsabilité civile ou criminelle légale ou d’énoncer une conclusion de droit.

Définition de décès maternel, de mortinaissance, de décès périnatal et de décès néonatal

Le CEDSMP examine tous les décès de femmes survenus « pendant ou après une grossesse dans des circonstances qui peuvent normalement être attribuées à cette grossesse ». Les décès de femmes enceintes dont la mort n’a pas été attribuée à leur grossesse sont mentionnés uniquement à des fins statistiques et font l’objet d’un bref examen par l’équipe de gestion (contrairement à un examen par l’ensemble du Comité).

Les décès maternels sont classés selon les critères suivants :

  • Antepartum : durant la grossesse, à > 20 semaines de gestation;
  • Intrapartum : durant l’accouchement ou immédiatement après;
  • Postpartum : ˂ 42 jours après l’accouchement.

Le Comité n’examine pas les décès maternels tardifs survenus après 42 jours, sauf si la cause du décès est liée directement à la grossesse ou à une complication de la grossesse.

La mortinaissance est l’expulsion ou l’extraction complète du corps de la mère, après au moins 20 semaines de grossesse, ou après qu’il a atteint un poids de 500 grammes ou plus, d’un produit de la conception chez qui, après cette expulsion ou extraction, il n’y a ni respiration, ni battement du cœur, ni pulsation du cordon ombilical, ni contraction d’un muscle volontaire (source : Loi sur les statistiques de l’état civil de l’Ontario).

Le décès périnatal désigne un décès survenu pendant la naissance, au moment de celle-ci ou peu après, y compris lors d’un accouchement à domicile.

Le décès néonatal est un décès survenu moins de sept jours après la naissance de l’enfant.

 

Buts et objectifs

  1. Aider les coroners de l’Ontario à enquêter sur les décès maternels et périnatals et à formuler des recommandations visant à prévenir des décès similaires.
  2. Effectuer un examen d’expert sur les soins prodigués aux femmes durant la grossesse, le travail et l’accouchement ainsi que sur les soins prodigués aux femmes et aux nouveau-nés immédiatement après la naissance.
  3. Effectuer un examen d’expert sur les circonstances de chaque décès maternel en Ontario, conformément aux recommandations du Rapport spécial sur la mortalité maternelle et la morbidité maternelle grave au Canada[1].
  4. Informer les médecins, les sages-femmes, le personnel infirmier, les établissements fournissant des soins aux nouveau-nés et aux femmes, pendant la grossesse et après l’accouchement, ainsi que les agences et ministères pertinents sur les pratiques et produits dangereux relevés par le Comité durant l’examen des cas.
  5. Produire un rapport annuel mis à la disposition des médecins, du personnel infirmier et des sages-femmes qui fournissent des soins aux mères et aux nouveau-nés, ainsi que des services d’obstétrique, de sage-femmerie, de radiologie ou d’échographie, d’anesthésie et d’urgence en vue de prévenir d’autres décès.
  6. Aider à déterminer la présence ou l’absence de problèmes, de lacunes ou d’insuffisances systémiques dans chaque cas examiné, afin de faciliter la formulation de recommandations appropriées de prévention.
  7. Aider à cerner les tendances, les facteurs de risque et les profils qui se dégagent des cas étudiés dans le but de formuler des recommandations de stratégies d’intervention et de prévention efficaces.
  8. Effectuer et promouvoir la recherche, s’il y a lieu.
  9. Stimuler l’organisation d’activités éducatives en relevant les questions ou problèmes systémiques ou en se tournant vers les organismes concernés afin de prendre les mesures qui s’imposent.
  10. Participer, au besoin, à l’élaboration de protocoles visant la prévention.
  11. Publier, au besoin, de l’information pédagogique.

N.B. : Tous les objectifs et les activités des comités participants énumérés ci-dessus sont assujettis aux limites imposées par la Loi sur les coroners de l’Ontario et la Loi sur l’accès à l’information et la protection de la vie privée.

Structure et taille du Comité

Le CEDSMP est composé d’éminents spécialistes œuvrant dans certains domaines de spécialité, soit l’obstétrique, la médecine familiale, la médecine néonatale spécialisée, la pédiatrie communautaire, la pathologie pédiatrique et maternelle, l’anesthésiologie, la sage-femmerie et les soins infirmiers spécialisés en obstétrique. Dans la mesure du possible, la composition du Comité est équilibrée de façon à être représentative des diverses régions de la province et de tous les types d’établissements fournissant des soins obstétricaux, y compris les centres d’enseignement. La présidence est assumée par un coroner en chef adjoint ou un coroner régional principal, ou par une autre personne désignée par le coroner en chef.

D’autres personnes sont invitées aux réunions du Comité au besoin, au cas par cas (p. ex., un coroner enquêteur, le coroner régional principal, d’autres médecins spécialistes dont la présence s’applique de façon pertinente aux faits du cas, et ainsi de suite).

Méthodologie

Les coroners enquêteurs et les coroners régionaux soumettent les cas au CEDSMP pour examen. Le dossier remis par le coroner est examiné par au moins un membre du CEDSMP, qui présente ensuite le cas aux autres membres. Après discussion au sein du Comité, un rapport de cas final est rédigé. Ce rapport résume les événements, l’analyse et les recommandations (le cas échéant) destinées à éviter d’autres décès dans des circonstances similaires. Le rapport est alors envoyé au coroner régional principal, qui peut mener des investigations plus poussées, au besoin, puis les recommandations sont transmises aux agences et organismes en mesure de les mettre en œuvre. Enfin, on demande aux destinataires de préparer une réponse concernant l’état de la mise en œuvre des recommandations qui leur ont été adressées dans l’année suivant leur réception.

