TG-03-2016 Niveaux de dotation en personnel dans les établissements de soins, les établissements de soins et de traitement et les maisons de retraite

TG-03-2016F

Niveaux de dotation en personnel dans les établissements de soins, les établissements de soins et de traitement et les maisons de retraite

 

Bureau du commissaire des incendies et de la gestion des situations d’urgence

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Préface

Les présentes lignes directrices mettent à jour les lignes directrices TG-01-2013 publiées en décembre 2013. Certaines parties des lignes directrices ont été modifiées pour tenir compte des exigences actuelles du Code de prévention des incendies de l’Ontario, Règlement de l’Ontario 213/07, dans sa version modifiée. Par ailleurs, les renseignements concernant les exercices d’incendie qui figuraient auparavant à l’Annexe E ont été retirés des lignes directrices. Une version actualisée de ces renseignements figurent désormais à l’Annexe A de la Directive du Commissaire des Incendies 2014-002.

Octobre 2016

 

TABLE OF CONTENTS  

Préface

Résumé

1.0        DOMAINE D’APPLICATION

2.0        ÉTABLISSEMENTS DE SOINS, ÉTABLISSEMENTS DE SOINS ET DE TRAITEMENT, ET MAISONS DE RETRAITE

2.1        Assistance pour l’évacuation

3.0        SÉCURITÉ CONTRE L’INCENDIE DANS LES ÉTABLISSEMENTS DE SOINS, LES ÉTABLISSEMENTS DE SOINS ET DE TRAITEMENT, ET LES MAISONS DE RETRAITE

4.0        ÉLABORATION D’UN PLAN DE SÉCURITÉ-INCENDIE ET PERSONNEL DE SURVEILLANCE

5.0        NIVEAU DE DOTATION EN PERSONNEL

5.1        Facteurs qui influent sur l’effectif du personnel requis

6.0        CALCUL DES BESOINS EN PERSONNEL

7.0        EXERCICES D’INCENDIE

8.0        RESPONSABILITÉ

9.0        RENSEIGNEMENTS ADDITIONNELS

Annexe A – Temps disponible pour évacuer la zone. A1

Annexe B – Illustrations

Annexe C – Temps de détection

Annexe D – Guide pour la détermination du temps requis pour l’évacuation de l’étage ou du secteur 

Section du BCIGSU : Services techniques au 647 329-1100

La reproduction de ces lignes directrices à des fins autres que commerciales est autorisée et encouragée. Leur reproduction à des fins commerciales doit être autorisée par le Bureau du commissaire des incendies et de la gestion des situations d’urgence de l’Ontario.

 

Résumé

Le Code de prévention des incendies de l’Ontario exige que tous les établissements de soins, établissements de soins et de traitement, et maisons de retraite préparent et mettent en œuvre un plan de sécurité-incendie approuvé par le chef de la sécurité-incendie. Chacun de ces établissements de soins doit également désigner, organiser et former le personnel de surveillance chargé d’exécuter les tâches nécessaires de sécurité-incendie. Le personnel de surveillance doit avoir un effectif suffisant de personnel pour exécuter ces tâches. Les présentes lignes directrices visent à aider à déterminer l’effectif du personnel de surveillance requis pour mettre en œuvre correctement le plan de sécurité-incendie et, notamment, pour procéder à une évacuation d’urgence.

Ces lignes directrices décrivent un certain nombre de facteurs à prendre en considération pour déterminer le nombre de membres du personnel nécessaire pour déplacer les résidents vers un lieu sécuritaire en cas d’incendie. Elles décrivent une méthodologie pour calculer les besoins en personnel à partir de scénarios d’incendie probables et en fonction de la catégorie de résidents. Des conseils sont également fournis quant aux ajustements qui peuvent être faits lorsque le temps requis pour déplacer les résidents ou les patients vers un lieu sécuritaire est plus long que le temps disponible pour ne pas être en danger.

 

1.0 DOMAINE D’APPLICATION

Ces lignes directrices visent à aider les administrateurs d’établissement et les chefs de la sécurité-incendie à établir l’effectif du personnel nécessaire pour mettre en œuvre efficacement les plans de sécurité-incendie dans les établissements de soins, les établissements de soins et de traitement et les maisons de retraite. Elles décrivent une méthodologie d’évaluation théorique (« sur table ») pour calculer les besoins en dotation de personnel à partir de scénarios d’incendie probables et en fonction de la catégorie d’occupants. Elles ne visent pas à remplacer les exercices d’incendie prescrits par le Code de prévention des incendies.

Remarque :
Les conseils fournis dans ce document partent de l’hypothèse que le bâtiment est conforme au Code du bâtiment et au Code de prévention des incendies et que tous les systèmes et caractéristiques de sécurité-incendie du bâtiment sont inspectés, mis à l’essai et entretenus conformément aux dispositions du Code de prévention des incendies.

2.0 ÉTABLISSEMENTS DE SOINS, ÉTABLISSEMENTS DE SOINS ET DE TRAITEMENT, ET MAISONS DE RETRAITE

Le Code de prévention des incendies exige que tout bâtiment soit « classé selon son usage principal » par le chef de la sécurité-incendie conformément au Code du bâtiment (article 2.1.2.1., division B du Code de prévention des incendies). Aux fins de la classification des usages, les définitions du Code du bâtiment et du Code de prévention des incendies sont essentiellement les mêmes.

Définitions du Code du bâtiment [traduction]

Un établissement de soins désigne un établissement dans lequel des soins spéciaux sont fournis, directement par le personnel de l’établissement ou indirectement par un autre fournisseur, aux résidents de l’établissement

  1. qui requièrent ces soins spéciaux en raison de limitations cognitives ou physiques, et
  2. qui, en raison de ces limitations, seraient incapables d’évacuer l’établissement, au besoin, sans l’assistance d’une autre personne.

Un établissement de soins et de traitement désigne un établissement où des personnes reçoivent des soins spéciaux et un traitement.

Définition du Code de prévention des incendies

Une maison de retraite désigne une maison de retraite réglementée par la Loi de 2010 sur les maisons de retraite, indépendamment du fait qu’il s’agisse d’un établissement de soins ou d’une habitation.

2.1 Assistance pour l’évacuation

Une personne qui reçoit des soins spéciaux dans un établissement de soins ou une maison de retraite ou qui reçoit des soins spéciaux et un traitement dans un établissement de soins et de traitement n’est pas en mesure d’assurer seule sa propre survie et a besoin de l’aide du personnel pour évacuer et se rendre jusqu’à un lieu sécuritaire en cas d’incendie. De ce fait, l’évacuation des patients ou résidents jusqu’à un lieu sécuritaire relève de la responsabilité du personnel de surveillance, selon les modalités prévues dans le plan de sécurité-incendie de l’établissement. Le rôle principal des pompiers est d’éteindre l’incendie et d’effectuer au besoin des opérations de sauvetage – on ne devrait donc pas compter sur eux pour l’évacuation des occupants.

Les patients et résidents qui ont besoin d’assistance pour évacuer pourraient inclure des personnes qui, selon le cas :

  • ne peuvent pas se déplacer seules;
  • ont besoin d’assistance pour utiliser un accessoire fonctionnel de mobilité ou y accéder, par exemple, pour s’assoir dans un fauteuil roulant ou en sortir ou pour accéder à un déambulateur ou à une canne;
  • sont dans l’incapacité de suivre des instructions en situation d’urgence; ou
  • sont en mesure d’évacuer seules, mais pas sans recevoir au départ de l’assistance ou des instructions précises, ou dans les délais considérés nécessaires pour évacuer en toute sécurité en situation d’urgence.

3.0 SÉCURITÉ CONTRE L’INCENDIE DANS LES ÉTABLISSEMENTS DE SOINS, LES ÉTABLISSEMENTS DE SOINS ET DE TRAITEMENT, ET LES MAISONS DE RETRAITE

Le Code du bâtiment exige généralement, pour les établissements de soins, les établissements de soins et de traitement et les maisons de retraite, une norme de construction plus rigoureuse que pour les habitations, notamment du point de vue de la résistance au feu, des moyens d’évacuation et des systèmes d’alerte précoce et d’extinction. Les systèmes de gicleurs automatiques constituent l’une des mesures obligatoires essentielles pour la plupart de ces bâtiments. Ces caractéristiques supérieures qui sont exigées partent du principe qu’en cas d’incendie, l’évacuation pourrait être retardée ou ralentie par le fait que certains occupants ne seront pas en mesure d’évacuer sans aide.

Les bâtiments existants, autres que ceux qui sont déjà conformes au Code du bâtiment (dans certains cas, à une édition particulière de celui-ci), doivent satisfaire aux exigences de mise à niveau établies dans la partie 9 de la division B du Code de prévention des incendies (voir l’article 9.1.2.2.).

Malgré la présence de caractéristiques de sécurité-incendie intégrées au bâtiment, on compte largement sur la disponibilité de personnel formé pour faciliter l’évacuation en cas d’incendie jusqu’à un « lieu sécuritaire ». Un « lieu sécuritaire » est un endroit à l’extérieur et éloigné du bâtiment, ou situé à l’intérieur du bâtiment, mais offrant un degré supérieur de résistance au feu que le chef de la sécurité-incendie juge acceptable. Exemples de lieu sécuritaire :

  • un endroit situé dans un escalier d’issue qui est séparé du reste du bâtiment par une séparation coupe-feu ayant un degré de résistance au feu d’au moins 30 minutes et de dimensions suffisantes pour accueillir les occupants évacués;
  • un endroit situé dans une autre partie du bâtiment, de dimensions suffisantes pour accueillir les occupants évacués et qui :
    • est séparé du secteur touché par l’incendie par une séparation coupe-feu ayant un degré de résistance au feu d’au moins 30 minutes,
    • permet d’accéder à une sortie sans nécessiter de repasser par le secteur touché par l’incendie, et
    • n’est généralement pas situé à un étage qui se trouve au-dessus de celui touché par l’incendie;
  • un étage au-dessous de celui où se trouve le foyer d’incendie.