Lorsqu’un cas présente un conflit d’intérêts potentiel ou réel pour un membre du Comité, le Comité examine ce cas en l’absence du membre en question.

Lorsque l’examen d’un cas requiert une expertise touchant une autre discipline, un spécialiste externe peut être invité à examiner le dossier et à participer à la réunion ainsi qu’aux discussions et à la formulation des recommandations, au besoin.

Limites

Le CEDSMP est un comité consultatif du système des coroners. Il peut formuler des recommandations au coroner en chef par l’intermédiaire de son président.

Le contenu du rapport consensuel du Comité se limite aux données dont ce dernier dispose. Cependant, des efforts sont déployés pour obtenir toutes les données disponibles pouvant servir à l’enquête.

Les rapports de cas du CEDSMP sont rédigés pour le BCC et sont, par conséquent, régis par les dispositions de la Loi sur les coroners, de la Loi sur les statistiques de l’état civil, de la Loi sur l’accès à l’information et la protection de la vie privée et de la Loi de 2004 sur la protection des renseignements personnels sur la santé. Le rapport annuel est exempt de détails permettant d’identifier les cas.

Il est important de reconnaître que ces rapports reposent sur un examen des dossiers écrits. Le coroner et le coroner régional principal chargé de l’enquête pourraient avoir reçu des renseignements complémentaires qui rendraient une ou plusieurs conclusions du Comité non valides. Lorsqu’un fait est signalé au président du Comité avant la rédaction du rapport annuel, l’examen du cas en question est révisé afin de refléter ces constatations.

Des recommandations sont formulées après un examen approfondi des circonstances de chaque décès. Il ne s’agit pas de directives d’orientation, et elles ne doivent pas être interprétées de la sorte.

Ce rapport sur les activités et recommandations du CEDSMP vise à provoquer une réflexion et à encourager un débat sur l’ensemble des soins obstétricaux et des décès maternels et périnatals en Ontario.


Aperçu des statistiques (2004-2015)

Le CEDSMP (anciennement le Comité d’examen des décès en matière de soins obstétriques) formule des recommandations depuis sa création en 1994. Au fil du temps, non seulement le Comité a évolué, mais les technologies médicales, les politiques, les procédures et les attitudes du public et des professionnels à l’égard des soins maternels et périnatals prodigués dans la province ont également changé. Afin de fournir une analyse plus représentative des valeurs et des attitudes actuelles, les statistiques présentées dans ce rapport annuel portent sur les cas ayant fait l’objet d’examens et de recommandations depuis 2004.

De 2004 à 2015, le CEDSMP a examiné au total 351 cas, dont 106 (30 %) portant sur des décès maternels, 159 (45 %) sur des décès néonatals et 86 (25 %) sur des mortinaissances. Ces chiffres sont représentatifs de la politique du BCC, qui est d’examiner tous les décès maternels. Les décès de femmes enceintes dont la mort n’a pas été attribuée à leur grossesse sont notés et examinés par l’équipe de gestion, mais ils ne font pas l’objet d’examens formels. Par conséquent, ils n’ont pas d’incidence sur les statistiques. Les cas sont examinés par une équipe centrale de représentants du CEDSMP, qui se penchent entre autres sur les circonstances entourant le décès maternel. Les résultats de l’examen sont abordés par l’ensemble du Comité, ce qui peut donner lieu à des commentaires ou à des enquêtes supplémentaires.

Les mortinaissances et les décès néonatals ne sont examinés que lorsque des préoccupations sont soulevées par la famille, le coroner enquêteur ou le coroner régional principal relativement aux soins reçus par la mère ou l’enfant.

Dans le tableau 1, les cas sont répertoriés selon l’année où ils ont été examinés, ce qui ne correspond souvent pas à l’année du décès.

Tableau 1 : Nombre de cas examinés par le CEDSMP (2004-2015)

Tableau 1

2004

2005

2006

2007

2008

2009

2010

2011

2012

2013

2014

2015

Total

Total # of cases reviewed

30

30

25

27

30

46

41

30

32

26

10

24

351

Maternal

10

12

4

15

8

21

11

3

3

11

3

5

106

Neonatal

12

11

13

12

12

16

19

14

20

10

5

15

159

Stillbirth

8

7

8

0

10

9

11

13

9

5

2

4

86

Le tableau 1 montre que le nombre total de cas examinés a varié entre 2004 et 2015, avec un minimum de 10 cas en 2014 et un maximum de 46 cas en 2009. Il est probable que cette variation reflète l’évolution des pratiques administratives du Comité (p. ex., temps requis pour effectuer l’examen des documents et la rédaction des rapports finaux).

 

Figure 1 : Nombre total de cas examinés par le CEDSMP selon l’année (2004-2015)

Figure 1 Comme l’illustre la figure 1, le nombre total de cas examinés entre 2004 et 2015 est demeuré relativement stable; une baisse marquée a été enregistrée en 2014 en raison de certains problèmes administratifs. En moyenne, le CEDSMP examine 29 cas par année.

Comme l’illustre la figure 1, le nombre total de cas examinés entre 2004 et 2015 est demeuré relativement stable; une baisse marquée a été enregistrée en 2014 en raison de certains problèmes administratifs. En moyenne, le CEDSMP examine 29 cas par année.

 

Figure 2 : Nombre de cas examinés par le CEDSMP selon le type de cas (2004-2015)

Figure 2: La figure 2 montre qu’entre 2004 et 2015, la majorité des cas examinés chaque année correspondaient à des décès néonatals, suivis des décès maternels.

La figure 2 montre qu’entre 2004 et 2015, la majorité des cas examinés chaque année correspondaient à des décès néonatals, suivis des décès maternels.

Tableau 2 : Nombre de recommandations formulées par le CEDSMP (2004-2015)

Tableau 2

2004

2005

2006

2007

2008

2009

2010

2011

2012

2013

2014

2015

Total

%

Moy.

Nombre de recommandations formulées

56

71

58

36

46

69

83

47

76

31

28

52

653

54

Décès maternels

11

19

5

16

3

12

15

2

0

10

10

14

117

18 %

10

Décès néonatals

30

31

31

20

24

41

48

26

58

9

14

29

361

55 %

30

Mortinaissances

15

21

22

0

19

16

20

19

18

12

4

9

175

27 %

15

Le tableau 2 montre que le CEDSMP a formulé au total 653 recommandations entre 2004 et 2015, dont 117 (18 %) portaient sur des décès maternels, 361 (55 %) sur des décès néonatals et 175 (27 %) sur des mortinaissances. Au fil des ans, la majorité des cas examinés et des recommandations formulées ont porté sur des décès néonatals. En moyenne, 54 recommandations sont formulées chaque année.

L’examen des recommandations formulées permet de constater qu’au fil du temps, certains thèmes problématiques ressortent systématiquement :

  • Soins médicaux (p. ex., décisions relatives aux soins médicaux ou infirmiers)
  • Politiques et procédures (p. ex., respect ou élaboration de politiques et de procédures);
  • Communications et documentation (p. ex., consignation et échange de renseignements);
  • Qualité (p. ex., examen de la qualité des soins);
  • Diagnostic et examens (p. ex., interprétation des résultats d’examens de laboratoire);
  • Diagnostic et examens – surveillance fœtale électronique (SFE) plus particulièrement (p. ex., interprétation du tracé de la SFE);
  • Éducation et formation (p. ex., formation continue);
  • Ressources (p. ex., accès aux ressources et affectation des ressources);
  • Transfert (p. ex., transport de patients);
  • Autre (p. ex., aiguillage vers un autre comité pour examen).

Figure 3 : Nombre de recommandations formulées par le CEDSMP selon le type de cas (2004-2015)

Figure 3: Comme l’illustre la figure 3, entre 2004 et 2015, la majorité des recommandations formulées chaque année portaient sur des décès néonatals.

Comme l’illustre la figure 3, entre 2004 et 2015, la majorité des recommandations formulées chaque année portaient sur des décès néonatals.

Tableau 3 : Nombre et pourcentage de recommandations formulées par le CEDSMP selon le thème ou le domaine problématique (2004-2015)

Tableau 3

Décès maternels

Décès néonatals

Morti-naissances

Total

% du total

Soins médicaux

48

7 %

67

10 %

37

6 %

152

23 %

Politiques et procédures

28

4 %

70

10 %

34

5 %

132

20 %

Communications et documentation

12

2 %

57

9 %

32

5 %

101

15 %

Qualité

15

2 %

34

5 %

11

2 %

60

9 %

Diagnostic et examens

3

0 %

52

8 %

20

3 %

75

11 %

Diagnostic et examens – SFE

1

0 %

49

7 %

26

4 %

76

11 %

Éducation et formation

2

0 %

19

3 %

8

1 %

29

4 %

Ressources

3

0 %

13

2 %

3

0 %

19

3 %

Transfert

5

1 %

8

1 %

5

1 %

18

3 %

Autre

2

0 %

2

0 %

1

0 %

5

1 %

* Certaines recommandations touchent plus d’un thème.

Le tableau 3 indique que 23 % des recommandations du Comité d’examen des décès en matière de soins maternels et périnatals formulées entre 2004 et 2015 portaient sur l’amélioration ou la résolution des problèmes liés aux soins médicaux ou infirmiers, 20 % sur l’élaboration ou le respect des politiques et procédures et 15 % sur les communications et la documentation, en particulier sur la transmission rapide et exacte d’information entre les fournisseurs de soins de santé et les patients.

Le tableau 3 met également en évidence les éléments suivants (selon le type de cas et le thème) :

  • 10 % de toutes les recommandations formulées après l’examen d’un cas de décès néonatal portaient sur les soins médicaux ou infirmiers;
  • 10 % de toutes les recommandations formulées après l’examen d’un cas de décès néonatal portaient sur les politiques et les procédures;
  • 9 % de toutes les recommandations formulées après l’examen d’un cas de décès néonatal portaient sur les communications et la documentation.

Au cours des dernières années, le recours à la surveillance fœtale électronique (SFE), l’interprétation du tracé de SFE par les fournisseurs de soins obstétricaux et les mesures de suivi prises à la lumière des résultats se sont révélés particulièrement problématiques. De 2004 à 2015, 76 recommandations ont été formulées au sujet de la SFE.


 

Résumés des cas examinés en 2015

Les cas examinés par le CEDSMP en 2015 peuvent inclure des décès survenus les années précédentes.

Nombre total de cas examinés (c.-à-d., par l’ensemble du Comité) : 24

Nombre total de recommandations : 52

           

Nombre de cas de décès maternel examinés par l’ensemble du Comité : 5

Nombre de cas de décès maternel examinés par l’équipe de gestion : 7

Nombre de recommandations tirées des décès maternels examinés : 14

Nombre de cas de décès néonatal examinés : 15

Nombre de recommandations tirées des décès néonatals examinés : 29

Nombre de cas de mortinaissance examinés : 4

Nombre de recommandations tirées des cas de mortinaissance examinés : 9

Un résumé des cas examinés et des recommandations formulées en 2015 figure à l’annexe A.