Les lieux sécuritaires situés à l’intérieur doivent toujours être considérés comme des aires de refuge temporaire, l’évacuation devant dans tous les cas se poursuivre jusqu’à ce que tous les occupants se trouvent à l’extérieur du bâtiment. Le service d’incendie qui intervient a le pouvoir discrétionnaire de mettre fin à n’importe quelle phase de l’évacuation une fois que le foyer d’incendie a été éteint et que le bâtiment est jugé sécuritaire.

4.0 ÉLABORATION D’UN PLAN DE SÉCURITÉ-INCENDIE ET PERSONNEL DE SURVEILLANCE

Selon la section 2.8 de la division B du Code de prévention des incendies, les propriétaires d’établissements de soins, d’établissements de soins et de traitement et de maisons de retraite sont tenus de préparer et de mettre en œuvre un plan de sécurité-incendie approuvé par le chef de la sécurité-incendie. La démarche à suivre pour faire approuver le plan de sécurité-incendie est généralement la suivante :

  1. L’administrateur de l’établissement prépare un plan de sécurité-incendie conforme aux exigences du paragraphe 2.8.2.1.(2) de la division B du Code de prévention des incendies;
  2. L’administrateur de l’établissement présente le plan de sécurité-incendie au chef de la sécurité-incendie, pour examen et approbation, conformément au paragraphe 2.8.2.1.(1);
  3. Le chef de la sécurité-incendie approuve le plan de sécurité-incendie, en y apportant au besoin des modifications;
  4. L’administrateur de l’établissement met en œuvre le plan de sécurité-incendie tel qu’il a été approuvé;
  5. Dans les établissements de soins et les établissements de soins et de traitement, le personnel de surveillance procède à des exercices d’incendie mensuels conformément au paragraphe 2.8.3.2.(2);
  6. Dans les établissements de soins, les établissements de soins et de traitement et les maisons de retraite, le personnel de surveillance doit procéder à des exercices d’incendie annuels selon un scénario approuvé par le chef de la sécurité-incendie et qui représente le nombre le plus faible de membres du personnel présents dans l’établissement, afin de confirmer que cet effectif réduit est suffisant pour effectuer toutes les tâches prévues dans le plan de sécurité-incendie et que des tâches essentielles particulières peuvent être effectuées dans les délais cibles établis d’avance conformément au paragraphe 2.8.3.2.(6).
  7. L’administrateur de l’établissement doit aviser le chef de la sécurité-incendie avant chaque exercice d’incendie annuel conformément à l’article 2.8.3.3.;
  8. L’administrateur de l’établissement examine le plan de sécurité-incendie à intervalles d’au plus 12 mois et le modifie au besoin pour tenir compte de tout changement important survenu dans les caractéristiques du bâtiment, l’effectif du personnel ou les catégories de résidents;
  9. L’administrateur de l’établissement consulte le chef de la sécurité-incendie pour s’assurer que les changements apportés au plan de sécurité-incendie ne remettent pas en cause l’approbation initiale.

L’établissement doit également désigner, organiser et former le personnel de surveillance chargé d’exécuter les tâches nécessaires de sécurité-incendie (article 2.8.1.2). Comme l’exige le paragraphe 2.8.2.1.(8), les dossiers de formation du personnel de surveillance doivent être conservés pendant au moins deux ans et, sur demande, être mis à la disposition du chef de la sécurité-incendie. Le Code de prévention des incendies définit le « personnel de surveillance » comme suit : occupants désignés d’un bâtiment ayant certaines responsabilités à l’égard de la sécurité des autres occupants en vertu du plan de sécurité-incendie; peut inclure le service d’incendie si celui-ci accepte cette responsabilité.

Les lignes directrices techniques TG-00-1997, « Lignes directrices relatives aux plans de sécurité-incendie dans les établissements de soins » et TG-02-1999 « Plan de sécurité-incendie pour les établissements institutionnels », que l’on peut se procurer sur le site Web du Bureau du commissaire des incendies et de la gestion des situations d’urgence (BCIGSU) à www.ontario.ca/commissairedesincendies, contiennent des renseignements additionnels sur l’élaboration et la mise en œuvre d’un plan de sécurité-incendie dans les établissements de soins et les établissements de soins et de traitement, y compris la désignation du personnel de surveillance. Ces lignes directrices peuvent faire l’objet de mises à jour; il est donc recommandé de vérifier régulièrement le site Web pour s’assurer de disposer de la version la plus récente.

5.0 NIVEAU DE DOTATION EN PERSONNEL

Même si l’article 2.8.2.2. de la division B du Code de prévention des incendies stipule qu’il doit y avoir suffisamment de personnel de surveillance dans les établissements de soins, les établissements de soins et de traitement et les maisons de retraite pour exécuter les tâches prévues par le plan de sécurité-incendie, il ne précise pas l’effectif de ce personnel de surveillance, puisque les besoins dépendent de facteurs qui varient d’un établissement à l’autre. Par conséquent, il faut procéder à une évaluation individuelle des besoins en personnel de surveillance pour chaque établissement, en tenant compte des facteurs suivants :

  • le degré d’assistance requise pour l’évacuation des occupants;
  • le nombre d’occupants à évacuer;
  • les caractéristiques de construction et de protection contre l’incendie du bâtiment pour maîtriser la croissance et la propagation d’un foyer d’incendie;
  • le niveau de formation du personnel;
  • les autres tâches dont le personnel doit s’acquitter conformément au plan de sécurité-incendie.

5.1 Facteurs qui influent sur l’effectif du personnel requis

  1. Degré d’assistance requise pour l’évacuation des occupants

Le degré d’assistance requise pour l’évacuation des occupants dépend directement de la nature et de la gravité des handicaps dont sont atteints les occupants. Les établissements qui hébergent des personnes ayant un handicap cognitif ou physique important exigent davantage de personnel pour aider les occupants à se rendre jusqu’à un endroit sécuritaire en cas d’urgence. Par exemple, un établissement de soins ayant un nombre élevé de résidents qui utilisent des accessoires fonctionnels de mobilité exigera une plus grande intervention du personnel qu’un établissement similaire qui comprend quelques personnes ayant un handicap cognitif, mais dont les résidents sont, pour la plupart, en mesure de se déplacer seuls.

  1. Nombre d’occupants à évacuer

Le nombre d’occupants dans un établissement donné peut varier d’un étage à l’autre, d’un secteur à l’autre dans un même étage et aussi selon l’heure de la journée. Par exemple, le réfectoire peut se trouver à un étage particulier du bâtiment où tous les résidents se retrouvent pour les repas. Dans ces circonstances, le nombre de membres du personnel qui serait requis pour évacuer les résidents du réfectoire serait plus élevé au moment des repas que le reste du temps.

Le nombre d’occupants à évacuer variera aussi selon les circonstances de l’incendie. Le plan de sécurité-incendie devrait envisager divers scénarios basés sur la dimension et l’utilisation des compartiments résistants au feu susceptibles d’être touchés. Par exemple, si le foyer d’incendie se trouve dans la chambre d’un résident ou d’un patient, il est vraisemblable qu’il faudra évacuer seulement un ou deux résidents ou patients dans la « phase initiale » alors que si le feu prend naissance dans la salle à manger ou dans une unité de soins intensifs, un nombre nettement plus élevé de personnes devront être évacuées. La « phase initiale » prend généralement fin lorsque la porte d’accès à la pièce où se trouve le foyer d’incendie est fermée pour contenir le feu et la fumée.

Si la phase suivante de l’évacuation inclut le compartiment au feu où se trouve la pièce en question, le nombre de résidents ou de patients à déplacer sera nettement plus élevé. Néanmoins, si l’étage est subdivisé en zones ou secteurs par des séparations ayant un degré de résistance au feu, le nombre de résidents ou patients à évacuer durant cette phase pourrait être moins élevé. Pour chaque scénario d’incendie, il faut déterminer le nombre d’occupants à évacuer et donc établir le nombre de membres du personnel requis.

Il faut aussi envisager d’évacuer les patients ou résidents qui se trouvent directement au‑dessus de la pièce où le feu a pris naissance. Le feu pourrait prendre de l’ampleur et compromettre la résistance du plafond, mettant en danger les personnes qui se trouvent dans la pièce directement au-dessus.

  1. Caractéristiques de construction et de protection contre l’incendie du bâtiment pour limiter la propagation du feu

Les bâtiments abritant un établissement de soins, un établissement de soins et de traitement ou une maison de retraite qui sont conformes aux dispositions de la version actuelle du Code du bâtiment offrent un degré élevé de protection à leurs occupants. Même si les caractéristiques particulières varient selon les dimensions et la hauteur du bâtiment, les caractéristiques typiques de ce genre d’établissement incluent des séparations résistantes au feu pour les corridors et les chambres des patients/résidents, la subdivision des étages en compartiments résistants au feu, des dispositifs de fermeture automatique sur les portes des chambres de patient/résident, des issues protégées, des systèmes de détection et d’alarme incendie perfectionnés et des systèmes de gicleurs automatiques. Les bâtiments qui n’ont pas ce genre de caractéristiques peuvent nécessiter un plus grand effectif de personnel pour compenser le manque de protection intégrée, parce qu’un nombre supérieur d’occupants pourraient être en danger plus tôt en cas d’incendie.

  1. Niveau de formation du personnel

Il est essentiel que les membres du personnel aient reçu la formation nécessaire pour prendre les mesures appropriées en cas d’incendie. Des mesures appropriées peuvent notamment éviter que le feu et la fumée se propagent rapidement dans le bâtiment. Par exemple, une réaction rapide pour bien fermer la porte de la pièce où se trouve le foyer d’incendie permettra de retarder la propagation du feu et de la fumée au corridor et aux pièces adjacentes.