 

Leçons à tirer des examens du CEDSMP

Parmi les décès maternels examinés au cours de la dernière année par le Comité, une hémorragie post-partum (HPP) a été impliquée dans trois cas sur cinq. Tous les fournisseurs de soins, notamment les fournisseurs de soins obstétriques et le personnel de l’unité de soins postanesthésiques devant parfois s’occuper de patientes après leur accouchement, doivent savoir qu’un indice de suspicion élevé est requis. La perte de sang visible et continue n’est pas nécessairement un bon indicateur de la perte de sang réelle. En effet, l’utérus, nouvellement vide, peut se remplir de sang et camoufler ainsi l’ampleur des pertes sanguines. L’atonie utérine est la cause la plus fréquente et la plus importante d’HPP. Les femmes en santé peuvent habituellement compenser une importante perte de sang jusqu’à ce qu’un seuil critique soit atteint.

Dans la mesure du possible, le traitement devrait être prodigué en équipe et reposer sur une combinaison d’utérotoniques, de produits sanguins et d’examens pour cibler la source et la gravité de la perte sanguine. Les établissements fournissant des soins obstétriques devraient envisager de mettre en œuvre des protocoles de transfusion massive pour procéder rapidement au remplacement du sang et ne pas prendre de retard. Il faudrait envisager d’utiliser le cryoprécipité dès le début du processus de réanimation étant donné que les femmes enceintes sont déjà dans un état d’hypocoagulation.

Parmi les autres facteurs impliqués dans les mortinaissances, les décès néonatals et les décès maternels, notons l’indice de masse corporelle (IMC) élevé durant la grossesse. L’IMC devrait être calculé dès le début des soins obstétriques. Il devrait idéalement être inférieur à 25 kg/m2. Un IMC élevé a été associé à un risque accru d’anomalies congénitales pour le fœtus ainsi qu’à des complications pour la mère telles que des cardiopathies, des maladies pulmonaires ainsi que de l’hypertension et du diabète gestationnels. Un IMC élevé est également associé à des complications durant le travail et l’accouchement, notamment à l’analgésie. Il faudrait envisager de fournir aux femmes enceintes ayant un IMC élevé (c.-à-d., > 25‑30 kg/m2) des consultations en matière d’anesthésie afin de planifier le recours à des soins analgésiques et anesthésiques durant le travail et l’accouchement en cas de besoin. Il est préférable de se préparer en vue d’une prise en charge potentiellement difficile des voies aériennes avant une césarienne d’urgence en cas de détresse fœtale ou d’un échec de la progression du travail.


  

 

Annexe A

Résumé des cas examinés en 2015

Numéro du cas

Type

Résumé

Thèmes

Recommandations

EX-01

Décès maternels – Équipe de gestion

La défunte, une femme de 40 ans enceinte de 29 semaines, a été admise à l’hôpital, car elle souffrait depuis un mois de fièvre, de léthargie et de céphalées. On a observé chez la patiente une hypertrophie du foie, des résultats élevés aux tests de fonction hépatique et une pancytopénie. Son décès a été attribué au syndrome hémophagocytaire découlant d’un lupus érythémateux disséminé.

Aucune recommandation.

EX-02

Décès maternels – Équipe de gestion

La défunte, une femme de 20 ans enceinte de 8 mois, est probablement décédée d’une arythmie cardiaque de cause génétique.

Aucune recommandation.

EX-03

Décès maternels – Équipe de gestion

La défunte, une femme de 38 ans, est décédée d’une myocardiopathie périnatale idiopathique après avoir été admise d’urgence à l’hôpital à 36 semaines de grossesse.

Aucune recommandation.

EX-04

Décès maternels – Équipe de gestion

La défunte, une femme de 37 ans enceinte de 11 semaines, est décédée d’une mort subite et inexpliquée en épilepsie.

Aucune recommandation.

EX-05

Décès maternels – Équipe de gestion

La défunte, une femme de 27 ans en début de grossesse, s’est suicidée.

Aucune recommandation.

EX-06

Décès maternels – Équipe de gestion

La défunte, une femme de 33 ans G3P0A2 enceinte de 24 semaines, est décédée d’une encéphalopathie hypoxique-ischémique, d’un infarctus du myocarde et d’une récente dissection de l’artère interventriculaire antérieure et de l’artère coronaire droite.

Aucune recommandation.

EX-7

Décès maternels – Équipe de gestion

La défunte était une femme de 38 ans qui recevait des traitements de fertilité. Elle a été trouvée morte dans son lit, et son corps était en décomposition. La cause du décès n’a pas été établie et le mode de décès n’a pas été déterminé.

Aucune recommandation.

M-01

Décès maternels

La défunte, une femme de 38 ans G2P0 à 39 semaines de gestation, est décédée après l’accouchement d’un grave choc hémorragique causé par une hémorragie post-partum, elle-même attribuable à une atonie utérine.

Qualité

  1. L’hôpital dans lequel ce cas est survenu devrait mener un examen interne sur les circonstances entourant ce décès.
  2. Le coroner régional principal devrait effectuer un suivi auprès de l’hôpital en ce qui a trait aux lacunes relevées. S’il est d’avis que des problèmes systémiques persistent, le coroner régional principal devrait envisager de procéder à un examen auprès des représentants concernés de l’hôpital.

M-02

Décès maternels

La défunte, une femme de 36 ans G2A1, est décédée après l’accouchement de complications hémorragiques et thromboemboliques et de l’hypertension gestationnelle avec éclampsisme.

Soins médicaux, diagnostic et examens, politiques et procédures, communications, qualité

  1. Il faudrait rappeler aux fournisseurs de soins obstétricaux l’évolution potentiellement rapide de l’éclampsisme, en particulier en présence d’une coagulopathie.
  2. Il faudrait rappeler aux fournisseurs de soins obstétricaux que les saignements vaginaux peuvent passer inaperçus dans le contexte d’une hémorragie post-partum, en particulier après une césarienne avec un col de l’utérus fermé. Les signes et les symptômes du choc hémorragique doivent être reconnus et pris en charge dès que possible.
  3. Des protocoles de transfusion massive devraient être mis en place dans tous les hôpitaux offrant des soins obstétricaux.
  4. Cet hôpital devrait revoir ses protocoles en matière de soins postanesthésiques, de communications entre les soignants lorsqu’un patient est dans un état instable et de réactions des médecins dans le contexte de l’unité de soins postanesthésiques.
  5. Le Comité recommande que le coroner régional principal effectue un suivi auprès de l’hôpital en ce qui a trait aux problèmes soulevés. S’il est d’avis que des problèmes systémiques persistent, le coroner régional principal devrait envisager de procéder à un examen auprès des représentants concernés de l’hôpital.

M-03

Décès maternels

La défunte, une femme de 25 ans G1, est décédée après l’accouchement à 40 semaines de gestation d’un choc hémorragique découlant d’une atonie utérine.

Soins médicaux, politiques et procédures, communications

  1. Il faudrait rappeler aux fournisseurs de soins obstétricaux qu’une hémorragie obstétricale potentiellement mortelle peut se déclencher de façon soudaine et inattendue. Les unités de soins obstétricaux devraient mettre en place un plan d’action prévoyant des mesures énergiques de réanimation par les fluides, un contrôle des saignements pour réduire les pertes au minimum et un accès à une salle d’opération et à du personnel de soutien.
  2. Il faudrait rappeler aux fournisseurs de soins obstétricaux de demander rapidement de l’aide lorsqu’une urgence survient.
  3. Il faudrait rappeler aux fournisseurs de soins obstétricaux qu’en cas d’hémorragie, on peut utiliser du sang du groupe de la patiente ou du groupe O négatif.
  4. Il faudrait rappeler aux fournisseurs de soins obstétricaux qu’il est important, dans un contexte d’instabilité cardiovasculaire, d’éviter de prolonger les tentatives de traitement conservateur au lieu de procéder à une intervention chirurgicale, y compris une hystérectomie.
  5. Les fournisseurs de soins obstétricaux et anesthésiologiques devraient revoir le protocole de transfusion massive en vigueur dans leur hôpital. Les unités de soins obstétricaux ne disposant pas d’un tel protocole devraient en élaborer un de concert avec leur établissement.

M-04

Décès maternels

La défunte, une femme de 26 ans, est décédée d’une thromboembolie pulmonaire cinq semaines après son accouchement. Son IMC élevé était un facteur de risque.

Aucune recommandation.

M-05

Décès maternels

La défunte, une femme de 33 ans, est décédée d’un choc hémorragique causé par une rupture de grossesse tubaire insoupçonnée dans la trompe de Fallope droite.

Diagnostic et examens, politiques et procédures

  1. Toutes les femmes en âge de procréer qui pourraient être enceintes devraient passer un test de grossesse avant de subir une intervention chirurgicale gynécologique non urgente.
  2. L’hôpital dans lequel ce décès a eu lieu devrait revoir ses politiques et ses procédures afin de consigner la présence ou l’absence de grossesse chez les femmes en âge de procréer subissant une intervention chirurgicale non urgente.

N-01

Décès néonatals

Le défunt était un bébé âgé de huit heures, né après 34 semaines et 4 jours de gestation. Il est décédé d’une perforation de la paroi du ventricule gauche et du septum interventriculaire par un drain thoracique inséré du côté gauche de sa poitrine. Un examen du placenta a révélé la présence d’une chorioamnionite et d’une réponse inflammatoire fœtale.

Diagnostic et examens

1.  Il faudrait rappeler aux fournisseurs de soins obstétricaux de procéder à des examens d’imagerie avant l’insertion d’un drain thoracique, si l’état du nourrisson le permet.

N-02

Décès néonatals

Le défunt, un bébé âgé de neuf jours né après 37 semaines et 1 jour de gestation, est décédé d’une encéphalopathie hypoxique-ischémique attribuable à une asphyxie périnatale d’origine inconnue. De nombreuses anomalies placentaires pourraient avoir contribué à son décès.

Aucune recommandation.

N-03

Décès néonatals

Le défunt, un bébé âgé d’une heure né après 33 semaines de gestation, est décédé d’une asphyxie périnatale attribuable (a) à une hypoplasie pulmonaire et (b) à une uropathie obstructive causée par une obstruction membranaire de l’urètre.