La formation du personnel doit aussi porter sur les techniques et procédures appropriées pour déplacer les résidents ou patients qui ne peuvent pas marcher, sont alités ou gravement malades. Une formation spéciale pourra être nécessaire pour s’assurer de l’utilisation efficace et sécuritaire des appareils ou accessoires susceptibles de faciliter l’évacuation.

Les établissements qui assurent une formation complète et continue de leur personnel bénéficieront d’un meilleur niveau de sécurité. Un personnel bien formé sera aussi en mesure de procéder à l’évacuation plus rapidement et efficacement et de réduire ainsi les autres ressources internes et externes nécessaires.

  1. Autres tâches dont le personnel doit s’acquitter conformément au plan de sécurité-incendie

Le plan de sécurité-incendie pourrait prévoir que des membres du personnel qui se trouvent dans un secteur particulier d’un bâtiment soient chargés d’exécuter certaines tâches ailleurs dans le bâtiment. Ces personnes pourraient alors être retardées ou ne pas être disponibles pour aider à évacuer les occupants. Par exemple, certains membres du personnel de surveillance pourraient être chargés de se rendre à l’entrée principale en attendant l’arrivée des pompiers. La sécurité des occupants peut être gravement compromise s’il ne reste qu’un membre du personnel sur deux pour évacuer l’étage. Il faut donc établir le nombre minimal de membres du personnel en tenant compte des autres tâches qu’ils devront exécuter conformément au plan de sécurité-incendie.

6.0     CALCUL DES BESOINS EN PERSONNEL

Remarque : la méthode de calcul décrite ci-dessous constitue une méthode facultative pour la détermination de l’effectif du personnel requis selon les scénarios probables d’incendie et les catégories d’occupants. Elle ne vise pas à remplacer les exercices d’incendie prescrits par le Code de prévention des incendies.

Temps pour la détection (Tdétection) + Temps requis pour l’évacuation (Trequis) ≤ Temps disponible (Tdisponible)

L’évaluation du personnel nécessaire pour évacuer un établissement particulier exige une approche systématique et coordonnée. Cette évaluation devrait être effectuée par un comité mixte de la direction et du personnel chargé de la planification des mesures en cas de catastrophe. Pour parvenir à une estimation raisonnable, il est important de bien connaître les méthodes d’évacuation. L’objectif global pour établir l’effectif du personnel nécessaire consiste à s’assurer que le temps pris pour détecter ou découvrir un foyer d’incendie et pour évacuer les résidents ou patients d’une pièce ou d’un étage (ou une partie de celui-ci) jusqu’à un lieu sécuritaire ne dépasse pas le temps disponible pour procéder à l’évacuation en toute sécurité.

En règle générale, il faut suivre les étapes suivantes pour déterminer les besoins en personnel * :

  1.  Détermination des scénarios

Un certain nombre de scénarios probables d’incendie doivent être envisagés en fonction des occupants, des sources d’inflammation possibles et des caractéristiques du bâtiment. L’effectif du personnel devra être déterminé séparément pour chaque scénario.

Lors de l’examen des scénarios probables d’incendie dans le but de déterminer les niveaux de dotation en personnel, il faut considérer les débuts d’incendie et les circonstances les plus probables, plutôt que les scénarios les pires.

Pour évaluer le scénario d’un incendie qui débuterait dans une chambre de résident ou de patient, il faut tenir compte des situations où les résidents ou patients dorment et où l’effectif du personnel est à son niveau le plus bas. C’est généralement le cas pendant les heures de nuit. Un nombre moindre de membres du personnel sont disponibles pour intervenir et déplacer le ou les occupants de cette chambre jusqu’à un lieu sécuritaire, puis pour faire évacuer les autres résidents ou patients jusqu’au lieu sécuritaire suivant. Si l’étage touché n’est pas subdivisé en secteurs par des séparations coupe-feu efficaces, il pourrait être nécessaire de faire descendre les résidents ou patients par les escaliers, ce qui peut être physiquement exigeant pour le personnel et prendre plus de temps.

Il faut également envisager d’autres scénarios probables durant d’autres périodes de la journée ou en soirée pour déterminer les niveaux de dotation en personnel au sein de l’établissement. La méthode de calcul proposée dans ces lignes directrices aidera les propriétaires et exploitants d’établissements à déterminer si ces scénarios pourraient présenter des difficultés avec l’effectif actuel du personnel.

Typiquement, les facteurs à prendre considération pour l’évaluation d’un scénario sont les suivants : le lieu et l’heure du début de l’incendie, les moyens de détection d’incendie, le nombre de membres du personnel disponibles pour l’évacuation des résidents ou des patients, le ou les divers lieux de sécurité disponibles lorsque les résidents ou les patients sont évacués horizontalement et, peut-être, verticalement, selon les caractéristiques de protection contre l’incendie dans le bâtiment.

Exemple de scénario :

Pendant le quart de nuit, un feu prend naissance dans une chambre de résident à l’étage supérieur (1er étage) où se trouvent à la fois des résidents qui peuvent se déplacer et des résidents qui ne le peuvent pas. L’alarme-incendie est activée par un détecteur de fumée dans la chambre. Le feu a pris une ampleur telle qu’il est nécessaire d’évacuer une aile complète de l’étage dans une aile adjacente, de l’autre côté d’une séparation coupe-feu. Après l’évacuation du secteur, il faudra procéder à l’évacuation jusqu’au rez-de-chaussée. Deux membres du personnel sont de garde pour aider les résidents à évacuer. Il n’y a pas de gicleurs dans le bâtiment.

  1. Collecte des données

Recueillir les données pertinentes afin d’évaluer la capacité de l’établissement à procéder à une évacuation selon les scénarios identifiés. On notera que le profil des résidents dans un établissement de soins ou une maison de retraite changera probablement avec le temps et qu’il faut donc procéder à cette analyse périodiquement afin de s’assurer que l’évaluation reste valable. Dans un établissement de soins et de traitement, les patients et leur état changent si souvent qu’il est préférable de supposer qu’aucun ne peut se déplacer sans assistance.

Exemples

  1. Nombre de résidents qui ont besoin d’une assistance et de consignes au départ, mais qui peuvent ensuite évacuer sans assistance particulière [catégorie A].
  2. Nombre de résidents capables de se déplacer au moyen d’aides à la mobilité et qui ont besoin d’une certaine assistance [catégorie B].
  3. Nombre de patients qui ne peuvent pas marcher, mais sont capables d’aider les personnes qui les transportent (p. ex., en passant leurs bras autour des épaules des personnes qui les aident) [catégorie C].
  4. Nombre de patients ou résidents qui ne peuvent pas marcher et sont incapables d’aider à leur transport (y compris des résidents d’une autre catégorie, mais qui sont sous l’effet de médicaments) [catégorie D].
  5. Nombre de membres de personnel dans le bâtiment pendant chaque quart de travail qui peuvent aider à l’évacuation (en tenant compte des autres tâches dont ils sont chargés selon le plan de sécurité-incendie).
  6. Nombre de membres de personnel dans les bâtiments adjacents ou voisins pendant chaque quart de travail qui peuvent aider à l’évacuation (en tenant compte des autres tâches dont ils sont chargés selon le plan de sécurité-incendie).

  1. Temps mis pour détecter le foyer d’incendie (Tdétection)

Tdétection = temps qui s’écoule entre la naissance du feu et le moment où le personnel est averti d’une urgence d’incendie par le déclenchement de l’alarme ou par un autre moyen

Estimer le temps de détection en se basant sur les scénarios d’incendie probables qui ont été identifiés et en tenant compte des dispositifs de détection d’incendie disponibles. Pour estimer ce temps, tenir compte de l’heure dans la journée, de l’utilisation des pièces et de la probabilité que du personnel soit présent dans ce secteur à ce moment-là. Par exemple, dans un établissement de soins ou un foyer de soins de longue durée, il y aura vraisemblablement du personnel présent dans la salle à manger aux heures de repas des résidents. Une salle de réveil dans un hôpital est un autre exemple d’endroit où il y a constamment du personnel pour surveiller le réveil des patients.

Tdétection peut être un facteur important dans la détermination du temps dont on disposera pour évacuer un secteur en toute sécurité. La somme du temps de détection et des temps d’évacuation ne devrait pas dépasser la durée pendant laquelle des personnes peuvent se trouver dans le secteur en question sans être en danger. Si Tdétection est trop élevé, on disposera de moins de temps pour l’évacuation. En fait, si la détection dans la pièce où se trouve le foyer d’incendie est retardée, il pourrait être impossible pour le personnel d’entrer dans cette pièce. Si la détection est retardée encore davantage et que toute la pièce prend feu, la durée de confinement fournie par les séparations coupe-feu et les portes fermées de cette pièce pourrait être en partie utilisée avant même que l’évacuation commence. Il est donc très important de maintenir la valeur de Tdétection aussi faible que possible en utilisant des détecteurs d’incendie, afin de disposer du maximum de temps possible pour l’évacuation.

Si le feu prend naissance la nuit dans la chambre d’un patient ou d’un résident, Tdétection sera le temps qui s’écoule entre le moment où le feu prend naissance et le déclenchement du dispositif de détection dans la chambre. Le temps de détection d’un feu qui prendrait naissance dans d’autres pièces de l’établissement pourrait être très différent en raison des différences dans les dimensions et la forme de la pièce et du type de détecteur, s’il y en a un. Les détecteurs de fumée se déclencheraient plus rapidement qu’un détecteur de chaleur ou que le système de gicleurs, surtout s’il s’agit d’un feu couvant. Le temps de détection (Tdétection) dans une pièce non occupée et où il n’y a pas de détecteur pourrait être très long, selon l’endroit où se trouve cette pièce par rapport au personnel de garde et selon que la porte de cette pièce est ouverte ou fermée. À l’inverse, Tdétection serait presque égal à zéro dans le cas d’un feu qui prendrait naissance dans la salle à manger d’un établissement de soins ou d’un foyer de soins de longue durée au moment d’un repas, puisque le personnel et les résidents alertes qui se trouvent sur place s’en rendraient compte immédiatement. (Voir, à l’annexe C, quelques exemples de temps de détection.)