Soins médicaux, qualité, communications, diagnostic et examens

  1. Il faudrait rappeler aux fournisseurs de soins obstétricaux de renseigner les femmes obèses qui sont enceintes quant à l’importance de la prise de poids et de l’alimentation. Ils devraient conseiller à ces dernières d’amorcer leur grossesse avec un IMC inférieur à 30 kg/m2 et profiter de leurs examens médicaux périodiques et des autres visites pour aborder le sujet de la perte de poids avant la conception (conformément à la directive clinique de la SOGC no 239, Obésité et grossesse, février 2010).
  2. Il faudrait rappeler aux fournisseurs de soins obstétricaux et de services d’échographie que le risque d’anomalie fœtale est accru chez les femmes obèses. Chez ces femmes, il faudrait procéder à une échographie après 20 à 22 semaines de grossesse (conformément à la directive clinique de la SOGC no 239, Obésité et grossesse, février 2010). Il faudrait aussi recommander, au besoin, des échographies de deuxième ou de troisième intention et des consultations avec un spécialiste en périnatologie.
  3. Il faudrait rappeler aux fournisseurs de soins obstétricaux et de services d’échographie que des anomalies de gravité variable des valves de l’urètre postérieur sont observées chez un fœtus de sexe masculin sur 8 000. Il faut faire preuve de vigilance dès qu’une hydronéphrose bilatérale est observée chez un bébé de sexe masculin. Le cas échéant, il faut chercher à obtenir un suivi approprié et une consultation.
  4. Les fournisseurs de soins obstétricaux et les radiologistes devraient consulter la directive de la SOGC no 197 (septembre 2007) intitulée Surveillance du bien-être fœtal : Directive consensus d’antepartum et intrapartum, plus précisément les pages S18 et S19, qui portent sur le profil biophysique.
  5. L’équipe de soins obstétricaux devrait convenir d’une méthode pour améliorer la communication entre eux afin de veiller à ce que tous les fournisseurs de soins prénataux soient au fait des risques, des préoccupations et des plans associés à chaque grossesse.
  6. Le Comité recommande que le coroner régional principal effectue un suivi auprès de l’hôpital en ce qui a trait aux problèmes soulevés. S’il est d’avis que des problèmes systémiques persistent, le coroner régional principal devrait envisager de procéder à un examen en collaboration avec les représentants concernés de l’hôpital.
  7. Étant donné que la mère du défunt est exposée à un risque accru de diabète gestationnel, de macrosomie fœtale, de dystocie des épaules et de césarienne, le CRP devrait communiquer avec elle pour lui recommander une surveillance accrue durant ses futures grossesses.

N-04

Décès néonatals

Le défunt, un bébé âgé de deux jours né après 40 semaines de gestation, est décédé d’une encéphalopathie hypoxique-ischémique grave causée par (a) une défaillance de plusieurs organes et (b) une rupture utérine. La mère, une femme âgée de 36 ans G5T1P2A1L4, présentait un risque élevé attribuable à la maladie de Crohn, à l’obésité (IMC de 35) et à des antécédents de consommation de drogue (consommation quotidienne de tétrahydrocannabinol [THC]).

Aucune recommandation.

N-05

Décès néonatals

Le défunt, un bébé âgé de 43 minutes né après 40 semaines et trois jours de gestation, est décédé à la suite d’un arrêt de progression du travail attribuable à une macrocéphalie. La mère était âgée de 31 ans G1P0.

Politiques et procédures, qualité

  1. Il faudrait rappeler aux fournisseurs de soins obstétricaux de consulter les lignes directrices sur la gestion du travail et de l’accouchement (2010-2011) de la SOGC en ce qui a trait à la prolongation de la deuxième phase de travail.
  2. Le Comité recommande que le coroner régional principal effectue un suivi auprès de l’hôpital en ce qui a trait aux problèmes soulevés. S’il est d’avis que des problèmes systémiques persistent, le coroner régional principal devrait envisager de procéder à un examen en collaboration avec les représentants concernés de l’hôpital

N-06

Décès néonatals

La défunte était un bébé âgé de trois heures. Aucune cause anatomique n’a été relevée. La mère était une femme âgée de 40 ans G2P1. Un déclenchement avait été prévu à 39 semaines en raison de l’âge avancé de la mère.

Politiques et procédures, formation, diagnostic et examens – SFE

  1. Tous les fournisseurs de soins obstétricaux devraient mettre en place un protocole pour assurer la présence d’un pédiatre et d’un inhalothérapeute lors des accouchements à risque ou en cas de complications durant le travail.
  2. Tous les membres du personnel médical présents aux étapes du travail et de l’accouchement devraient être certifiés en réanimation néonatale.
  3. Il faudrait rappeler aux fournisseurs de soins obstétricaux la nécessité de surveiller la fréquence cardiaque fœtale durant le deuxième stade de travail. Si aucune méthode externe ne peut être utilisée, on peut appliquer une électrode crânienne fœtale si disponible (voir les directives de la SOGC – 2007).

N-07

Décès néonatals

Le défunt, un bébé âgé de 4 jours né après 41 semaines de gestation, est décédé d’une encéphalopathie hypoxique-ischémique. La mère était une femme âgée de 35 ans G4T2A1L2.

Soins médicaux, diagnostic et examens, politiques et procédures

1.  Il faudrait rappeler aux fournisseurs de soins obstétricaux les recommandations suivantes du CEDSMP concernant les patientes qui font de l’hypertension :

•   Il faudrait rappeler aux fournisseurs de soins obstétricaux que l’hypertension durant la grossesse est l’une des principales causes de morbidité et de mortalité maternelle et périnatale (CEDSMP-2007-M-08, Rec. no 1).

•   Il faudrait rappeler aux fournisseurs de soins obstétricaux l’importance de recourir à l’échographie pour évaluer la croissance et le bien-être du fœtus chez les patientes qui font de l’hypertension. (CEDSMP-2011-N-13, Rec. no 2).

2. Il faudrait rappeler aux fournisseurs de soins obstétricaux les recommandations suivantes du CEDSMP concernant la surveillance du bien-être fœtal :

• Il faudrait rappeler aux fournisseurs de soins obstétricaux l’existence de la publication de la SOGC « Surveillance du bien-être fœtal : Directive consensus d’antepartum et intrapartum », Journal d’obstétrique et gynécologie du Canada, vol. 29, no 9, septembre 2007. (CEDSMP-2010-N-17, Rec. no 1).

• Il faudrait rappeler aux fournisseurs de soins obstétricaux l’importance de connaître et de mettre en œuvre la directive de la SOGC « Surveillance du bien-être fœtal : Directive consensus d’antepartum et intrapartum », Journal d’obstétrique et gynécologie du Canada, vol. 29, no 9, septembre 2007. (CEDSMP-2010-N-20, Rec. no 1).