  1. Temps requis pour évacuer jusqu’à un lieu sécuritaire (Trequis)

Estimer le temps requis pour évacuer les patients ou résidents jusqu’à un lieu sécuritaire, en se basant sur les scénarios retenus. Ces estimations peuvent être effectuées à partir d’une analyse du temps nécessaire à l’évacuation (voir l’annexe D) ou d’une autre méthode reconnue. Néanmoins, ce sont les simulations d’évacuation qui permettent d’obtenir les estimations les plus réalistes. Pour éviter les risques de blessures, on recommande fortement d’effectuer ces exercices de simulation avec des personnes autres que des résidents ou patients.

Le temps requis pour évacuer jusqu’à un lieu sécuritaire correspond à la somme suivante :

Trequis = Tréponse + Tdéplacement

Tréponse = temps mis par le personnel, une fois averti de l’existence d’une urgence d’incendie, pour se rendre sur place et être prêt à déplacer les patients ou résidents vers un lieu sécuritaire.

Il faut estimer la valeur de Tréponse en se basant sur les endroits où le personnel se trouvera normalement dans le bâtiment à diverses heures de la journée, puis la vérifier par des exercices d’incendie. Il faut tenir compte tenu du nombre minimum de membres du personnel requis et du temps qu’il leur faudrait pour intervenir dans un scénario probable d’incendie. Il est cependant important de faire la distinction entre Tréponse pour la pièce où le feu a pris naissance et Tréponse pour le secteur ou l’étage à l’extérieur de cette pièce.

On notera que les autres procédures prévues dans le plan de sécurité-incendie peuvent avoir un impact sur la valeur de Tréponse. Par exemple, les procédures qui incluent d’appeler le service d’incendie ou d’avertir le personnel qui se trouve dans d’autres secteurs du bâtiment ou dans d’autres bâtiments sur le même terrain, peuvent augmenter le temps de réponse. Les exercices d’incendie peuvent être utilisés pour déterminer l’impact de ces procédures sur Tréponse. Néanmoins, dans certains scénarios, la valeur du temps de réponse pourra être considérée comme étant nulle (égale à zéro). Un exemple de scénario avec temps de réponse nul serait un incendie qui se déclare dans un espace commun à un moment où du personnel est présent, comme dans une salle à manger pendant les repas.

Après avoir procédé à l’évacuation de la pièce où le feu a pris naissance, si c’est possible, et fermé la porte de cette pièce, il faut également procéder à l’évacuation du reste de l’étage ou du secteur. Du personnel supplémentaire peut être nécessaire pour cette phase de l’évacuation. La valeur de Tréponse pour l’évacuation de l’étage ou du secteur est fonction du temps que cela prendra au nombre minimum requis de membres du personnel pour arriver sur place et commencer cette phase de l’évacuation. Le nombre minimal requis de membres du personnel pour cette phase de l’évacuation peut être déterminé à l’aide des outils fournis à l’Annexe D et vérifié par des exercices d’évacuation.

Tdéplacement = temps nécessaire pour le déplacement des patients ou résidents jusqu’à un lieu sécuritaire

La valeur de Tdéplacement dépend directement de la catégorie et des capacités des résidents ou patients qui se trouvent dans le secteur à évacuer, de l’agencement physique du bâtiment, des lieux sécuritaires à l’intérieur du bâtiment et du nombre de membres du personnel affectés à l’évacuation. Cette valeur peut être estimée à partir des résultats de recherches sur les durées d’évacuation mentionnées dans les présentes lignes directrices, par modélisation informatique, par évaluation directe du personnel et des patients ou résidents lors d’un exercice d’incendie, ou par une combinaison de ces méthodes.

Tenir compte des facteurs suivants pour le calcul de Tdéplacement :

  1. Temps requis pour aider les résidents de catégorie A à se rendre vers un lieu sécuritaire. (Facteurs à considérer : temps pour réveiller les résidents, les aider à se rendre jusqu’au corridor et les orienter vers le lieu sécuritaire le plus près, puis pour fermer les portes de la chambre);
  2. Temps requis pour aider les résidents de catégorie B à se rendre vers un lieu sécuritaire. (Facteurs à considérer : temps nécessaire pour réveiller les résidents et les aider à sortir de leur lit et à se rendre vers un lieu sécuritaire, puis temps pour retourner sur place);
  3. Temps requis pour évacuer les patients ou résidents de catégorie C vers un lieu sécuritaire. (Facteurs à considérer : nombre de membres du personnel requis, méthode utilisée et temps nécessaire pour sortir les patients ou résidents de leurs lits, temps pour transporter les patients ou résidents jusqu’à un lieu sécuritaire et temps pour retourner sur place.);
  4. Temps requis pour évacuer les patients ou résidents de catégorie D vers un lieu sécuritaire. (Facteurs à considérer : nombre de membres du personnel requis, méthode utilisée et temps nécessaire pour sortir les patients ou résidents de leurs lits, temps pour transporter les patients ou résidents jusqu’à un lieu sécuritaire et temps pour retourner sur place.)
  5. Temps requis pour exécuter les autres tâches prévues par le plan de sécurité-incendie (p. ex., déclencher le signal d’alarme incendie, fermer les portes des chambres des patients ou résidents, communiquer avec les autres membres du personnel, se rendre à l’entrée principale pour accueillir les pompiers.);
  6. Temps de réponse du personnel additionnel requis pour participer à l’évacuation (personnel d’autres étages ou d’autres bâtiments sur le même terrain).

  1. Temps disponible pour se rendre jusqu’à un lieu sécuritaire dans des conditions supportables (Tdisponible)

Tdisponible représente la durée maximale, comptée à partir du moment où le feu prend naissance, pendant laquelle les conditions à l’intérieur de l’espace en question sont considérées comme raisonnablement sécuritaires. On détermine sa valeur en tenant compte de la construction du bâtiment, de la géométrie de la pièce, de la charge calorifique de son contenu ainsi que des caractéristiques et systèmes de protection contre l’incendie du bâtiment.

Pour un bâtiment non protégé par des gicleurs, ce temps peut aller de 2 à 3 minutesŧ pour une chambre de patient ou de résident typique, à une valeur de 7 à 48 minutes pour le secteur ou l’étage où se trouve la pièce où le feu a pris naissance, lorsque le feu est initialement confiné cette pièce. Les 2 à 3 minutes correspondent à la durée pendant laquelle les conditions dans une chambre typique de patient ou de résident dans un bâtiment non protégé par des gicleurs devraient rester supportables, selon ce qui a pris feu initialement. L’objectif est de déplacer le ou les patients ou résidents de cette chambre vers un lieu sécuritaire et de fermer la porte de la chambre avant que les conditions à l’intérieur ne deviennent insupportables.

Une fois que la porte de la pièce où le feu a pris naissance est fermée, on dispose d’un délai supplémentaire pour l’évacuation du reste du secteur ou de la zone. L’objectif est de déplacer les patients ou résidents qui se trouvent à l’étage ou dans le secteur en question jusqu’au lieu sécuritaire le plus près avant que la résistance de la porte de la pièce où le feu a pris naissance ne soit compromise et ne crée des conditions dangereuses dans le corridor.

La durée pendant laquelle une porte résiste à la propagation du feu, dans des conditions typiques d’un feu dans un espace non protégé par des gicleurs, commence lorsque les flammes touchent la porte. Cela se produit généralement au moment de l’embrasement général de la pièce. Le tableau A de l’annexe A indique la valeur de la résistance au feu de divers types de portes dans un espace non protégé par des gicleurs.

On notera que ce temps est estimé en présumant qu’il y a des séparations coupe-feu efficaces autour de la pièce où le feu a pris naissance et que la porte de cette pièce est fermée sans retard par un dispositif de fermeture automatique ou par le personnel. Même si la porte est équipée d’un dispositif de fermeture automatique, il est essentiel que le personnel soit formé à s’assurer que cette porte est bien fermée et demeure fermée, en retirant les obstacles possibles comme les fauteuils roulants et les déambulateurs. L’absence d’une méthode fiable et démontrable pour contenir le feu dans la pièce où il a pris naissance nécessiterait de réduire nettement la valeur du temps disponible. Une valeur de Tdisponible d’au plus 3 minutes pour l’évacuation d’un secteur, d’un compartiment résistant au feu ou d’un étage, selon le cas, est conseillée dans ces circonstances.

Dans un bâtiment protégé par des gicleurs, si le feu prend naissance dans une chambre de patient ou de résident, le temps maximal pendant lequel les conditions dans la chambre dépendra d’un certain nombre de facteurs, dont la nature de ce qui a pris feu, la vitesse à laquelle le feu se développe, la distance entre les gicleurs et le foyer d’incendie ainsi que la distance entre celui-ci et l’endroit où se trouve le patient ou résident. Cependant, dans la plupart des cas, le temps qui s’écoule avant que les conditions deviennent insupportables devrait dépasser 5 minutes. Dans ce cas aussi, l’objectif souhaitable est de déplacer le patient ou résident jusqu’à un lieu sécuritaire à l’extérieur de la pièce où le feu a pris naissance et de fermer la porte de cette pièce.

Une fois la porte fermée, le temps pendant lequel elle peut résister à la propagation du feu dépendra en grande partie de sa construction. En outre, le système de gicleurs à l’intérieur de cette pièce aura également un impact considérable sur la propagation du feu, puisque typiquement, ce système pourra le maîtriser. L’efficacité des gicleurs dans cette pièce dépend toutefois de la source d’eau disponible conformément à la norme NFPA 13, 13D ou 13R, selon le cas. Cette durée d’approvisionnement en eau pourrait n’être que de 10 minutes pour certains systèmes, s’il s’agit d’une source d’eau autonome, ou elle pourrait être illimitée si le système est alimenté en eau à partir du réseau d’eau municipal. Le tableau A de l’annexe A indique la durée de divers approvisionnements en eau et, selon le type de porte, illustre la durée pendant laquelle les conditions dans l’étage ou le secteur demeurent supportables une fois que cette porte de la pièce où le feu a pris naissance a été fermée.