•Les fournisseurs de soins obstétricaux responsables de la surveillance fœtale devraient suivre les lignes directrices énoncées dans la publication « Surveillance du bien-être fœtal : Directive consensus d’antepartum et intrapartum », Journal d’obstétrique et gynécologie du Canada, vol. 29, no 9, septembre 2007. (CEDSMP-2011-N-12, Rec.no 4).

N-08

Décès néonatals

Le défunt, un bébé âgé de 27 minutes né après 36 semaines et 1 jour de gestation, est décédé d’une grave dysplasie rénale bilatérale diffuse. La mère était une femme âgée de 32 ans G5P3A1.

Aucune recommandation.

N-09

Décès néonatals

La défunte, un bébé de 19 jours né après 41 semaines et 4 jours de gestation, est décédée d’une asphyxie périnatale. Les facteurs ayant contribué à son décès sont un retard de croissance intra-utérin, une vasculopathie thrombotique fœtale du placenta ainsi que l’hypertension de la mère, une femme de 31 ans G1 avec des antécédents d’hypertension chronique contrôlée.

Soins médicaux

  1. Il faudrait rappeler aux fournisseurs de soins obstétricaux d’envisager, chez les femmes atteintes d’hypertension non compliquée n’affichant aucun autre problème après 37 semaines de gestation, un accouchement entre 38 semaines + 0 jour et 39 semaines + 6 jours de gestation (voir la recommandation no 91 de la directive no 307 de la SOGC intitulée Diagnostic, évaluation et prise en charge des troubles hypertensifs de la grossesse, mai 2014).

N-10

Décès néonatals

La défunte, un bébé âgé d’un mois né après 33 semaines et 3 jours de gestations, est décédée d’une grave septicémie à Gram négatif avec choc et coagulopathie. La mère était une femme de 36 ans G6P0 qui avait eu recours à la fécondation in vitro (FIV).

Aucune recommandation.

N-11

Décès néonatals

Le défunt, un bébé d’un mois né après 40 semaines de gestation, est décédé d’une lésion cérébrale anoxique causée par un traumatisme de la naissance. Un examen du placenta a révélé une chorioamnionite aiguë et une vasculite chorionique. La mère était une femme de 29 ans G3A2 ayant subi deux avortements spontanés précoces.

L’hôpital a mené son propre examen interne et a formulé des recommandations.

Aucune recommandation du CEDSMP.

N-12

Décès néonatals

La défunte, un bébé de 24 heures né après 39 semaines et 6 jours de gestation, est décédée d’une encéphalopathie hypoxique-ischémique.

Diagnostic et examens – SFE, soins médicaux, politiques et procédures

  1. Il faudrait rappeler aux fournisseurs de soins obstétricaux de consulter la directive clinique de la SOGC intitulée Déclenchement du travail (no 296, septembre 2013) au moment de déclencher ou de stimuler le travail.
  2. Il faudrait rappeler aux fournisseurs de soins obstétricaux l’existence de la publication de la SOGC intitulée Surveillance du bien-être fœtal : Directive consensus d’antepartum et intrapartum (no 197, septembre 2007).
  3. Il faudrait rappeler aux fournisseurs de soins obstétricaux que si la fréquence cardiaque fœtale est anormale durant le travail, des mesures doivent être prises pour évaluer l’état du fœtus à l’aide d’une électrode interne sur le cuir chevelu ou par la gazométrie du cuir chevelu. Si la situation persiste et qu’il est impossible de procéder à un examen adéquat, un accouchement d’urgence s’impose.
  4. Il faudrait rappeler aux fournisseurs de soins obstétricaux que lorsque le deuxième stade actif du travail se prolonge, le fœtus est exposé à un risque accru d’acidose. Il est essentiel d’évaluer adéquatement le progrès et de suivre le bien-être du fœtus.

N-13

Décès néonatals

Le défunt, un bébé de deux jours né après 40 semaines de gestation, est décédé d’une encéphalopathie hypoxique-ischémique causée par un stress hypoxique-ischémique intra-utérin de cause inconnue survenu avant le travail et l’accouchement. La mère était une femme de 29 ans G1P0.

Diagnostic et examens –SFE, communications

  1. Il faudrait rappeler aux fournisseurs de soins obstétricaux les critères d’un tracé de fréquence cardiaque fœtale anormal et les mesures devant être prises conformément aux directives cliniques de la SOGC sur la surveillance fœtale intrapartum publiées en septembre 2007.
  2. Il faudrait rappeler aux fournisseurs de soins obstétricaux l’importance de consigner rapidement des renseignements exhaustifs, exacts et détaillés sur l’ensemble des mesures, des évaluations et des décisions.

N-14

Décès néonatals

Le défunt, un bébé de 24 heures né après 40 semaines et 2 jours de gestation, est décédé d’une sepsie à streptocoques du groupe B. Les antécédents de la mère étaient G4P3.