Même s’il est probable que la durée d’alimentation en eau d’un système de gicleurs branché sur le réseau d’aqueduc municipal soit effectivement illimitée, le tableau fixe une limite supérieure à cette durée pour inclure un facteur de sécurité supplémentaire. La valeur retenue pour le temps disponible (Tdisponible) pour faire évacuer les personnes qui se trouvent dans ce secteur ou cet étage jusqu’au lieu sécuritaire suivant ne doit pas dépasser les délais prévus dans le tableau A. Toutefois, comme indiqué ci-dessus, l’absence d’une méthode démontrable et fiable pour confiner le feu dans la pièce où il a pris naissance pourrait nécessiter de réduire dans ce cas la valeur du temps disponible pour l’évacuation du secteur, du compartiment résistant au feu ou de l’étage, selon le cas. Ceci est particulièrement important si la durée d’alimentation en eau du système de gicleurs est limitée.

  1. Comparer la somme du temps de détection (Tdétection) et du temps requis pour l’évacuation (Trequis) au temps disponible (Tdisponible)

Temps de détection (Tdétection) + Temps requis pour l’évacuation (Trequis) ≤ Temps disponible (Tdisponible)

Dans tout scénario, si la somme du temps nécessaire pour détecter un foyer d’incendie (Tdétection) et du temps requis pour évacuer (Trequis) est inférieure au temps disponible pour évacuer en toute sécurité (Tdisponible), l’effectif du personnel est considéré adéquat. Par contre, si la somme du temps de détection (Tdétection) et du temps d’évacuation (Trequis) dépasse le temps disponible pour évacuer en toute sécurité (Tdisponible), des ajustements sont alors nécessaires.

Ajustements à envisager au besoin :

  • augmenter l’effectif du personnel de surveillance qui est de garde;
  • améliorer la formation du personnel de surveillance;
  • intégrer un plus grand nombre ou différents types d’appareils et accessoires fonctionnels;
  • modifier l’emplacement des personnes qui ont le plus besoin d’aide pour évacuer;
  • réduire le nombre total de patients ou résidents dans le bâtiment ou le secteur;
  • réduire le degré d’inflammabilité de l’ameublement dans les chambres des patients ou résidents afin de réduire le risque d’inflammation et de limiter l’ampleur du feu;
  • utiliser des séparations de zones ou secteurs (compartiments résistants au feu) pour ajouter des lieux sécuritaires additionnels à l’étage, ce qui peut réduire le nombre de personnes dans chaque secteur, réduire le temps de déplacement jusqu’à un lieu sécuritaire et donner plus de temps pour les étapes suivantes de l’évacuation;
  • améliorer la détection précoce dans divers secteurs de l’établissement pour permettre au personnel de surveillance d’intervenir plus rapidement en cas de début d’incendie;
  • installer des systèmes de protection contre l’incendie, comme des gicleurs, qui peuvent efficacement éteindre ou circonscrire un début d’incendie, et augmenter ainsi le temps disponible.

Les ajustements à apporter s’appuient souvent sur une évaluation à la fois des limites relevées et des ressources disponibles. Par exemple, si le temps de détection (Tdétection) est trop élevé, laissant trop peu de temps pour la réponse du personnel ou l’évacuation, on devrait envisager d’améliorer le système de détection. D’un autre côté, si le temps disponible (Tdisponible) est réduit parce que des portes sont laissées ouvertes et que le corridor est rapidement contaminé, il serait judicieux d’installer dans les chambres des détecteurs associés à des ferme-porte automatiques, en plus de dispositifs de maintien en position ouverte, afin que les conditions dans le corridor restent supportables le plus longtemps possible durant l’évacuation du secteur ou de l’étage.

L’annexe D décrit des méthodes pour évaluer le temps d’évacuation et l’effectif minimal de personnel nécessaire.

7.0     EXERCICES D’INCENDIE

En vertu de l’article 2.8.3.2. de la division B du Code de prévention des incendies, les établissements de soins (y compris les maisons de retraite répondant à la classification des établissements de soins) et les établissements de soins et de traitement doivent procéder à des exercices d’incendie au moins une fois par mois avec le personnel qui a des responsabilités particulières à l’égard de la sécurité-incendie. Dans les maisons de retraite qui ne sont pas considérées comme un établissement de soins, les exercices d’incendie ne sont obligatoires qu’une fois par an, sauf si la maison de retraite est située dans un immeuble de grande hauteur, auquel cas il faut procéder à ces exercices tous les trois mois. Les exercices d’incendie constituent un moyen efficace de confirmer la validité du plan de sécurité incendie et des ressources en personnel affectées à sa mise en œuvre en cas d’incendie. Ils fournissent aussi une base pour peaufiner les mesures d’urgence et déterminer s’il est nécessaire d’augmenter l’effectif du personnel. Les exercices d’incendie sont aussi l’occasion pour le personnel de l’établissement et les représentants du service d’incendie de discuter de la meilleure façon de coordonner les procédures d’évacuation avec les procédures d’intervention d’urgence.

De plus, en vertu du paragraphe 2.8.3.2.(6), dans les établissements de soins, les établissements de soins et de traitement et les maisons de retraite, une fois tous les 12 mois, les exercices d’incendie doivent être effectués selon un scénario approuvé par le chef de la sécurité-incendie et correspondant au nombre le plus bas de membres du personnel qui peut se trouver dans l’établissement. Le but de cet exercice est de démontrer que l’effectif réduit du personnel est suffisant pour mener à bien toutes les tâches prévues dans le plan de sécurité-incendie et que certaines tâches essentielles peuvent être effectuées dans des délais prédéterminés. Ces tâches essentielles comprennent la fermeture de la porte de la pièce où le feu a pris naissance et l’évacuation des patients ou résidents qui se trouvent dans le secteur de cette pièce jusqu’à un lieu sécuritaire. (Voir l’annexe A de la directive 2014-002 pour de plus amples renseignements.)

Lors de l’organisation d’exercices d’incendie, il faut examiner soigneusement le degré de participation des patients et résidents afin d’éviter tout dérangement et blessure. Pour plus de détails sur la planification, la coordination et la conduite des exercices d’incendie, consulter les lignes directrices TG-04-2016 « Exercices d’incendie » disponibles sur le site Web du Bureau du commissaire des incendies et de la gestion des situations d’urgence (BCIGSU) à www.ontario.ca/commissairedesincendies.

8.0     RESPONSABILITÉ

Aux fins de la conformité au Code de prévention des incendies, l’administrateur de l’établissement est considéré comme étant le « propriétaire » du bâtiment pour ce qui est de la mise en œuvre du plan de sécurité-incendie. À ce titre, les administrateurs d’établissement doivent s’assurer que des ressources adéquates sont disponibles pour mettre en œuvre le plan de sécurité-incendie. Le processus d’approbation de ce plan donne au responsable de la sécurité-incendie l’occasion d’évaluer les bases sur lesquelles le propriétaire a établi l’effectif du personnel nécessaire pour procéder à une évacuation en situation d’urgence. Il pourrait aussi être judicieux que du personnel du service d’incendie assiste ou participe à une simulation d’évacuation pour s’assurer de la validité du plan.

Même si l’article 1.2.1.1. de la division A du Code de prévention des incendies stipule que sauf indication contraire, le propriétaire est responsable de l’application des dispositions du Code, le chef de la sécurité-incendie doit approuver le plan de sécurité‑incendie et donc s’assurer qu’il est acceptable.

Le service d’incendie local peut prendre des mesures à l’encontre d’un administrateur d’établissement qui ne mettrait pas en œuvre un plan de sécurité approuvé ou ne tiendrait pas compte correctement des changements intervenus dans l’utilisation ou les caractéristiques du bâtiment.

9.0     RENSEIGNEMENTS ADDITIONNELS

Pour de plus amples renseignements concernant ces lignes directrices, veuillez communiquer avec le service d’incendie de votre localité ou appeler le Bureau du commissaire des incendies et de la gestion des situations d’urgence au 647 329-1100.

* Table Top Evaluation for Evacuation Capability in Hospitals and Long Term Care Facilities - Graf Jorg W.: Bolton Publishing, Sharbot Lake (ON); 1997

ŧ Basé sur les essais d’incendie dans les chambres à coucher de dortoirs NIST TN 1658.

 

Annexe A – Temps disponible pour évacuer la zone

Tableau A – Temps disponible pour évacuer la zone (après la fermeture des portes, en minutes)

Détails/degré de résistance au feu (ou équivalent) de la porte et de son cadre

Bâtiments non protégés par des gicleurs

Bâtiments protégés par des gicleurs (minutes)

(Durée d’alimentation en eau selon la conception de cette alimentation)

Gicleurs conformes à la norme NFPA 13 ou 13R, avec alimentation en eau minimale requise (30 min)

Gicleurs conformes à la norme NFPA 13D, avec alimentation en eau minimale requise (10 min)§

Gicleurs conformes à NFPA 13, 13D ou 13R et alimentés en eau par le réseau municipal (durée présumée de 60 min.)

Portes en bois à panneaux ou à âme creuse (5 minutes)

5

35

15

65

Portes en bois à âme pleine de 45 mm (1¾ po) d’épaisseur (15 minutes)

15

45

25

75

Porte métallique creuse (30 minutes)

30

60

40

90

Porte classée 20 minutes dans cadre classé 20 minutes (20 minutes)

20

50

30

80

Porte classée 45 minutes dans cadre classé 45 minutes (45 minutes)

45

75

55

105

Remarque : Le temps disponible est la somme du degré de résistance au feu de la porte (ou l’équivalent) et de la durée d’efficacité des gicleurs selon la durée de leur alimentation en eau (dans les endroits protégés par des gicleurs)

§La durée minimale d’alimentation en eau pour un système conforme à la NFPA 13D selon l’article 9.7 du Code de prévention des incendies de l’Ontario est de 20 minutes

 †Aux fins des présentes lignes directrices, on présume que la durée d’approvisionnement en eau du réseau municipal est de 60 minutes

 

Annexe B – Illustrations

Les schémas qui suivent comparent le temps pendant lequel les conditions sont supportables (Tdisponible) dans la pièce où se trouve le foyer d’incendie et le corridor desservant ce secteur à la somme du temps de détection (Tdétection) et du temps d’évacuation (Trequis). Les schémas 1 et 2 montrent que les patients ou résidents sont évacués de façon sécuritaire depuis les secteurs où ils se trouvent avant que les conditions ambiantes ne deviennent insupportables.