Transfert, qualité, diagnostic et examens, formation, politiques et procédures

  1. Il faudrait rappeler aux sages-femmes, aux ambulanciers et aux préposés aux services de santé d’urgence de revoir la section 5 (Obstetrical Conditions – Midwives at the Scene Standard) des normes Basic Life Support Patient Care Standards (janvier 2007, version 2.0) publiées par le ministère de la Santé et des Soins de longue durée.
  2. Tous les ambulanciers et les préposés aux services de santé d’urgence devraient être obligés de réussir chaque année le cours en réanimation néonatale.
  3. Toutes les cliniques de sages-femmes en Ontario devraient se doter de protocoles de transfert à partir de lieux extrahospitaliers.
  4. Il faudrait rappeler aux sages-femmes en Ontario d’avoir recours à l’oxymétrie pulsée dans le contexte de la réanimation néonatale.
  1. Les sages-femmes, le personnel des services médicaux d’urgence, les cadres supérieurs des hôpitaux et les chefs des unités de maternité et de soins néonataux de la région dans laquelle le décès a eu lieu devraient se rencontrer pour discuter des rôles et des algorithmes d’appel ainsi que de la méthode et du moment pour gérer les écarts par rapport à ce processus en fonction de la gravité du cas, du principal fournisseur de soins sur place, de la nature de l’appel (maternel ou néonatal) et de l’étendue des services fournis par les établissements de transfert potentiels. Ce cas devrait être examiné par toutes les personnes participant au transfert et se fiant à la section 5 (Obstetrical Conditions – Midwives at the Scene Standard) des normes Basic Life Support Patient Care Standards (janvier 2007, version 2.0) en tant que ressource.
  1. Il faudrait que les services médicaux d’urgence concernés revoient le protocole de transfert d’un nouveau-né que l’on présume en détresse respiratoire. Ils devraient se pencher sur le mécanisme (p. ex., incubateur, siège pour bébé) et la position de transfert (p. ex., position semi-assise, ventrale ou latérale), le moment du transfert (aborder les délais propres à ce cas), les soins à fournir (p. ex., CPAP ou VPEP continue), le choix d’un emplacement en fonction des fournisseurs de soins appropriés (p. ex., consultation d’un pédiatre, mais le bébé est envoyé dans un autre hôpital de la région) et des services d’urgence ainsi que la reconnaissance de la principale sage-femme sur place. Ils devraient également inclure la section 5 (Obstetrical Conditions – Midwives at the Scene Standard) des normes Basic Life Support Patient Care Standards (janvier 2007, version 2.0) dans leur examen.

N-15

Décès néonatals

La défunte était un bébé de 11 heures né après 39 semaines et 3 jours de gestation. La cause de son décès demeure inconnue. La mère était une femme de 35 ans G1P0 avec des antécédents de papillomavirus humain et de vaginose bactérienne.

Diagnostic et examens, ressources

1.  L’Ordre des sages-femmes devrait envisager de rendre obligatoire la présence d’équipement de mesure de la glycémie aux points de service.

S-01

Mortinaissances

La mère, une femme de 19 ans G1P0, s’est présentée en travail après 39 semaines de gestation. Il a été déterminé que la cause de cette mortinaissance était une complication liée au cordon ombilical. Une insuffisance placentaire a également contribué au décès.

Politiques et procédures, communications, formation, qualité

  1. Il faudrait rappeler aux fournisseurs de soins obstétricaux les directives relatives à la classification et à la prise en charge des tracés anormaux de la fréquence cardiaque fœtale de la Société des obstétriciens et gynécologues du Canada (SOGC, septembre 2007).
  2. Il faudrait rappeler à tous les fournisseurs de soins obstétricaux l’importance d’une documentation complète, exacte et fournie promptement.
  3. L’établissement dans lequel le décès est survenu devrait songer sérieusement à participer aux programmes GESTA et AMPROOB destinés à tous les fournisseurs de soins obstétricaux.
  4. L’établissement devrait effectuer un examen à l’interne, en particulier en ce qui concerne la surveillance de la santé du fœtus, la prise en charge du deuxième stade de travail, la communication et la documentation.

S-02

Mortinaissances

La mère était une femme âgée de 41 ans G2P1. Le décès a été directement causé par un décollement placentaire et une rupture utérine attribuable à une hyperstimulation de l’utérus durant le déclenchement du travail. L’âge avancé de la mère a aussi contribué au décès.

Aucune recommandation.

S-03

Mortinaissances

La mère était une femme de 31 ans G1P0. La cause du décès est indéterminée.

  1. Il faudrait rappeler aux fournisseurs de soins obstétricaux la relation entre les résultats défavorables pour le fœtus et les marqueurs sériques anormaux décrite dans les publications Complications obstétricales associées aux analytes anormaux des marqueurs sériques maternels (Directive clinique de la SOGC, 2008) et Retard de croissance intra-utérin : Dépistage, diagnostic et prise en charge (Directive clinique de la SOGC, 2013).
  2. Il faudrait rappeler aux fournisseurs de soins obstétricaux que toutes les investigations cliniques pertinentes doivent être consignées dans le dossier prénatal.

S-04

Mortinaissances

La mère était une femme de 31 ans G2T1P0A0L1. Le décès a été attribué à une asphyxie périnatale aiguë d’origine inconnue.

Diagnostic et examens – SFE, transfert

  1. Il faudrait rappeler aux fournisseurs de soins obstétricaux de noter la fréquence cardiaque de la mère et du fœtus pour veiller à ce que ce soit bien la fréquence cardiaque fœtale qui est détectée durant l’auscultation.
  2. Il faudrait rappeler aux fournisseurs de soins obstétricaux qu’en présence de traces de méconium, l’unité de soins obstétricaux de l’hôpital devrait procéder à une surveillance fœtale électronique.
  3. Il faudrait rappeler aux sages-femmes qu’en cas de présence de méconium dans le liquide amniotique d’une femme venant tout juste d’amorcer le travail actif à la maison et à une certaine distance des services obstétricaux d’urgence, celle-ci doit être transférée en milieu hospitalier afin que le nouveau-né reçoive les soins appropriés.

[1] Rapport spécial sur la mortalité maternelle et la morbidité maternelle grave au Canada, Santé Canada, 2004.