Schéma n° 1 – Évacuation de la pièce où se trouve le foyer d’incendie

Déplacement du personnel et des patients/résidents

 

Schéma n° 2 – Évacuation du secteur à l’extérieur de la pièce où le feu a pris naissance

Déplacement du personnel et des patients/résidents

 

Annexe C – Temps de détection

Le temps de détection d’un foyer d’incendie dans un établissement de soins, un établissement de soins et de traitement ou une maison de retraite, que la détection soit par un dispositif automatique ou par une personne qui découvre le feu, dépend de certains facteurs, dont la vitesse de croissance du feu et la durée de son confinement. Ces lignes directrices se fondent sur un certain nombre d’hypothèses pour définir un feu typique dans un de ces établissements. On présume notamment que le feu suit une courbe de croissance t² « moyenne » et qu’une fois le feu allumé, il y aura suffisamment de matériau combustible pour atteindre l’embrasement général de la pièce, mais qu’il n’y aura pas de facteur accélérateur.

Les détecteurs de fumée, les détecteurs de chaleur et les têtes de gicleurs sont typiquement installés selon l’espacement maximal autorisé par les normes reconnues (NFPA, ULC, etc.), sauf s’ils sont installés dans une pièce relativement petite dans laquelle un seul dispositif suffit généralement. Le nombre de têtes de gicleur requises dépend aussi de la configuration de la pièce et doit parfois être augmenté pour couvrir correctement la pièce afin de maîtriser le feu.

L’absence de détecteur dans la pièce où le feu prend naissance peut retarder considérablement la détection, et les conditions dans la pièce pourraient devenir insupportables avant que le personnel de surveillance puisse intervenir sur place. Si la porte qui sépare la pièce où le feu a pris naissance et le corridor est ouverte et qu’il y a des détecteurs de chaleur ou de fumée dans le corridor, ceux-ci pourraient se déclencher suffisamment rapidement pour permettre au personnel qui se rend sur place de fermer la porte de la pièce où le feu a pris naissance. Le fait de fermer la porte donnera au personnel du temps additionnel pour l’évacuation, ce qui pourrait être suffisant pour évacuer l’étage ou le secteur. Par contre, si la porte de la pièce où le feu a pris naissance est fermée, le déclenchement des détecteurs dans le corridor sera retardé, et le temps avant la défaillance de la porte et, par conséquent, le temps disponible pour l’évacuation sécuritaire, seront donc réduits.

Cette analyse montre bien l’importance d’une détection précoce. Le tableau suivant fournit des exemples réalistes de temps de détection pour un feu qui prendrait naissance dans une poubelle ou dans la literie d’une chambre typique d’un établissement de soins, d’un établissement de soins et de traitement ou d’une maison de retraite. Ces temps sont approximatifs et peuvent être ajustés en fonction des renseignements additionnels dont on dispose ou des conditions particulières de l’établissement considéré.

Le « temps pour détecter » dans le tableau C. correspond au moment où le personnel qui se trouve dans le bâtiment est avisé d’un début d’incendie. De ce fait, les avertisseurs de fumée autonomes ne sont efficaces que s’ils peuvent être entendus par les membres du personnel à leurs postes normaux de travail ou s’ils sont raccordés entre eux.

Tableau C — Temps de détection du foyer d’incendie

Méthode de détection*

Temps pour détecter1

(minutes)

Détecteur/avertisseur de fumée dans une petite chambre à coucher (12 x12 pi) (3,66 x 3,66 m)

0,25 à 0,50

Détecteur/avertisseur de fumée dans une chambre à coucher moyenne à grande (15 x 20 à 25 x 25 pi) (4,6 x 6,1 à 7,6 x 7,6 m)

0,25 à 0,75

Détecteur de fumée dans le corridor, le foyer d’incendie se trouvant dans une chambre adjacente dont la porte est ouverte, avec un espacement de 30 x 30 pi (9,1 x 9,1 m) entre détecteurs

0,50 à 1,50

Détecteur de fumée dans le corridor, le foyer d’incendie se trouvant dans une chambre adjacente dont la porte en bois à âme massive est fermée, avec un espacement de 30 x 30 pi (9,1 x 9,1 m) entre détecteurs

2,66 à 5,00

Détecteur de chaleur 135 °F dans une petite chambre à coucher (12 x12 pi) (3,66 x 3,66 m)

0,66 à 1,50

Détecteur de chaleur 135 °F dans une chambre à coucher moyenne à grande (15 x 20 à 25 x 25 pi) (4,6 x 6,1 à 7,6 x 7,6 m)

0,66 à 2,50

Détecteur de chaleur 135 °F dans le corridor, à l’extérieur d’une petite chambre à coucher dont la porte est ouverte

2,00 à 3,30

Détecteur de chaleur 135 °F dans le corridor, à l’extérieur d’une petite chambre à coucher dont la porte en bois à âme pleine est fermée

15,00 à 18,00

Gicleur de type résidentiel 135-165 °F dans une chambre à coucher, avec un espacement de 15 x 15 pi (4,6 x 4,6 m) entre gicleurs

1,50 à 2,50

1    Utiliser la valeur la plus élevée, à moins qu’une valeur moindre ne soit connue pour le dispositif de détection considéré.

 

Annexe D – Guide pour la détermination du temps requis pour l’évacuation de l’étage ou du secteur

Il faut évaluer les stratégies d’évacuation afin de s’assurer qu’elles permettent d’évacuer les patients et résidents en toute sécurité, tout en utilisant au mieux les ressources limitées en personnel. À cette fin, il faut établir des scénarios réalistes et pour chacun d’eux, estimer le nombre et la catégorie de patients/résidents à évacuer, le personnel disponible à ce moment de la journée et les mesures de sécurité-incendie à prendre. L’évacuation initiale de la pièce où le feu a pris naissance exige l’intervention la plus rapide du personnel, tandis que la deuxième phase de l’évacuation, qui inclut tout l’étage ou un secteur particulier (si l’étage est subdivisé en secteurs par une séparation ayant un degré de résistance au feu), exige généralement un plus grand nombre de membres du personnel.

Les conseils donnés dans la présente annexe ne visent pas à évaluer si l’effectif du personnel est approprié dans divers scénarios d’incendie pour l’évacuation d’un secteur, d’un étage ou du bâtiment une fois que la pièce où le feu a pris naissance a été évacuée.

Le nombre de membres du personnel requis pour procéder à l’évacuation varie suivant la catégorie de résident/patient, comme le montre le tableau D.1. Selon l’effectif du personnel disponible, deux membres du personnel seront souvent nécessaires pour aider des résidents ou patients de catégorie C ou D, tandis qu’une seule personne suffira généralement pour aider des résidents ou patients de la catégorie A ou B. Pour les résidents de la catégorie A, la seule intervention du personnel requise devrait être pour s’assurer qu’ils sortent de leur lit et se rendent dans le corridor sans retard, puis pour leur donner les instructions nécessaires afin qu’ils poursuivent d’eux-mêmes leur évacuation. On estime que le personnel devra passer à peine 20 à 30 secondes par résident de catégorie A, puisqu’en principe, ces personnes sont capables d’évacuer avec un minimum d’assistance.

Les accessoires nécessaires pour transporter les patients/résidents des catégories C et D peuvent aussi avoir un impact sur les temps d’évacuation et doivent être évalués dans chaque scénario. Par exemple, si un patient/résident a besoin d’un fauteuil roulant, il faudra sans doute deux membres du personnel pour le sortir de son lit et le mettre dans le fauteuil roulant. Ce temps figure dans le tableau D.2 dans la colonne « temps préalable au déplacement horizontal ». Une seule personne suffira ensuite pour pousser le fauteuil roulant du patient/résident jusqu’à la séparation du secteur ou jusqu’à la sortie. Par contre, s’il y a des escaliers, il faudra deux membres du personnel pour transporter le patient/résident verticalement, au moyen des accessoires fournis. Là encore, il faudra un certain temps pour transférer le patient/résident du fauteuil roulant à l’accessoire de transport avant de descendre les escaliers. Ce temps correspond au « temps préalable au déplacement vertical » dans le tableau D.2. Pour les résidents des catégories A et B, il faudra un certain temps préalable au déplacement horizontal pendant lequel le personnel s’assurera qu’ils se rendent rapidement de leur lit au corridor; par contre, il n’y aura pas de temps préalable au déplacement vertical.

Pour les scénarios d’évacuation qui incluent le déplacement vertical des patients et des résidents pour descendre les escaliers, il y a une dernière étape à considérer : le transfert des patients et résidents des accessoires utilisés pour leur transport et leur placement temporaire dans un endroit approprié. Ceci est plus crucial pour les patients et résidents des catégories C et D que pour ceux des catégories B et A, mais les résidents de catégorie B peuvent également avoir besoin d’un endroit où s’assoir. Les décisions concernant le placement approprié des patients et des résidents qui ont été évacués doivent être prises d’avance.

Tableau D.1 — Effectif du personnel nécessaire pour l’évacuation des patients et résidents

Catégorie de patient/résident

Capacité du patient/résident à évacuer

Type d’accessoire fonctionnel de mobilité

Effectif du personnel nécessaire pour déplacer chaque patient/résident jusqu’à un lieu sécuritaire

A

capable de se déplacer seul, sans aide, mais a besoin d’instructions

Certains peuvent utiliser un déambulateur ou une canne

1 membre du personnel pour aider le résident à se rendre de son lit au corridor, puis le diriger vers la séparation du secteur ou la sortie

B

capable de se déplacer, mais avec de l’aide

Certains peuvent utiliser un déambulateur ou une canne

1 membre du personnel pour aider le résident à sortir de son lit et se rendre jusqu’à un lieu sécuritaire (déplacement horizontal et vertical suivi au besoin du placement temporaire)

C

ne peut pas marcher, mais peut aider

Fauteuils roulants, civières roulantes et accessoires de transport aux escaliers (si nécessaire)

2 membres du personnel pour soulever le patient/résident et le sortir de son lit

1 membre du personnel pour déplacer le patient/résident horizontalement dans un fauteuil roulant

2 membres du personnel pour le déplacement vertical du patient/résident puis pour son placement temporaire (au besoin)

D

ne peut pas marcher, incapable d’aider

Fauteuils roulants, civières roulantes et accessoires de transport aux escaliers (si nécessaire)

2 membres du personnel pour soulever le patient/résident et le sortir de son lit

1 membre du personnel pour déplacer le patient/résident horizontalement dans un fauteuil roulant

2 membres du personnel pour le déplacement vertical du patient/résident puis pour son placement temporaire (au besoin)

Tableau D.2 – Temps préalable au déplacement horizontal ou vertical

Catégorie de patient/résident

Type d’accessoire fonctionnel de mobilité

Temps préalable au déplacement horizontal (sec)

Temps préalable au déplacement vertical (sec)

Temps pour le placement après déplacement (sec)

A

Certains peuvent utiliser un déambulateur ou une canne

301

0

0

B

Déambulateurs

302

0

204

C

Fauteuils roulants, civières roulantes,

302

303

304

D

Fauteuils roulants, civières roulantes,

302

303

304

Remarques
Remarque 1 : Temps nécessaire au personnel pour réveiller un résident de catégorie A, l’aider à se rendre dans le corridor, lui donner des instructions puis fermer la porte de sa chambre.
Remarque 2 : Temps nécessaire au personnel pour aider les patients/résidents des catégories B, C ou D à se rendre de leur lit à leur déambulateur ou fauteuil roulant, à se rendre dans le corridor, puis fermer la porte de leur chambre. Peut ne pas être nécessaire si des civières roulantes sont utilisées dans les établissements de soins et de traitement
Remarque 3 : Temps nécessaire au personnel pour transférer les patients/résidents des catégories C et D dans les accessoires de transport pour descendre les escaliers
Remarque 4 : Temps nécessaire au personnel pour transférer les patients/résidents des accessoires de transport et/ou trouver un lieu de placement temporaire

Pour chaque scénario, il faut aussi tenir compte de la vitesse de déplacement de chaque patient/résident, que ce soit seul ou avec l’aide du personnel. Le déplacement horizontal peut être lent, pour les patients/résidents qui utilisent un déambulateur ou une canne, ou plus rapide, pour ceux qui sont poussés dans un fauteuil roulant ou une civière roulante. La vitesse du déplacement horizontal peut être estimée* à partir des valeurs du tableau D.3. Le déplacement vertical des patients/résidents pour descendre les escaliers exige plus de temps et de personnel. Le tableau D.3 donne également des valeurs pour la vitesse de déplacement vertical*.

* Référence – Fire Protection Handbook, dix-neuvième édition, section 4

Pour toute évaluation du temps d’évacuation, il faut aussi tenir compte du temps passé par le personnel entre la fin du déplacement d’un patient/résident et le déplacement du patient/résident suivant. Le tableau D.3 donne aussi la vitesse à laquelle les membres du personnel retournent sur place, pour un déplacement horizontal et pour remonter les escaliers.

Il faut aussi prendre en considération la fatigue que ressentiront les membres du personnel qui travailleront dans des conditions très difficiles. Lors du calcul final du temps disponible et de l’effectif du personnel nécessaire dans chaque scénario d’évacuation, il faut ajouter un facteur d’au moins 20 % pour tenir compte de la fatigue du personnel, selon les tâches qu’il doit accomplir.

Tableau D.3 – Vitesse de déplacement pour l’évacuation

Catégorie de patient/résident ou personnel

Type d’accessoire fonctionnel de mobilité

Vitesse de déplacement horizontal (m/sec)

Vitesse de déplacement vertical dans les escaliers (m/sec)

A

Certains peuvent utiliser un déambulateur ou une canne

0,5

0,3

B

Déambulateurs

0,3

0,11

C

Fauteuils roulants, civières roulantes, fauteuils releveurs, civières

1,3

0,12

D

Fauteuils roulants, civières roulantes, fauteuils releveurs, civières

1,3

0,12

Personnel de surveillance

-

1,53

0,63

Remarque 1 : Vitesse de déplacement de résidents de catégorie B aidés par le personnel pour descendre les escaliers
Remarque 2 : Vitesse de déplacement des patients/résidents des catégories C et D que le personnel transporte dans les escaliers au moyen d’accessoires de transport
Remarque 3 : Vitesse de déplacement du personnel de surveillance qui retourne sur place après l’évacuation de chaque patient ou résident

Si la deuxième phase du plan d’évacuation prévoit seulement de déplacer les patients/résidents jusqu’à un autre secteur au même étage, cela fera gagner beaucoup de temps et réduira le personnel nécessaire par rapport à un plan d’évacuation qui exige de faire descendre les patients/résidents à un étage inférieur. Ces séparations en secteurs réduisent la distance totale que le personnel et les patients/résidents doivent parcourir pour se rendre jusqu’à un lieu sécuritaire et laisse plus de temps pour procéder au besoin à une évacuation verticale. Leur résistance au feu permet également de disposer de plus de temps pour l’évacuation ultérieure de l’étage.

Les tableaux ci-dessus fournissent des valeurs approximatives à utiliser dans l’évaluation théorique. Elles découlent d’études menées par la NFPA ou d’autres hypothèses raisonnables et ne doivent être considérées que comme des valeurs moyennes. Chaque établissement et chaque situation sont uniques et il est donc conseillé de procéder à des exercices d’évacuation partiels afin d’obtenir des valeurs plus précises pour chaque patient/résident. Gardez à l’esprit que les temps utilisés dans les évaluations théoriques supposent généralement un personnel bien formé et compétent. Dans la pratique, la durée de l’évacuation sera plus longue si le personnel a une formation insuffisante ou des limitations physiques.

Reportez-vous à l’exemple suivant sur la façon d’utiliser les outils ci-dessus dans le cadre d’une évaluation théorique du temps dont le personnel aura besoin pour évacuer en toute sécurité les patients/résidents d’un établissement de soins, d’un établissement de soins et de traitement ou d’une maison de retraite et, par conséquent, l’effectif de personnel nécessaire pour procéder à cette évacuation dans le temps disponible.

Exemples d’utilisation de ce guide pour déterminer les besoins en personnel

L’utilisation de la méthode de calcul théorique ci-dessus est illustrée dans les deux exemples suivants. Le premier correspond à l’évacuation de dix résidents de catégorie A d’un établissement de soins, depuis leurs chambres à coucher situées au premier étage jusqu’au rez-de-chaussée où ils seront relativement en sécurité. Le deuxième correspond à l’évacuation de dix résidents de catégorie C d’un établissement de soins non protégé par des gicleurs, depuis leur lit, dans leur chambre située au premier étage, jusqu’au rez-de-chaussée. Le plan d’étage suivant peut être utilisé pour illustrer les deux exemples. L’exemple avec des résidents de catégorie A calcule le temps maximum pour l’évacuation des résidents et le nombre minimal de membres du personnel requis. L’exemple avec des résidents de catégorie C calcule le nombre minimal de membres du personnel requis pour effectuer l’évacuation.

Schéma du 2e étage

Schéma du 2e étage

Scénario n° 1 : Déterminer l’effectif minimal de personnel nécessaire pour l’évacuation de 10 résidents de catégorie A depuis leurs chambres à coucher au 1er étage jusqu’au rez-de-chaussée. La distance à parcourir pour se rendre à l’escalier de sortie depuis la chambre de résident de catégorie A la plus éloignée est de 16 mètres. La distance de parcours vertical dans l’escalier de sortie pour se rendre du 1er étage au rez-de-chaussée est de 5 m, mesurés en diagonale le long du giron de l’escalier. On supposera que le temps disponible pour évacuer en toute sécurité l’étage non protégé par des gicleurs est de 17 minutes, compte tenu de la résistance au feu offerte par une porte en bois à âme pleine à chaque entrée de chambre.

Facteurs à considérer :

  • Les résidents de catégorie A peuvent marcher sans l’aide du personnel
  • Nombre minimum de membres du personnel pour chaque tâche : 1 membre du personnel pour aider chaque résident à se rendre de son lit au corridor
  • Valeur estimée du temps préalable au déplacement horizontal dont le personnel a besoin pour aider chaque résident à se rendre de son lit au corridor et lui donner les instructions nécessaires pour l’évacuation, puis fermer la porte de sa chambre à coucher : 30 s

Temps nécessaire pour effectuer les tâches requises pour le résident de catégorie A le plus éloigné :

  1. temps préalable au déplacement horizontal (selon le tableau D.2)
  2. déplacement horizontal par le résident le plus éloigné [distance à parcourir jusqu’à l’escalier de sortie ÷ vitesse de déplacement (selon le tableau D.3)
  3. déplacement vertical par résident [distance à parcourir pour descendre l’escalier de sortie ÷ vitesse de déplacement (selon le tableau D.3)

Calcul du temps nécessaire au résident de catégorie A le plus éloigné pour se rendre au rez de-chaussée

Tâche effectuée par un résident de catégorie A

Temps (secondes)

Tâches préalables au déplacement horizontal

30.0

déplacement horizontal par le résident le plus éloigné

32.0

(16 m ÷ 0,5 m/s*)

Déplacement vertical

16.7

(5 m d’escalier ÷ 0,3 m/s*)

Temps total pour le déplacement du résident de catégorie A le plus éloigné jusqu’au rez-de-chaussée (secondes)

79

Voir l’annexe D - Tableau D.2

* Voir l’annexe D - Tableau D.3

16 m entre la chambre la plus éloignée d’un résident de catégorie A et l’escalier de sortie

Gardez à l’esprit que ce calcul vise à déterminer l’effectif du personnel requis et que, pour l’évacuation des résidents de catégorie A, l’assistance de membres du personnel n’est nécessaire que pour les 30 secondes de préparation au déplacement horizontal. Par conséquent, les ressources en temps-personne pour l’évacuation de 10 résidents de catégorie A jusqu’au rez-de-chaussée = 10 x 30 s = 300 secondes-personne. Le facteur fatigue ne devrait pas être trop important pour cette tâche en elle-même et il ne sera donc pas ajouté dans ce calcul particulier.

On notera que les valeurs en secondes-personne indiquent le temps-ressources en personnel, et pas seulement le temps. On peut convertir le résultat en temps en le divisant par le nombre de membres du personnel disponibles pour effectuer le travail. En conséquence, la valeur ci-dessus de 300 secondes-personnel peut être réalisée dans un certain temps (Tdéplacement) selon le nombre de membres du personnel disponibles comme indiqué dans le tableau suivant :

Temps d’évacuation du secteur où se trouve la pièce où le feu a pris naissance jusqu’au rez-de-chaussée selon l’effectif du personnel

Effectif minimal du personnel participant à l’évacuation

Temps nécessaire pour évacuer l’étage (T déplacement)

(Temps-personne total requis ÷ nombre de membres du personnel)

1

300 ÷ 1 = 300 s (5 min)

2

300 ÷ 2 = 150 s (2,5 min)

3

300 ÷ 3 = 100 s (1,7 min)

Il ne faut pas oublier qu’il faut encore 79 secondes au résident de catégorie A le plus éloigné pour atteindre en toute sécurité le premier étage après avoir reçu l’assistance et les instructions nécessaires pour évacuer. Il faut tenir compte à la fois du temps dont le personnel doit disposer pour aider ces personnes et le temps requis par le résident le plus éloigné pour atteindre le rez-de-chaussée lorsqu’on compare le résultat au temps pendant lequel les conditions dans le corridor demeurent sécuritaires (17 minutes). Dans ce scénario, un seul membre du personnel suffit pour effectuer les tâches préalables au déplacement horizontal des 10 résidents de catégorie A en 300 secondes. Selon que le résident de catégorie A le plus éloigné est aidé en premier ou en dernier, il s’écoulera 79 secondes ou (300 + 79) = 379 secondes (6,3 minutes) avant qu’il parvienne au rez-de-chaussée, soit bien avant que les 17 minutes disponibles pour une évacuation sécuritaire se soient écoulées.

Si l’on considère la formule T détection + Tréponse + T déplacement ≤ T disponible, les 300 secondes dont le membre du personnel a besoin laissent encore suffisamment de temps pour tenir compte du temps de détection d’incendie (Tdétection), du temps de réponse du personnel (Tréponse) ainsi que du temps pour effectuer les autres tâches prévues par le plan de sécurité-incendie, comme faire des appels téléphoniques et rencontrer les pompiers à leur arrivée.

Scénario n° 2 : Déterminer l’effectif minimal de personnel nécessaire pour l’évacuation de 10 résidents de catégorie C depuis leurs chambres à coucher au 1er étage jusqu’au rez-de-chaussée. En moyenne, l’escalier de sortie se trouve à une distance de 20 m des chambres des résidents de catégorie C. La distance de parcours vertical dans l’escalier de sortie pour se rendre du 1er étage au rez-de-chaussée est de 5 m, mesurés en diagonale le long du giron de l’escalier. On supposera que le temps disponible pour évacuer en toute sécurité l’étage non protégé par des gicleurs est de 17 minutes, compte tenu de la résistance au feu offerte par une porte en bois à âme pleine à chaque entrée de chambre.

Facteurs à considérer :

  • Nombre minimum de membres du personnel nécessaires pour aider les résidents pour chaque tâche :
    • 2 membres du personnel pour le transfert du lit à un fauteuil roulant
    • 1 pour le déplacement horizontal
    • 2 membres du personnel pour le transfert du fauteuil roulant à l’accessoire de transport dans l’escalier
    • 2 membres du personnel pour le déplacement vertical (descente de l’escalier)

Temps nécessaire pour effectuer les tâches requises pour un résident de catégorie C moyen :

  1. temps préalable au déplacement horizontal (selon le tableau D.2)
  2. déplacement horizontal par résident moyen [distance à parcourir jusqu’à l’escalier de sortie ÷ vitesse de déplacement (selon le tableau D.3)]
  3. retour sur place du membre du personnel [distance moyenne jusqu’à l’escalier ÷ vitesse de déplacement (selon le tableau D.3)]
  4. préparation pour le déplacement vertical (selon le tableau D.2)
  5. déplacement vertical par résident [distance à parcourir pour descendre l’escalier de sortie ÷ vitesse de déplacement (selon le tableau D.3)]
  6. retour sur place du membre du personnel [distance pour remonter l’escalier ÷ vitesse de déplacement (à partir du tableau D.3)]

Total du temps-ressources en personnel requis pour déplacer un résident moyen de catégorie C du 1er étage au rez-de-chaussée

Tâche exécutée par le personnel

Temps pour exécuter la tâche (secondes)

Personnel requis§

Temps-personne

(secondes-personne)

(temps par tâche x nombre de membres du personnel)

Tâches préalables au déplacement horizontal

30

2

60

Déplacement horizontal des résidents (distance moyenne)

15,4

(20 m ÷ 1,3 m/s*)

1

15,4

retour sur place des membres du personnel (distance moyenne)

13.3

(20 m ÷ 1,5 m/s*)

1

13,3

préparatif pour le déplacement vertical dans l’escalier

30

2

60

déplacement vertical des résidents (descente de l’escalier)

50

(5 m ÷ 0,1 m/s*)

2

100

Placement après déplacement

30

2

60

remontée de l’escalier par les membres du personnel

8,3

(5 m ÷ 0,6 m/s*)

2

16,6

Total du temps-ressource en personnel pour évacuer 1 résident moyen de catégorie C jusqu’au rez-de-chaussée -                                            325 (secondes-personne)

Total du temps-ressource en personnel pour évacuer 10 résidents de catégorie C jusqu’au rez-de-chaussée -                                                            3250 (secondes-personne)

§Voir l’annexe D - Tableau D.1

Voir l’annexe D - Tableau D.2

* Voir l’annexe D - Tableau D.3

En moyenne, l’escalier de sortie se trouve à une distance de 20 m des chambres des résidents de catégorie C

Même si cela exigerait au total 3250 secondes-personne pour évacuer les 10 résidents de catégorie C jusqu’au rez-de-chaussée, les derniers résidents entrant dans l’escalier de sortie au 1er étage seraient protégés contre les effets de l’incendie pendant un temps supplémentaire (selon le degré de résistance au feu de la porte), une fois la porte de l’escalier fermée derrière eux, puisqu’ils se trouvent maintenant dans un lieu sécuritaire. Cela permet de réduire de 474 secondes-personne le résultat obtenu ci-dessus en excluant un préparatif au déplacement vertical, un déplacement vertical et un placement temporaire après le déplacement pour 2 résidents de catégorie C et un retour sur place pour 2 membres du personnel. Cela se traduit par un total de temps-ressources en personnel de 2776 secondes-personne ou, compte tenu d’un facteur de fatigue de 20 %, un total de 3331 secondes-personne.

On notera que les valeurs en secondes-personne indiquent le temps-ressources en personnel, et pas seulement le temps. On peut convertir le résultat en temps en le divisant par le nombre de membres du personnel disponibles pour effectuer le travail. En conséquence, la valeur ci-dessus de 3331 secondes-personne peut être réalisée dans un certain temps (Tdéplacement) selon le nombre de membres du personnel disponibles comme indiqué dans le tableau suivant :

Temps d’évacuation du secteur où se trouve la pièce où le feu a pris naissance jusqu’au rez-de-chaussée selon l’effectif du personnel

Effectif minimal du personnel procédant à l’évacuation

Temps nécessaire pour évacuer l’étage (Tdéplacement)

(Temps-personne total requis ÷ nombre de membres du personnel)

2

3331 ÷ 2 = 1666 s (27,8 min)

3

3331 ÷ 3 = 1110 s (18,5 min)

4

3331 ÷ 4 = 833 s (13,9 min)

L’augmentation du nombre de membres du personnel disponibles continuera de réduire la durée de l’évacuation pour autant qu’il n’y ait aucun goulot d’étranglement dans le parcours d’évacuation. Donc, en fonction du temps dont l'on dispose à l’étage pour procéder à l’évacuation en toute sécurité, l’établissement devrait ajuster l’effectif du personnel ou améliorer ses caractéristiques de protection contre l’incendie (gicleurs, séparations coupe-feu entre différents secteurs, etc.).

Étant donné que dans cet exemple, le temps disponible pour l’évacuation sécuritaire (Tdisponible) de l’étage est de 17 minutes à partir du moment où le feu a pris naissance, il semblerait qu’un effectif d’au moins 4 membres du personnel serait nécessaire pour évacuer les 10 résidents de catégorie C du 1er étage au rez-de-chaussée. Les 13,9 minutes (Tdéplacement) qu’il faut à 4 membres du personnel pour compléter cette phase de l’évacuation laissent 3,1 minutes pour le temps de détection, le temps de réponse du personnel (voir la formule Tdétection + Tréponse + TdéplacementTdisponible) et l’exécution d’autres tâches. Ces autres tâches comprennent celles prévues dans le cadre du plan de sécurité-incendie, notamment de faire des appels téléphoniques et de rencontrer les pompiers à leur arrivée.